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Hold-up d’un quart de milliard de dollars !

 
     Le dicton populaire se vérifie une fois de plus : l’argent n’a pas d’odeur. Et de ce temps-ci, celui-ci déverse une odeur de putréfaction qui touche l’ensemble du gouvernement libéral fédéral. Le nouveau premier ministre, spécialiste en évasions fiscales, dirige une administration corrompue jusqu’à l’os. Plus gros que ça, tu meurs! Chrétien a laissé un héritage qui sent la merde, et son successeur, amnésique au dernier degré, affirme qu’il n’était pas au courant de ces pratiques déloyales. Et pour se draper du manteau d’une virginité qui ne lui va pas, il déclenche une commission d’enquête sur des choses qui sont déjà connues. L’hypocrisie à son comble!

     Le rapport de la Vérificatrice générale utilise les expressions les plus dures à l’égard de ce gouvernement qui s’apprête à venir demander la confiance du peuple : opération de camouflage, «graissage de pattes» d’agences de publicité, interférence de certains ministres, modifications arbitraires des règles de fonctionnement, etc. L’ancien ministre des Travaux publics Alfonso Gagliano et sa clique, des hauts fonctionnaires de l’État, ont fait transiter l’argent de tous les contribuables par quelques firmes de publicité québécoises, tous amis et fournisseurs à la caisse du Parti libéral du Canada, et qui ont empoché, par le fait même, des centaines de millions de dollars dont les Québécois et les Canadiens auraient bien besoin par les temps qui courent.

     La Vérificatrice générale va jusqu’à dire que les mots lui manquent pour décrire ce qu’elle a vu, que c’est du jamais vu, que le système de commandites est quelque chose qui dépasse les bornes. Celle-ci insinue qu’aucun citoyen, doué de gros bon sens et d’un brin de logique, ne peut approuver les gestes de ce gouvernement qui dilapide le bien commun et qui oeuvre, louchement, au-dessus de la mêlée, ignorant les besoins urgents de la population.

     Les prochaines élections fédérales qui s’en viennent permettront aux Québécois de se délester de ces personnes au passé douteux, aux gestes inacceptables, au passé plus qu’encombrant. Si le gouvernement central a trouvé le moyen de venir chercher dans nos poches environ un quart de milliard de dollars pour nous imposer sa vision canadienne et «fédérastre» du pays, il convient aux électeurs de lui envoyer un message clair et précis, en défaisant les candidats libéraux dans tous les comtés du Québec. Poser le geste inverse serait cautionner ce que la plus élémentaire morale ne saurait accepter. A chaque citoyen de peser, dans sa conscience, les conséquences de la réélection de ce gouvernement pourri, plein de faux-fuyants, arrimer au patronage officiel ou officieux. C’est le temps du grand ménage, en attendant - si les Québécois peuvent enfin se décider - de se bâtir une maison qui abritera la totalité des institutions civiles de la nation, le souffle de notre peuple français d’Amérique. L’urgence de le faire ne se discute plus : elle s’impose.

 

Février 2004

 

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