
La pétarade du jeune Boisclair
Nestor Turcotte
Matane
Tous les souverainistes, tous les
progressistes, tous les féministes, tous les
environnementalistes, tous les altermondialistes à l'ouvrage
pour le 26 mars! " dixit Boisclair, samedi dernier, à Québec.
Ce genre de discours, dans la
bouche de celui qui prétend vouloir devenir le chef du
gouvernement du Québec, et même doubler la stature de
René Lévesque, dépasse les limites du gros bon
sens. Ce genre denfilade laisse supposer quil ny a
que les souverainistes qui sont progressistes et que toutes (tous)
les féministes, les environnementalistes, les
altermondialistes sont nécessairement des
indépendantistes.
Ce genre dinterpellation
ressemble drôlement à lancien discours religieux
du Québec où on disait «quhors de
lÉglise, il ny avait pas de salut». Les
nouveaux prêtres se sont laïcisés, mais ils
utilisent les mêmes méthodes, les mêmes dogmes,
les mêmes «crois au meurs», les mêmes
commandements qui demandent obéissance et
fidélité aveugle à ses fidèles. Nen
déplaise au jeune curé laïc de la doctrine
péquisto-confédéraliste, on peut être
indépendantiste sans être féministe. Il est
possible dêtre progressiste en dehors des sillons
séparatistes. Il est possible de lutter contre les effets de
la mondialisation sans labourer dans les champs boisclairiens.
Le clivage de la population, par
ceux mêmes qui prétendent lunifier en vue du grand
soir de la libération nationale, est une fumisterie quil
faut absolument dénoncer. La férule laïque,
imposée par les grands prêtres de lidéologie
nouvelle, ne peut convenir à une société libre
et démocratique. Elle doit être fortement rejetée.
Le vote est une affaire de conscience. Personne ne doit se sentir
culpabilisé pour lavoir exercé dune
façon différente que celle promulguée par les
chantres de la pensée unique.
Lisoloir est toujours le
seul lieu secret où les sondeurs, les micros, les Web-cams,
les clips de télé, nont pas réussi à
pénétrer. Que chacun, le 26 mars prochain, se donne la
peine, sil pense que cest dans son intérêt
et dans lintérêt de la collectivité, de
manifester, selon sa conscience, le droit et le devoir de
déposer son bulletin dans lurne cartonnée.
Personne na le droit dimposer à qui que ce soit
létiquette, le signe, le mot de passe pour orienter sa
décision et lui faire regretter, par la suite, son choix
personnel. Si Boisclair a encore quelque chose à dire à
la population, en dehors de ces enfilades inacceptables,
quil présente sa vision de lindépendance,
le moyen de la financer, et les coûts de transition. Chaque
électeur est suffisamment mâture, armé de
jugement, pour décider par lui-même si la thèse
quil propose mérite quon lappuie ou
quon la rejette.