Jai vécu plusieurs années à
létranger. Jai enseigné dans un
collège dans la banlieue de Melbourne (Australie) où il
y avait plus dune dizaine de nationalités
différentes. Le collège était catholique. Les
parents, qui envoyaient leurs enfants à cette école, le
savaient. Malgré les divergences culturelles et religieuses,
chacun acceptait les règlements et coutumes de
linstitution. La prière quotidienne ouvrait les cours.
La devise de lécole était: Christ is my light.
Depuis sept ans, jai roulé plus de 50,000
kilomètres en Europe. En France, jai obéi aux
coutumes et règlements de ce pays. En Angleterre, jai
roulé à gauche. Je me suis adapté aux pays de
lancien empire communiste. En Turquie, en grande
majorité musulmane, je me suis soumis aux exigences
coutumières et locales. En entrant dans une mosquée,
jai dû, comme tout le monde, enlever mes chaussures,
garder silence dans lieu saint, ne pas critiquer la séparation
des hommes et des femmes, accepter de me faire réveiller
à cinq heures du matin par un iman qui lisait les pages du
Coran, du haut de son minaret.
Notre mère la terre est accueillante pour les
émigrés de toutes sortes. Les pays dOccident le
sont très largement. Travaillant et voyageant à
létranger, lOccidental sadapte facilement
aux us et coutumes du pays qui lhéberge. Il semble que
le phénomène inverse soit moins vrai,
particulièrement au Québec.
Le Canada et le Québec sont devenus, pour plusieurs, une terre
daccueil tellement généreuse, quils ne
craignent pas de reproduire dans leur terre nouvelle, le modèle
de société quils ont quittée pour
différentes raisons. Ainsi, en terre québécoise,
bien des communautés culturelles sintègrent
difficilement dans le milieu qui les reçoit si
généreusement, et qui plus est, veulent imposer ou
imposent tout simplement, leur mode de vie, leur religion et les lois
morales qui les relient.
Toute vie en société, peu importe laquelle, exige un
minimum de rapports dégalité entre les citoyens
qui la composent. Chacun est tenu, greffé autour dun
ensemble de lois, de coutumes, de droits et de devoirs, de veiller au
bien-être de la communauté et de travailler à
réaliser le bien commun. Cest la condition pour
réaliser un certain pacte social
Un exemple parmi tant dautres. Le système scolaire
québécois sest métamorphosé depuis
quelques années. On est passé de deux systèmes
catholiques et protestants à deux systèmes
décoles linguistiques. Cette mutation du système
public devait sadresser à lensemble des
étudiants qui fréquentent le réseau scolaire
québécois. Comment expliquer quil y ait encore
des écoles juives, des écoles coraniques, des
écoles dirigées par des groupes sectaires et qui,
dune certaine façon, échappent aux
règlements que la communauté accepte par voie de
consensus? Si les autorités gouvernementales sont incapables
de faire appliquer les lois quelles votent, à quoi
ça sert de les promulguer?
Les Québécois - ceux que lon appelle de
souche se sentent maintenant de plus en plus mal à
laise dans leur propre pays. Leurs façons de faire ne
sont plus respectées par certaines autorités civiles;
ils sont frappés dinterdiction quant à
lexpression de leurs coutumes, de leurs traditions, de leur foi
traditionnelle. Pendant ce temps, les groupes étrangers
imposent leur vision des choses, dictent haut et fort certains
courants de pensée inacceptables pour la majorité
implantée depuis le début de la colonie. Ils sentent
prisonniers des diktats des minorités et narrivent plus
à créer une certaine cohésion de pensée
et daction qui les ferait revivre collectivement.
Les Québécois, de tradition, ont tendance à
être molasses, mous, caméléons. Ils nont
plus et nont guère dépine dorsale. Ils
plient devant tout, acceptent sans maugréer, courbent devant
certains changements quils acceptent dans lanonymat de
leur vie quotidienne. Il serait temps quils manifestent un peu
plus de courage et solidarité afin, non pas de se faire
assimiler, mais, tout au contraire, dintégrer les
nouveaux arrivants. Ce nest quà ce prix que
cessera limagination débridée des minorités
qui veulent imposer à la majorité leur vouloir vivre
et leur vouloir faire qui déstabilisent notre
société.
Il y a des limites à vivre laccommodement
déraisonnable. Si accommodement il doit y avoir, il doit venir
de ceux qui arrivent et non de ceux qui sont là depuis
longtemps. Cela sappelle lintégration dans le
milieu. Quelquun peut-il expliquer cela à tous ceux qui
viennent grossir notre population chaque année et qui ne se
gênent pas pour faire en sorte que lon devienne ce
quils sont plutôt que de sassimiler à ce que
lon est.