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Vous devez être des fils de lumière

 

 

 

 

L’Évangile de ce dimanche invite à une nouvelle naissance. Jésus dit qu’il faut naître d’en haut. Il faut naître à la lumière. Jésus est cette Lumière qui éclaire nos ténèbres.

Le thème de la lumière traverse toute la Bible. Dès les premières lignes de la Genèse, Dieu opère la séparation de la lumière des ténèbres.

Dieu dit : « Que la lumière soit» et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière et les ténèbres. Dieu appela la lumière «jour» et les ténèbres «nuit» . Il y eut un soir et il y eut un matin : premier jour. (Gen. 1, 2s)

A la fin de la présente création et dan l’entrée de la création nouvelle, Dieu lui-même sera LUMIÈRE  pour les élus.

Alors, Celui qui siège sur le Trône déclara : «Voici, je fais l’univers nouveau.» Puis il ajouta : «Écris : Ces paroles sont certaines et vraies.» «C’en est fait, me dit-il encore, je suis l’Alpha et l’Oméga (je suis le commencement et la fin), le Principe et la Fin; celui qui a soif, moi, je lui donnerai de la source de vie, gratuitement. Telle sera la part du vainqueur; et je serai son Dieu, et je serai son fils. (Ap. 21, 5-8).

L’histoire humaine qui se déroule entre la première création (la création terrestre) et la création à venir (la création céleste) est un dur combat entre les forces des ténèbres et les forces de lumière.

Les deux symbolismes des ténèbres et de la lumière occupent une place importante, une place centrale, dans la pensée religieuse de l’Orient ancien. La Bible laisse donc une large place à ce symbolisme.

 

1.  Le Dieu de Lumière dans l’Ancien testament

Comme toutes les réalités de ce monde, Dieu est l’auteur de la lumière. Il est l’auteur des astres qui donnent lumière au monde, tant la nuit que le jour. Lumière et ténèbres chantent la louange au créateur.

Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’œuvre de ses mains, le firmament l’annonce; le jour au jour en publie le récit et la nuit a la nuit transmet la connaissance. (Ps. 19,2s).

La conception mythique ou idolâtrique du monde est totalement évacuée dans la Bible. Le soleil n’est pas dieu; la lune n’est pas une divinité. Ils sont créatures de Dieu. Cela n’empêche pas que dans l’Orient ancien, lumière et ténèbres gardent une signification symbolique dans l’univers religieux.

La lumière est donc quelque chose qui exprime Dieu. Elle est le reflet de sa gloire. Elle est comme le vêtement dans lequel Dieu se drape.

Bénis Yahvé mon âme, Yahvé, mon Dieu tu es si grand » Vêtu de faste et d’éclat, drapé de lumière comme un manteau, tu déploies les cieux comme une tente, tu bâtis sur les eaux tes chambres hautes; tu t’avances sur les ailes du vent; tu prends les vents pour messagers, pour serviteurs un feu de flammes. (Ps. 104, 2).

Dans d’autres passages bibliques, on décrit Dieu comme environné de feu, lançant des éclairs.

Quand le soleil fut couché et que les ténèbres s’étendirent, voici qu’un four fumant et un brandon de feu passèrent entre les animaux partagés. Ce jour-là Yahvé conclut une alliance avec Abraham en ces termes : « A ta postérité je donne ce pays&ldots;»(Gen. 15, 17-19).

Or la montagne du Sinaï était toute fumante, parce que Yahvé y était descendu dans le feu; la fumée s’en élevait comme d’une fournaise et toute la montagne tremblait violemment.  (Ex.19, 18-20).

Il y a un lien entre la présence divine et l’impression que fait sur l’homme une lumière qui semble l’éblouir. 

Les ténèbres n’est pas la demeure de Dieu mais Dieu peut la pénétrer.

Je dirai : «Que me presse la ténèbres, que la nuit soit pour moi une ceinture»; même la ténèbres n’est point ténèbres devant toi et la nuit comme le jour illumine. (Ps. 139, 11-13).

Dans l’obscurité, Dieu voit. Il voit sans se manifester, sans se faire voir. Il est présent en toutes choses, y compris la ténèbres. Ce n’est pas le lieu où il habite, mais il peut le pénétrer par sa toute puissance.

L’auteur du livre grec de la Sagesse - assurément un juif - est le premier à appliquer systématiquement la lumière à l’essence divine. La Sagesse est un reflet de la lumière éternelle.

En elle (la sagesse) est, en effet, un esprit intelligent, saint, unique, multiple, subtil, mobile, pénétrant, sans souillure, clair, impassible, ami du bien, prompt, irrésistible, bienfaisant, ami des hommes, ferme, sûr, sans souci, qui peut tout, surveille tout, pénètre à travers tous les esprits, les intelligents, les purs, les plus subtils,. Car plus que tout mouvement,  la Sagesse est mobile; elle traverse et pénètre tout à cause de sa pureté. Elle est en effet un effluve de la puissance de Dieu, une émanation toute pure de la gloire du Tout-puissant; aussi rien de souillé ne s’introduit en elle. Car elle est le reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l’activité de Dieu, une image de beauté. Bien qu’étant seule, elle peut tout, demeurant en elle-même, elle renouvelle l’univers et, d’âge en âge passant en des âmes saintes, elle en fait des amis de Dieu et des prophètes : car Dieu n’aime que celui qui habite avec la Sagesse. Elle est, en effet, plus belle que le soleil, elle surpasse toutes les constellations, comparée à la lumière, elle l’emporte; car celle-ci fait place à la nuit, mais contre la Sagesse le mal ne prévaut pas. (Sg. 7, 22-30).

Tout homme fait donc l’expérience, dès le début de sa vie terrestre de l’existence de la lumière. L’enfant commence à voir, dit-on&ldots;et les parents en sont ravis. Il y a donc, dans la pensée de toute être humain une association étroite en lumière et vie.

L’aveugle qui ne voit pas a comme un avant-goût de la mort. L’épisode de l’aveugle-né le montre bien. Nous  le verrons un peu plus loin.

Mais ne devançons pas trop. Et restons encore quelques instants dans l’Ancien testament. 

La présence de Dieu est donc une présence lumineuse. Elle se manifeste de plusieurs manières, en différentes occasions. Retenons encore quelques exemples.

Beaucoup disent : «Qui nous fera voir le bonheur?» Fais lever sur nous la lumière de ta face. (Ps. 4, 7).

Et moi, je m’assure en toi, Yahvé, je dis : C’est toi mon Dieu! Mes temps sont dans ta main, délivre-moi, des mains hostiles qui s’acharnent; fais luire ta face sur ton serviteur, sauve-moi par ton amour. Ps. 31, 15-17).

Dans la lumière du visage royal est la vie; telle une pluie printanière est sa bienveillance. (Pr. 16, 15).

De plus, c’est par la loi divine que tout visage humain est dans la lumière. 

Car le précepte (la loi) est une lampe, l’enseignement une lumière; les exhortations de la discipline sont le chemin de vie. (Pr. 6, 23).

Une lampe sur mes pas, ta parole, une lumière sur ma route. J’ai juré d’observer, et je tiendrai tes justes jugements. (&ldots;) Mon âme à tout moment entre mes mains, je n’oublie pas ta loi. Ps. 119, 105-109)

Mais le méchant trébuche. Il ne suit pas les lois du Seigneur.

Ainsi le droit reste loin de nous, la justice ne nous atteint pas. Nous attendons la lumière, et voici les ténèbres, la clarté, et nous marchons dans l’obscurité. Nous tâtonnons comme des aveugles cherchant un mur, comme privés d’yeux nous tâtonnons. Nous trébuchons en plein midi comme au crépuscule, parmi les bien-portants nous sommes comme morts.(Is. 59, 9-11).

Car pour le méchant, il n’est pas d’avenir : la lampe d’impies s’éteint. (Pr. 24, 20).

La lumière du méchant doit s’éteindre sa flamme ardente ne plus briller. La lumière s’assombrit sous sa tente, la lampe qui l’éclairait s’éteint. (Jb. 18, 5-7).

On le voit bien : lumière et ténèbres cohabitent. Voilà les deux sorts qui attendent l’homme. Le bonheur dans la lumière ou la malheur dans les ténèbres.

Rien d’étonnant alors de voir les prophètes emboîter le pas dans cette symbolique de la lumière. 

Les ténèbres sont vues comme le jour annonciateur du Jour de Yahvé. 

Car au ciel, les étoiles ne diffuseront plus leur lumière. Le soleil s’est obscurci dès son lever, la lune ne fait plus rayonner sa lumière. Je vais châtier l’univers de sa méchanceté et les méchants de leur faute; mettre fin à l’arrogance des superbes, humilier l’orgueil des tyrans. (Is. 13, 10-12).

C’est que mon peuple est stupide, ils ne me connaissent pas, ce sont des enfants sans réflexion, ils n’ont pas d’intelligence; ils sont sages pour faire le mal, mais ne savent pas faire le bien. (Jr. 4, 23).

C’est Yahvé qui parle. Rendez gloire à Yahvé votre Dieu, avant que ne viennent les ténèbres, avant que vos pieds ne se heurtent aux montagnes de la nuit. Vous comptez sur la lumière, mais il la réduira en obscurité, il la changera en ombre épaisse. (Jr. 13, 15-17).

Quand tu t’éteindras, je couvrirai les cieux et j’obscurcirai les étoiles; je couvrirai le soleil de nuages et la lune ne donnera plus sa clarté. J’obscurcirai tous le astres du ciel à cause de toi, je répandrai les ténèbres sur ton pays, oracle du Seigneur Yahvé. (Ez. 32, 7-9).

Il adviendra en ce jour-là que je ferai coucher le soleil en plein midi et que j’obscurcirai la terre en un jour de lumière. Je changerai vos fêtes en deuil et tous vos chants en lamentations; je mettrai le sac sur tous les reins et la tonsure sur toutes les têtes. J’en ferai un deuil de fils unique, sa fin sera comme un jour d’amertume. (Am. 8, 9-11).

Mais le Jour de Yahvé n’aura pas seulement un aspect négatif. Il aura une face qui dira la joie et la délivrance. On lit le texte qui suit, le soir de la messe de NOËL.

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. Tu as multiplié la nation, tu as fait croître sa joie; ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit à la moisson. Car le joug qui pesait sur elle, la barre posée sur ses épaules, le bâton de son oppresseur, tu es les a brisés.

Car un ENFANT nous est né, un fils nous est donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lu a donné ce nom : Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-éternel, Prince de paix, pour que s’étende le pouvoir dans une paix sans fin. ( Is. 9, 1-7).

On le voit clairement dans ce texte d’Isaïe, la nouvelle lumière qui vient, l’aube nouvelle qui se lève sur la nouvelle Jérusalem sera d’une autre nature que la lumière du temps actuel.  C’est Dieu lui-même, par son Fils Jésus, qui illuminera le monde.

Tu n’auras plus le soleil comme lumière du jour, la clarté de la lune ne t’illuminera plus : Yahvé sera pour toi une lumière éternelle, et ton Dieu sera ta splendeur. Ton soleil ne se couchera plus, et ta lune ne disparaîtra plus, car Yahvé sera pour toi une lumière éternelle. (Is. 60, 19-21).

Il est temps maintenant de dire quelques mots sur celui qui se présente dans l’histoire de l’humanité, comme LA lumière du monde. Celui qui peut nous faire passer dans la nouvelle naissance à laquelle Dieu nous invite, dès ici-bas, en attendant de la partager pleinement dans la contemplation de son visage divin.

 

2.  La lumière du Christ dans le Nouveau testament

Ce que les prophètes ont annoncé, le voici réalisé dans la personne du Christ Jésus. C’est ainsi qu’il se présente dans l’Évangile de ce dimanche :

Jean 3

3.1

Mais il y eut un homme d'entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs, 

3.2

qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit: Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui.

3.3

Jésus lui répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. 

3.4

Nicodème lui dit: Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître? 

3.5

Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. 

3.6

Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est Esprit. 

3.7

Ne t'étonne pas que je t'aie dit: Il faut que vous naissiez de nouveau. 

3.8

Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit.

3.9

Nicodème lui dit: Comment cela peut-il se faire? 

3.10

Jésus lui répondit: Tu es le docteur d'Israël, et tu ne sais pas ces choses! 

3.11

En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu; et vous ne recevez pas notre témoignage.

3.12

Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes?

3.13

Personne n'est monté au ciel, si ce n'est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est dans le ciel. 

3.14

Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, 

3.15

afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. 

3.16

Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle.

3.17

Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. 

3.18

Celui qui croit en lui n'est point jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

3.19

Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises.

3.20

Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées; 

3.21

mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient manifestées, parce qu'elles sont faites en Dieu. 

Jésus commence à prêcher. C’est par ses actes et ses paroles qui se révèlent tranquillement être la lumière du monde. On le voit d’une façon éclatante dans l’épisode de l’aveugle-né qu’il vaut la peine de relire ici.

Jean 9

9.1

Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance. 

9.2

Ses disciples lui firent cette question: Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle? 

9.3

Jésus répondit: Ce n'est pas que lui ou ses parents aient péché; mais c'est afin que les oeuvres de Dieu soient manifestées en lui. 

9.4

Il faut que je fasse, tandis qu'il est jour, les oeuvres de celui qui m'a envoyé; la nuit vient, où personne ne peut travailler. 

9.5

Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. 

9.6

Après avoir dit cela, il cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l'aveugle, 

9.7

et lui dit: Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (nom qui signifie envoyé). Il y alla, se lava, et s'en retourna voyant clair. 

9.8

Ses voisins et ceux qui auparavant l'avaient connu comme un mendiant disaient: N'est-ce pas là celui qui se tenait assis et qui mendiait?

9.9

Les uns disaient: C'est lui. D'autres disaient: Non, mais il lui ressemble. Et lui-même disait: C'est moi. 

9.10

Ils lui dirent donc: Comment tes yeux ont-ils été ouverts? 

9.11

Il répondit: L'Homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, a oint mes yeux, et m'a dit: Va au réservoir de Siloé, et lave-toi. J'y suis allé, je me suis lavé, et j'ai recouvré la vue.

9.12

Ils lui dirent: Où est cet homme? Il répondit: Je ne sais. 

9.13

Ils menèrent vers les pharisiens celui qui avait été aveugle. 

9.14

Or, c'était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue, et lui avait ouvert les yeux. 

9.15

De nouveau, les pharisiens aussi lui demandèrent comment il avait recouvré la vue. Et il leur dit: Il a appliqué de la boue sur mes yeux, je me suis lavé, et je vois.

9.16

Sur quoi quelques-uns des pharisiens dirent: Cet homme ne vient pas de Dieu, car il n'observe pas le sabbat. D'autres dirent: Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles?

9.17

Et il y eut division parmi eux. Ils dirent encore à l'aveugle: Toi, que dis-tu de lui, sur ce qu'il t'a ouvert les yeux? Il répondit: C'est un prophète.

9.18

Les Juifs ne crurent point qu'il eût été aveugle et qu'il eût recouvré la vue jusqu'à ce qu'ils eussent fait venir ses parents. 

9.19

Et ils les interrogèrent, disant: Est-ce là votre fils, que vous dites être né aveugle? Comment donc voit-il maintenant? 

9.20

Ses parents répondirent: Nous savons que c'est notre fils, et qu'il est né aveugle; 

9.21

mais comment il voit maintenant, ou qui lui a ouvert les yeux, c'est ce que nous ne savons. Interrogez-le lui-même, il a de l'âge, il parlera de ce qui le concerne.

9.22

Ses parents dirent cela parce qu'ils craignaient les Juifs; car les Juifs étaient déjà convenus que, si quelqu'un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue.

9.23

C'est pourquoi ses parents dirent: Il a de l'âge, interrogez-le lui-même. 

9.24

Les pharisiens appelèrent une seconde fois l'homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent: Donne gloire à Dieu; nous savons que cet homme est un pécheur.

9.25

Il répondit: S'il est un pécheur, je ne sais; je sais une chose, c'est que j'étais aveugle et que maintenant je vois. 

9.26

Ils lui dirent: Que t'a-t-il fait? Comment t'a-t-il ouvert les yeux? 

9.27

Il leur répondit: Je vous l'ai déjà dit, et vous n'avez pas écouté; pourquoi voulez-vous l'entendre encore? Voulez-vous aussi devenir ses disciples?

9.28

Ils l'injurièrent et dirent: C'est toi qui es son disciple; nous, nous sommes disciples de Moïse. 

9.29

Nous savons que Dieu a parlé à Moïse; mais celui-ci, nous ne savons d'où il est. 

9.30

Cet homme leur répondit: Il est étonnant que vous ne sachiez d'où il est; et cependant il m'a ouvert les yeux. 

9.31

Nous savons que Dieu n'exauce point les pécheurs; mais, si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui là qu'il l'exauce. 

9.32

Jamais on n'a entendu dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né. 

9.33

Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. 

9.34

Ils lui répondirent: Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous enseignes! Et ils le chassèrent. 

9.35

Jésus apprit qu'ils l'avaient chassé; et, l'ayant rencontré, il lui dit: Crois-tu au Fils de Dieu? 

9.36

Il répondit: Et qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui? 

9.37

Tu l'as vu, lui dit Jésus, et celui qui te parle, c'est lui. 

9.38

Et il dit: Je crois, Seigneur. Et il se prosterna devant lui. 

9.39

Puis Jésus dit: Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles.

Jésus rend la vue aux aveugles. Il donne la lumière. Il dit : « Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde». Ailleurs, il affirme : « Qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie».  Mais la lumière luit dans les ténèbres et plusieurs tendent de l’étouffer, car les hommes préfèrent les ténèbres à la lumière. Jésus, jusqu’au dernier moment de sa vie, sera confronté à la puissance des ténèbres. Lors de son arrestation il dira : «C’est votre heure, et celle de la puissance des ténèbres».

Sauf une exception, la lumière de Jésus ne transparaît pas au travers de ses gestes quotidiens et humains. On dit de lui qu’il est le fils du charpentier. Mais son visage resplendit, devient lumière, lors de la Transfiguration. Pendant quelques instants, ses vêtements deviennent éblouissants comme la lumière, selon Math. au chapitre 17, 2. Ainsi, il anticipe sur l’état du Christ ressuscité.

La conversion de Paul est présentée aussi dans les Actes des apôtres comme une rencontre avec une lumière (cf. Ac. 9 3; 22, 6; 26, 13). 

Le Christ-lumière se révèle donc comme étant l’essence même de Dieu. Dieu habite non seulement une lumière inaccessible, mais il est lui-même Lumière et en lui, il n’y a point de ténèbres.

Saint-Paul, après avoir esquissé le portrait de ce qu’il faut ou pas enseigner, il dit ceci à Timothée :

Pour toi, homme de Dieu, fuis tout cela. Poursuis la justice, la piété, la foi, la charité, la constance, la douceur. Combats le bon combat de la foi, conquiers la vie éternelle à laquelle tu as été appelé et en vue de laquelle tu as fait ta belle profession de foi en présence de nombreux témoins. Je t’en prie devant Dieu qui donne la vie à toutes choses et devant le Christ Jésus qui, sous Ponce Pilate, a rendu son beau témoignage, garde le commandement sans tache et sans reproche, jusqu’à l’Apparition de Notre Seigneur Jésus-Christ, que fera paraître aux temps marqués le Bienheureux et unique Souverain, le Roi des rois et Seigneur des seigneurs, le seul qui possède l’immortalité, qui habite une lumière inaccessible, que nul d’entre les hommes n’a vu ni ne peut voir, à LUI appartient honneur et puissance à jamais! AMEN. (I Th. 6. 11-17).

Il importe que chacun ne se laisse pas obscurcir SAlumière intérieure. Toute la morale chrétienne prend sa source dans cette lumière .Et les fruits de la lumière sont visibles : c’est tout ce qui est bon, juste et vrai. C’est ainsi que grâce au Christ, chacun devient et peut devenir un fils de lumière.

Engagé ainsi dans la vie terrestre, chaque croyant peut espérer un jour la merveilleuse transfiguration promise aux justes par Jésus lui-même. La nouvelle Jérusalem naîtra, telle que l’ont annoncée les prophètes. Ces avec ses mots que se terminent la Bible, au chapitre 22 de l’Apocalypse.

Puis l’Ange me montra le fleuve de Vie, limpide comme du cristal, qui jaillissait du trône de Dieu et de l’Agneau. Au milieu de la place, de part et d’autre du fleuve, il y a des arbres de Vie qui fructifient  douze fois, une fois chaque mois, et leurs feuilles peuvent guérir les païens. De malédictions, il n’y en aura plus; le trône de Dieu et de l’Agneau sera dressé dans la ville, et les serviteurs de Dieu l’adoreront; ils verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. De nuit, il n’y en aura plus; ils se passeront de lampe ou de soleil pour s’éclairer, car le Seigneur Dieu répandra sur eux une lumière, et ils règneront pour les siècles des siècles. ( Ap. 22, 1-6).

L’espérance des filles et des fils de lumière s’inscrit dans cette mutation. Elle était jadis la prière de l’Église dans l’ancien liturgie des funérailles. Elle priait pour tous ceux qui avaient quitté la terre dans l’espérance d’entrer dans la vie éternelle. Mais les funérailles d’aujourd’hui réfèrent très peu à cette communion des saints et des défunts. Elles sont devenues des apologies de la personne qui ne peut entendre ces louanges, couchée dans son cercueil. Les paroles des vivants servent à consoler ceux qui restent. On parle très peu des paroles de Dieu qui peuvent préparer ceux-ci à entre dans la divine Lumière.

Lux aeterna luceat eis, Domine : cun sanctis tuis in aeternum, quia pius es. Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis : cum santis tuis in aeternum qui pius es.

(je traduis)

Que la lumière éternelle luise pour EUX, Seigneur : en compagnie de vos Saints durant l’éternité, grâce à votre bonté. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel et que votre LUMIÈRE luise à jamais sur EUX : en compagnie de vos saints durant l’éternité, grâce à votre bonté.

On a remplacé cette très belle prière par des cassettes qui faisaient la joie du défunt, lorsqu’il était vivant. Comme&ldots;La balade des gens heureux, ou L’inaccessible étoile de Jacques Brel. Et quoi encore? We are the champions, lorsque l’on enterre des joueurs de hockey !  Lorsque je vois et j’entends de telles choses, je présume que Dieu, pour un instant, est totalement sourd. Et qu’on est loin de Sa lumière qui déchire nos tristesses humaines.

 

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