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L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié

 

 

 

 

Les chrétiens catholiques (rite romain) poursuivent toujours leur Carême. Ils se préparent de plus en plus à  la grande fête pascale. On a tendance à l’oublier en christianisme : la mort et la résurrection du Seigneur demeurent le plus grand événement de toute l’histoire de l’humanité. Et je dis cela en faisant attention, car la Résurrection du Seigneur, même si, pour en parler, on la situe «dans le temps», est un événement qui propulse toute l’histoire de l’humanité, hors du temps et de l’espace. Apparaît ici quelque chose de tout à fait nouveau. Une réalité qui fait que jamais plus, on ne pourra parler de  l’humanité comme on le faisant avant.

Voici le texte de l’Évangile de ce jour. Dans l’Évangile de Jean, le texte est placé tout juste après le triomphe de la procession des Rameaux. Ce récit annonce l’imminence de cette transformation universelle et radicale que le Christ va opérer dans sa mort et sa Résurrection.

Jean 12

12.20

Quelques Grecs, du nombre de ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête, 

12.21

s'adressèrent à Philippe, de Bethsaïda en Galilée, et lui dirent avec instance: Seigneur, nous voudrions voir Jésus. 

12.22

Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe le dirent à Jésus. 

12.23

Jésus leur répondit: L'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié. 

12.24

En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit.

12.25

Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. 

12.26

Si quelqu'un me sert, qu'il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera. 

12.27

Maintenant mon âme est troublée. Et que dirais-je?... Père, délivre-moi de cette heure?... Mais c'est pour cela que je suis venu jusqu'à cette heure.

12.28

Père, glorifie ton nom! Et une voix vint du ciel: Je l'ai glorifié, et je le glorifierai encore. 

12.29

La foule qui était là, et qui avait entendu, disait que c'était un tonnerre. D'autres disaient: Un ange lui a parlé. 

12.30

Jésus dit: Ce n'est pas à cause de moi que cette voix s'est fait entendre; c'est à cause de vous. 

12.31

Maintenant a lieu le jugement de ce monde; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. 

12.32

Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi. 

12.33

En parlant ainsi, il indiquait de quelle mort il devait mourir. - 

12.34

La foule lui répondit: Nous avons appris par la loi que le Christ demeure éternellement; comment donc dis-tu: Il faut que le Fils de l'homme soit élevé? Qui est ce Fils de l'homme?

12.35

Jésus leur dit: La lumière est encore pour un peu de temps au milieu de vous. Marchez, pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous surprennent point: celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va.

12.36

Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez des enfants de lumière. Jésus dit ces choses, puis il s'en alla, et se cacha loin d'eux.

Ce texte surprend. Il faudrait des pages pour le commenter. Le climat général est à la confidence. Jésus va mourir. Il a besoin de parler aux siens. Il leur fait alors une longue et poignante confidence, comme il le fera au soir du Jeudi saint, après leur avoir lavé les pieds.

Le texte est fort : « L’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié. » Cette heure dont il avait tant parlé à ses disciples, voici qu’elle est là. Pour la première fois, il en avait glissé un mot aux noces de Cana. Souvenez-vous ce qu’il avait dit à Marie.

"Le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi fut invité à la noce ainsi que ses disciples. Le vin venant à manquer, la mère de Jésus lui dit" Ils n'ont pas de vin". Jésus lui dit " Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore venue. " Sa mère dit aux serviteurs : "Faites ce qu'il vous dira". (Jn. 21, 6).

Ce dimanche nous parle de deux réalités : l’heure du Fils de l’homme et le moment de sa gloire. Jésus va être glorifié. Notre méditation du dimanche portera sur ce thème.

Dans la Bible hébraïque, le mot gloire est relié à l’idée de poids. Étonnant? Pas du tout. Pour l’hébreu, la valeur réelle d’un être, c’est son poids matériel. Ainsi les bases de la gloire, peuvent être la richesse. On parle d’Abraham qui possède bétail, argent et or. Il pèse lourd dans la balance&ldots;

Abraham était très riche en troupeaux, en argent et en or. (Gen. 13, 2).

Joseph, vendu par ses frères dira : «Racontez à mon père toute la gloire que j’ai en Égypte.»  (Joseph veut parler du poids de ses richesses).

Job, ruiné et sur son tas de fumier dira : «Dieu m’a dépouillé de ma gloire.» (Lui aussi veut parler du poids de ses biens).

La gloire, en ce sens, appartient au roi. Salomon reçoit, par exemple, richesse et gloire comme nul autre parmi les rois» (I R. 3, 9-14).

Ainsi donc, l’homme, roi dans la création est «couronné de gloire». L’homme est couronné de richesses matérielles

A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, 

La lune et les étoiles, que tu fixas,

Qu’est donc le mortel, que tu t’en souviennes,

Le fils d’Adam, que tu le veuilles visiter?

A peine le fis-tu moindre qu’un dieux,

Tu le couronnes de gloire et de beauté,

Pour qu’il domine sur l’œuvre de tes mains,

Tout fut mis par toi sous ses pieds. (Ps. 8, 4-8).

L’Ancien testament a bien vu la fragilité de la gloire humaine.  Le Psaume 49, 17 : «Ne crains pas, quand l’homme s’enrichit, quand s’accroît la gloire de sa maison (lisons : sa richesse). A sa mort, il n’en peut rien emporter, avec lui ne descend pas sa gloire» (lisons encore : sa richesse).

L’Ancien testament fait primer, cependant, l’obéissance à Dieu à toute gloire (richesse matérielle). Le sage qui médite sur la gloire éphémère de ce monde arrive à conclure que Dieu seul peut devenir sa véritable gloire (lisons : sa véritable richesse).

Le Christ s’inscrira dans cette foulée. A Satan, qui vient le tenter dans le désert et qui lui montre tous les trésors et les richesses de la terre,  Jésus dira : «C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras; à lui seul tu rendras un culte» (Math. 4, 8ss).

Revenons à l’Ancien Testament. Dieu manifeste sa gloire, sa majesté, de deux manières : par des épiphanies (manifestations) et par des apparitions.

Dieu se manifeste d’abord par des signes et des gestes éclatants. Le plus bel exemple est le «miracle de la mer Rouge» rapporté dans le livre de l’Exode, au chapitre 14, 18. Encore, en plein désert, il rassasie le peuple qui a faim. C’est le miracle des cailles rapporté encore dans le livre de l’Exode, chapitre 16, 7. Et l’Ancien testament fournit bien d’autres exemples.

La gloire de Yahvé se manifeste aussi dans des apparitions.

Moïse dit à Aaron : «Dis à toute la communauté des Israélites : Approchez-vous devant Yahvé, car il a entendu vos murmures.» Comme Aaron parlait à la communauté, ils se tournèrent vers le désert, et voici que le gloire de Yahvé apparut dans la nuée. (Ex. 16, 10).

L’Exode rapporte aussi que lorsque Moïse revint de la montage avec les Tables de la loi, il avait la peau du visage rayonnant (Ex. 34, 29).  Par la suite, la gloire de Dieu investit le Sanctuaire ou l’Arche de l’Alliance. Le peuple lui-même, au service de la gloire de Dieu, marche et triomphe sous le rayonnement de cette gloire. Plus tard, la gloire de Yahvé sera dans le Temple tel que le rapporte  le premier livre des Rois, chapitre 8, 10 ss).

Les prophètes qui viendront par la suite entreront dans cette mouvance. Ainsi, Isaïe contemplera la gloire de Yahvé. 

L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur son trône grandiose et surélevé. Sa traîne emplissait le sanctuaire. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui, ayant chacun six ailes, deux pour se couvrir les pieds, deux pour voler.

Ils se criaient l’un à l’autre ces paroles : «Saint, saint, saint est Yahvé Sabaot, sa gloire emplit toute la terre.» (Is. 6, 1-4).

L’Église chante ces mots, - c’est le Sanctus – tout juste avant de débuter la prière eucharistique.

Les grandes visions du prophète Ézéchiel parlent de la liberté transcendante de la gloire de Dieu qui déserte le Temple&ldots;.

Alors les chérubins levèrent leurs ailes, et les roues allaient avec eux, tandis que la gloire du Dieu d’Israël était sur eux, au-dessus. La gloire de Yahvé s’éleva au milieu de la ville et s’arrêta sur la montagne qui se trouve à l’orient de la ville. (Ez 11, 22s).

&ldots;et qui ensuite rayonne sur une communauté rénovée par l’Esprit.

Je sanctifierai  mon grand nom qui a été profané parmi les nations au milieu desquelles vous l’avez profané. Et les nations sauront que je suis Yahvé, quand je ferai éclater ma sainteté, à mon sujet, sous leurs yeux. (Ez. 36. 23 ss).

Je manifesterai ma gloire aux nations, et toutes les nations verront mon jugement quand je l’exécuterai, et ma main quand je l’abattrai sur elles. Et la maison d’Israël saura que je suis Yahvé son Dieu, à partir de ce jour et désormais. Les nations aussi le sauront : c’est pour sa faute envers moi que la maison d’Israël a été exilée, c’est parce qu’elle m’a été infidèle que je lui ai caché  ma face, que je l’ai livrée aux mains des ennemis et tous sont tombés sous l’épée. Je les ai traités comme le méritaient leur souillures et leurs transgressions, et je leur ai caché ma face. C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur Yahvé : maintenant, je vais ramener les captifs de Jacob, je vais prendre en pitié toute la maison d’Israël, et je me montrerai jaloux de mon saint nom. (Ez. 39, 21-29).

Enfin, dans la deuxième partie du livre d’Isaïe, on trouve, réunis, les deux aspects de la gloire de Dieu. Dieu règne dans la cité sainte, régénérée, transformée par la puissance de Yahvé, illuminée par sa présence.

«Debout! Rayonne! Car voici ta Lumière, et sur toi se lève la gloire de Yahvé» (Is. 60, 1). 

Sur ce fond lumineux, cependant, se détache la figure du Serviteur souffrant&ldots;celui dont Isaïe dit qu’il  «est sans beauté, sans éclat » (Is. 52, 14). Voici celui qui est chargé, dans le monde, incarné dans le monde, de faire rayonner la gloire de Yahvé. Et cela jusqu’aux extrémités de la terre.

Jésus, le Serviteur souffrant, Celui qui s’abaisse jusqu’à laver les pieds de ses disciples, devient la Lumière et la Gloire de Dieu pour tout l’univers. Il n’a pas l’apparence d’un dominateur. Il n’est pas un roi au sens terrestre du terme. Il n’a pas de bien. Il est pauvre. Il est humilité. Il est bafoué. Il est crucifié. Dieu n’a pas les voies des hommes. Ses chemins ne sont pas nos chemins.

La révélation du Nouveau testament sera donc cette Révélation : Dieu manifeste sa gloire en son Fils. En la personne même de Jésus. La gloire de Dieu n’est plus dans les richesses de ce monde. Il n’est plus dans le poids de ces richesses. Il est dans la richesse même de Dieu, incarné parmi les hommes. Mais c’est tout&ldots;un poids!

Il est le Seigneur de gloire.

Ce dont nous parlons, au contraire, c’est d’une sagesse de Dieu, mystérieuse, demeurée cachée, celle qui, dès avant les siècles, Dieu a par avance destinée pour notre gloire, celle qu’aucun des princes de ce monde n’a connue  - s’ils l’avaient connue, en effet, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de Gloire -  mais, selon qu’il est écrit, nous annonçons ce qui n’est pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu  a préparé pour ceux qui l’aiment. (I Cor. 2, 8).

La gloire de Dieu est sur la face du Seigneur.

En effet le Dieu qui a dit :« Que des ténèbres resplendissent la lumière, est Celui qui a resplendi dans nos cœurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ. ( 2 Cor. 4, 6).

La manifestation totale et entière de la gloire divine de Jésus aura lieu à la parousie. (Parousie : Signification véritable de la Parousie = retour glorieux du Christ ). Le chrétien est donc celui qui attend cette ultime Révélation. Citons quelques textes pour le confirmer.

«Le Fils de l’homme viendra dans la gloire de son Père avec ses anges» (Mc. 8, 38).

Le Nouveau testament est tendu vers cette apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus (Tt. 2, 13s).

Paul dit dans la lettre aux Romains que toute la création entière aspire à la Révélation de cette gloire.

J’estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous. Car la création en attente aspire à la Révélation des fils de Dieu : si elle fut assujettie à la vanité, - non qu’elle l’eût voulu, mais à cause de celui qui l’y a soumise, - c’est avec l’espérance d’être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet, toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement. Et non pas elle seule : nous-mêmes qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement dans l’attente de la rédemption de notre corps. Car notre salut est objet d’espérance; et voit ce qu’on espère, ce n’est plus l’espérer : ce qu’on voit, comment pourrait-on l’espérer encore? Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c’est l’attendre avec constance.

Pareillement l’Esprit vient au secours de notre faiblesse : car nous ne savons que demander pour prier comme il faut; mais l’Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables, et Celui qui sonde les cœurs sait quel est le désir de l’Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu. (Rm. 8, 18-28).

Paul insiste encore plus dans la deuxième lettres au Corinthiens.

C’est pourquoi nous ne faiblissons pas. Au contraire, même si notre homme extérieur s’en va en ruine, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car la légère tribulation d’un instant nous prépare, jusqu’à l’excès, une masse éternelle de gloire, à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles; les choses visibles en effet n’ont qu’un temps, les invisibles, sont éternelles. (2 Cor. 4, 16-18).

Mais c’est, évidemment, par la Résurrection que le Christ est entré dans la gloire divine, que le Père, par amour, lui a donné et qu’il nous promet à la fin de notre vie terrestre. Aux disciples d’Emmaüs, Jésus dira : «O Cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu’ont annoncé les Prophètes! Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire?» Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait. (Lc. 24, 26).

Le Dieu fait homme a été pris dans la nuée divine pour ainsi dire. Il a été enlevé. Il a été emporté dans la gloire. Dieu l’a ressuscité. Dieu lui a donné sa gloire. Voici pour le confirmer ce texte capital de l’apôtre Pierre.

Et si vous appelez Père celui qui, sans acceptation des personnes, juge chacun selon ses œuvres, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre exil. Sachez que ce n’est par rien de corruptible, argent ou or, que vous avez été affranchis de la vaine conduite héritée de vos pères, mais par un sang précieux, comme d’un agneau sans reproche et sans tache, le Christ, discerné avant la fondation du monde et manifesté dans les derniers temps à cause de vous. Par lui vous croyez en Dieu, qui l’a fait ressusciter d’entre les morts et lui a donné la gloire, si bien que votre foi soit en Dieu comme votre espérance. ( 1 P. 1, 21ss).

La gloire de Dieu en son Fils Jésus est, tout comme dans l’Ancien testament, une sphère de pureté, de sainteté, de lumière, de vie et de vérité.  La gloire du Sinaï que les Hébreux pouvaient lire sur le visage de Moïse n’est rien de la gloire du Père sur le visage du Christ ressuscité. Une fois de plus, l’apôtre Paul précise.

Telle est la conviction que nous avons par le Christ auprès de Dieu. Ce n’est pas que de nous-mêmes nous soyons capables de revendiquer quoi que ce soit comme venant de nous; non, notre capacité vient de Dieu, qui nous a rendus capables d’être ministres d’une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’Esprit; car la lettre tue, l’Esprit vivifie. Or, si le ministère de la mort, gravé en lettres sur des pierres, a été entouré d’une telle gloire que les Fils d’Israël ne pouvaient fixer les yeux sur le visage de Moïse à cause de la gloire de son visage, pourtant passagère, comment le ministère de l’Esprit n’en aurait-il pas davantage? Si en effet le ministère de la condamnation fut glorieux, combien plus le ministère de la justice l’emporte-t-il en gloire!

Non, si de ce point de vue, on la compare à cette gloire suréminente, la gloire de ce premier ministère n’en fut pas une. Car, si ce qui était passager s’est manifesté dans la gloire, combien plus ce qui demeure sera-t-il GLORIEUX !  (2 Cor. 3, 4-12).

En ce dimanche de la Glorification du CHRIST notre Sauveur à tous, il convient de terminer cette courte réflexion sur ce que cette gloire du Seigneur doit engendrer dans la cœur de tout chrétien.

La grandeur du peuple hébreu résidait dans le fait que Dieu lui avait révélé sa gloire. Tout au long de son histoire, malgré ses infidélités. Le commandement divin que reçoit Moïse est déjà la gloire de Dieu.

Heureux, impeccables en leur voie, ceux qui marchent dans la loi de Yahvé! Heureux, gardant son témoignage, ceux qui le cherchent de tout leur cœur,

Et qui, sans commettre le mal, marchent dans ses voies! Toi, qui promulguent tes préceptes, à observer entièrement. Puissent mes voies se fixer à observer Tes volontés. Alors je n’aurai nulle honte en revoyant tous tes commandements. Je te rendrai grâces en droiture du cœur, instruit de tes justes commandements. Tes volontés, je les veux observer, ne me délaisse pas entièrement. (Ps. 119, 1-8).

La suprême déchéance est le retour aux idoles. 

Ils fabriquèrent un veau en Horeb, se prosternèrent devant une fonte; ils échangèrent leur gloire pour l’image du bœuf mangeur d’herbe. (Ps. 106, 20).

Beaucoup de gens se sentent perdus dans ce monde parce qu’ils ne veulent pas rendre gloire à Dieu. Mais pour les chrétiens, il n’en est pas ainsi. Ils se savent ressuscités. Ils brillent déjà comme des foyers de lumière.

Pour nous, notre cité  se trouve dans les cieux, d’où nous attendons ardemment, comme sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire, avec cette force qu’il a de pouvoir même soumettre toutes choses. (Ph. 3, 20)

Encore, en Saint-Paul.

Du moment donc que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu. Songez aux choses d’en haut, non à celles de la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu : quand le Christ sera manifesté, lui qui est votre vie, alors vous aussi vous serez manifestés avec lui plein de gloire. (Col. 3, 1).

Le devoir de tout catholique qui veut vivre authentiquement sa foi est donc de célébrer la gloire de Dieu. Il ne s’agit pas d’un caprice. Il s’agit d’une réalité constante. Le christianisme est une vie. Pas un moment quelconque où on accomplit des rites.

L’Ancien testament, on l’a vu, chante la gloire de Yahvé. Il chante la gloire du Créateur. Il chante le Saint d’Israël. Il brûle du désir de voir cette gloire envahir l’univers.

Que toutes tes œuvres te rendre grâce, Yahvé, que tes amis te bénissent, qu’ils disent la gloire de ton règne, qu’ils parlent de tes prouesses. (Ps.145, 10-11).

Le Nouveau testament reprend pour ainsi dire le même refrain. La doxologie&ldots;Par Lui, avec Lui, et en LUI&ldots;

(le mot "doxologie" signifie : parole de louange. La doxologie est la conclusion de la prière eucharistique ; elle résume en quelques mots toute la portée de cette action de grâce).

&ldots;a le Christ pour centre. «C’est par Lui que nous disons notre «AMEN» à la gloire de Dieu». Voir Saint-Paul, dans la deuxième lettre aux Corinthiens, chapitre 1, versets 20 et suivants.

Gloire est rendue à Dieu pour  sa naissance, pour ses miracles, pour sa mort et sa résurrection. L’Église, dans sa liturgie, ne fait que parler de la gloire du Seigneur. On chante le «Gloire à Dieu » au début de la sainte messe. On reprend le tout à la Préface, au Sanctus, à la doxologie qui termine le Canon de la messe, tout juste avant le Notre Père. Toute la messe est une louange, un temps de gloire au Christ Sauveur et Ressuscité.

A la louange eucharistique, l’Église des premiers temps ajoutait la louange du martyr. La doxologie du sang. Ceux-ci donnent totalement leur vie pour le Seigneur de gloire. Notre pensée se tourne vers les apôtres qui sont morts, pour la plupart martyrs, en allant annoncer le Seigneur ressuscité. Aux milliers de martyrs qui sont morts dans le Colisée de Rome, endroit qu’il m’a été donné de visiter. Aux milliers d’autres, qui au cours de siècles, ont totalement offert leur vie par amour pour Dieu, retrouvé dans le visage du pauvres, du malades, du prisonniers, et j’en passe. Aux milliers de martyrs de la persécution tranquille qui s’abat sur le Québec contemporain. Et qui souffrent dans le silence&ldots;

Et j’entendis une voix clamer dans le ciel : «Désormais, la victoire, la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu, et la domination à son Christ, puisqu’on a jeté bas l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. Mais eux l’ont vaincu par le sang de l’Agneau et par la parole dont ils ont témoigné, car ils ont méprisé leur vie jusqu’à en mourir. Soyez donc dans la joie, vous, les cieux et leurs habitants. Malheur à vous, la terre et la mer, car le Diable est descendu chez vous, frémissant de colère et sachant que ses jours sont comptés. (Ap. 12, 10-13).

Évidemment, l’ultime doxologie (ou prière de louange) est le chant des «noces de l’Agneau» tel que le rapporte le livre de l’Apocalypse, au chapitre 19, versets 7 et suivants. C’est ainsi que se termine la Révélation biblique.

Alors je vis le ciel ouvert, et voici un cheval blanc; celui qui le monte s’appelle «Fidèle» et «Vrai», il juge et fait la guerre avec justice. Ses yeux? Une flamme ardente; sur sa tête, plusieurs diadèmes; inscrit sur lui, un nom qu’il est seul à connaître; le manteau qui l’enveloppe est trempé de sang; son nom? LE VERBE DE DIEU.(&ldots;).  Un nom est inscrit sur son manteau et sur sa cuisse : Rois des rois et Seigneur des seigneurs.

L’Épouse, ou l’Église du Christ, est parée de sa robe. C’est dans le Sang de l’Agneau que les robes des élus ont été blanchies. (Ap. 7, 14; 15, 2). C’est grâce au Christ qui l’a épousée qu’elle peut se présenter devant lui, revêtue de ses œuvres que Dieu lui permis d’accomplir.

Il a voulu par là démontrer dans les siècles à venir l’extraordinaire richesse de sa grâce, par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus. Car c’est bien par la grâce que vous êtes sauvés,  moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu; il ne vient pas des œuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier. Nous sommes en effet son ouvrage, créés dans le Christ Jésus en vue des bonnes œuvres   que Dieu a préparées d’avance pour que nous les pratiquions.  (Ep. 2, 10).

Le Christ a aimé l’Église et il s’est livre totalement pour elle. L’Église, corps mystique du Christ, a toujours un avenir. Elle est, déjà, dans la foi, resplendissante de gloire. Elle est sainte et immaculée, grâce au salut que Jésus-Christ lui donne gratuitement.

C’est ainsi que, mystérieusement, se consomme la Révélation de Dieu aux hommes et sa gloire pour le temps présent, pour l’Éternité que Dieu prépare à ceux qui l’aiment.

 

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