Les Québécois iront probablement
deux fois aux urnes en 2007. Une fois pour élire le prochain
gouvernement fédéral et autre fois pour élire le
prochain gouvernement provincial. Deux choses restent incertaines
pour le moment : les Québécois voteront-ils
dabord pour élire le gouvernement central et, un peu
plus tard, pour élire leur futur gouvernement provincial, ou
est-ce que ce sera linverse? Les deux scénarios sont
envisageables.
Le dépôt dun bon budget
fédéral, réglant définitivement et
même partiellement le déséquilibre fiscal
favoriserait les conservateurs à Ottawa et donnerait un bon
coup de pouce aux troupes de Jean Charest. Le Bloc
québécois serait mal avisé de voter contre le
budget et ainsi faire tomber le gouvernement conservateur,
puisquil sest donné comme mission de
défendre les intérêts du Québec.
Le scrutin provincial risque
dintéresser davantage les électeurs et
électrices du Québec. Ce sera sans doute une
«élection comparative». Multiples tableaux à
lappui. Jean Charest fera le procès des neuf
dernières années de pouvoir du Parti
québécois, avec ses multiples coupures dans le domaine
de la santé et de léducation et comparera les
investissements que son gouvernement a consentis par rapport aux
années péquistes. Il montrera quil a
été incapable (tableaux comparatifs toujours à
lappui) de baisser les impôts tels quil lavait
promis puisquen arrivant à la barre de
lÉtat, il a trouvé un trou de 4,3 milliards dans
les finances publiques. Il additionnera les pertes financières
des sociétés dÉtat, les investissements
mal calculés par le PQ dans la Gaspésia, le métro
de Laval, les pertes financières à la SGF, etc. pour
arriver à un chiffre qui dépasse les engagements promis
par son parti. Bref, Jean Charest dira que le Parti
québécois lui a laissé un bilan peu reluisant,
des coûts qui dépassaient de beaucoup les engagements
pris par lancien gouvernement et quainsi, il navait
pas pu réaliser totalement les baisses dimpôts annoncés.
Le défi de Boisclair sera de contredire
tous ces chiffres. Il devra se défendre et défendre une
administration dont il a fait partie le temps dun mandat. Son
salut ne peut se trouver que dans un discours articulé sur la
souveraineté du Québec. Il devra faire la preuve que le
Québec souverain sera économiquement plus rentable que
les transferts fédéraux promis par Harper.
Handicapé par un passé politique qui semble le
rattraper sans cesse, il aura sans doute du mal à se
démarquer de son adversaire aguerri par quatre ans à la
tête des affaires de lÉtat.
Boiclair peut-il faire élire son parti?
Les conversations entendues durant la période des fêtes
de Noël et du Nouvel an, me permettent den douter. Des
fervents péquistes se disent déçus de sa
performance et de son discours ânonnant. Le temps presse et le
jeune chef ne semble pas être conscient de lurgence
dune action musclée et bien orchestrée.