A l'émission TOUT LE MONDE EN PARLE, diffusée dimanche
le 4 mars, André Boisclair a traité Jean Charest de
«menteur». Il l'a même fait plusieurs fois. Même
s'il avait raison sur le fond, les gens qui écoutent le chef
de l'Opposition croient qu'il est tout aussi «menteur» que
le premier ministre lui-même. Et voici pourquoi.
Lors de son retour en politique, André Boisclair, dans une
première intervention publique, a carrément menti
à la population en disant que sa consommation de cocaïne
était une erreur de jeunesse. Les médias nous ont
confirmé, quelques jours plus tard, que tel n'était pas
le cas. André Boisclair a consommé une drogue
illégale alors qu'il était ministre dûment
assermenté dans un gouvernement péquiste
antérieur. Ce faisant, il contrevenait aux lois du pays,
donnait un très mauvais exemple à la jeunesse qui
semble plus facilement lui pardonner, ne respectait pas son serment
d'office et surtout faisait fi de la confiance que le premier
ministre avait mise en lui. Élu dans un gouvernement où
il ne serait pas le chef, le premier ministre serait incapable de lui
confier aujourdhui un ministère. Comment, moralement,
peut-il prétendre occuper un poste supérieur alors que,
logiquement, il serait incapable den occuper un de subalterne.
Ce mensonge est trop gros pour être oublié. André
Boisclair peut bien continuer à accuser les autres de mentir.
Tant et aussi longtemps qu'il ne se sera pas excusé de l'avoir
fait en revenant en politique, les électeurs ne croiront pas
ses interventions sur le mensonge des autres. Il y a des choses que
lon ne doit pas faire si on vise un jour à devenir
premier ministre. André Boisclair a commis toute une gaffe qui
le discrédite à jamais. Je ne voterai donc pas pour lui
à la prochaine élection. Et les électeurs, en
très grand nombre, imiteront mon geste. A cause du mensonge préalable.