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Texte provenant du site http://www.cafe.rapidus.net/neturcot/index.html |
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Toute personne humaine, peu importe sa race, sa religion, ses liens familiaux, aspire au maximum dautonomie. Toute nation cherche et trouve dans son histoire, les raisons qui font quelle ne peut sépanouir que dans lindépendance nationale, laquelle est lexpression normale de sa liberté. Le drame de la nation québécoise, cest de vivre, à cause du système fédéral, dans un État divisé. De vivre dans un État fédéral, en constant état de minoritaire. Cest là une faiblesse objective. En plus de vivre en état de faiblesse objective, ce système implique que la minorité dominée doit vivre en camps opposés (bleus vs rouges), ce qui est le germe de sa mort politique, à plus moins long terme. Le peuple québécois signe sa propre condamnation sur cette carte mortuaire : le simulacre de démocratie chez nous cest un semblant de liberté qui nest, dans les faits, quun profonde servitude. Le drame de notre peuple se trouve aussi dans nos dirigeants qui saffublent du nom de souverainistes ou, parfois dindépendantistes quand la peur les quitte pour un instant, mais qui, en réalité, sont des fédéralistes qui signorent. Ils veulent quitter la maison tout en voulant y rester. Rester dans le Canada, comme la si bien dit Landry, au journal Le Devoir, le 9 mars 2203. Même maison, mais chambre à part! Lindépendance cest cesser dêtre locataires du Canada pour devenir propriétaires du Québec. Un ami, philosophe, a dit un jour ceci :« On dirait des fois que le tempérament politique de la nation québécoise est inconsciemment suicidaire. On lui dit et on lui prouve que pour vivre elle doit choisir dêtre libre, et malgré cela, elle refuse. Et elle se regarde mourir avec délectation. Dans lindifférence». La liberté, ici, devient plus quun droit. Cest un devoir. Le peuple du Québec vit son dernier paradoxe. Avant lassimilation totale. Il est à la fois si proche de son indépendance, qui est sa voie normale et sa maturité, et lassimilation qui est sa mort. Que voulez-vous que je fasse quand le chef du Parti québécois, Bernard Landry, nest pas capable, un seul instant de parler de souveraineté, mieux dindépendance, sans parler en même temps dun éventuel système confédéral pour sécuriser les derniers trouillards. Lan dernier, à la même date, il tenait, à la veille du scrutin, des propos tout aussi ambigus que désolants. Au journal LE DEVOIR, édition du samedi et dimanche 9 mars 2003, il affirmait. «Je vois le Québec dans les Amériques comme la Belgique dans lEurope. Si, demain matin, Jean Chrétien, dans un geste spectaculaire avant de quitter le gouvernement, disait :« Joffre au Québec, dans le Canada, dans lunion canadienne, le statut de la France dans lUnion européenne», la question québécoise serait réglée rapidement. Nous, on signerait et on le ferait ratifier par référendum et on le gagnerait dans des proportions effarantes.» De tels propos sèment, à la fois la confusion, le désarroi et pourquoi pas le dégoût de continuer la lutte. Un an après cette déclaration faite à la veille du scrutin général, la thèse péquiste nest guère plus claire. La saison des idées est née mais elle risque de devenir la saison dune idée : celle dun modèle confédératif de souveraineté, tel que proposé par le chef péquiste. Et selon le très sérieux journaliste Michel Vastel du journal Le Soleil,, (voir, page 428 de sa biographie sur Bernard Landry) le modèle confédératif que propose Bernard Landry nest que.. du fédéralisme renouvelé. Ce nest pas lindépendance du Québec. Avis à ceux qui ont voté péquiste lan dernier : votre vote nétait pas un vote indépendantiste, mais bien un vote pour rester dans le pays que daucuns veulent toujours quitter. Lindépendance du Québec ne viendra pas de Jean Chrétien ou de son successeur, comme le suggère le Chef de lopposition actuelle. Elle est la propriété de la nation québécoise et elle ne doit pas être commandée par des stratégies référendaires qui ont échoué deux fois. Lautonomie de la personne relève de celle qui la cherche et la conquiert. Lautonomie ou lindépendance dune nation ne peut venir que de celle qui la cherche et la conquiert, même aux prix de hautes et dures luttes, de combats qui laissent sur le terrain un certain nombre de morts. Il nous faudrait toujours la splendeur torrentielle du discours du poète Gaston Miron, la justesse du discours dun Pierre Bourgault, le combat, visière levée, dun Camille Laurin, la fougue dun Doris Lussier, la poésie et la flamme de Pauline Julien pour réamorcer la lutte qui séternise. La mort a déjà ravi à la nation ces personnes qui ne pouvaient coucher avec lambiguïté. Ils ont toute mon admiration. Même si certains dentre eux, ont reçu le mépris de ceux qui auraient dû les congratuler. Jen ai été moi-même victime dans ma région... Lappel est lancé pour retrouver, dans le décor des fardoches dune nation divisée, manipulée, contrôlée par des apparatchiks qui sucent les bons salaires et se contemplent dans les slogans, afin de foncer vers un horizon plus clair et limpide. Il ne suffit plus de rêver en bleu. Là où le rêve triomphe, fut-il le plus grand et plus enchanteur, la réalité ne peut naître. Le peuple du Québec porte en lui le germe de sa mort politique. Pour que naisse autre chose quune plante déjà frappée du cancer qui le ronge, il faudra plus que des astuces, des doreurs de pilules, des faiseurs dimages. Lindépendance, cest sérieux, cest difficile, cest dérangeant. Et la jeunesse a besoin dun discours qui fait appel davantage à sa générosité que le confort assuré de leurs prêts et bourses que leur promettent toujours les mousquetaires arpentant le Québec. Le discours ambigu ne peut cohabiter avec la verdeur dun engagement qui métamorphosera lavenir. Les sots préfèrent ce qui leur est dit en termes obscurs, affirme le philosophe Épicure. Réclamer deux ou trois pieds deau claire, est-ce trop demander à nos élites indépendantistes (?) actuelles! Si certains préfèrent encore patauger dans les eaux boueuses et volontairement entretenues par des patentes électorales qui ne tiennent pas de bout, loption inverse rassure ma conscience de militant. Pour ceux qui lauraient oublié, à pareille date, lan dernier, Bernard Landry déclenchait des élections. Dans la plate-forme officielle du P.Q., il y avait 25 préoccupations majeures. Vous souvenez-vous à quel rang se situait la souveraineté du Québec. Au 25e rang ! Rien de moins. Pas étonnant que plus de 400,000 électeurs soient restés à la maison. Est-ce trop demandé à Monsieur Landry de remettre le moteur en marche et de placer lindépendance nationale en première ligne de feu, oubliant le cafouillage dun Charest vaseux, perdu dans la grisaille du brouillard quil a lui-même créé.
Candidat
indépendantiste dans Matane en 1970, jaffirmais que
«le jour de notre indépendance politique, les
Québécois pourraient bâtir leur économie
selon leurs propres priorités». Je mexcuse de me
citer et de navoir pas changé didée. Mais
il fallait que je vous le dise avant de terminer ce cri de désespoir! 21 mars 2004
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