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La grille sacerdotale

 
     Le Christ, Fils de Dieu, envoyé par le Père éternel, rempli de l'Esprit, appelle un jour douze hommes à venir former son premier collège épiscopal. Ils sont, pour la plupart, des pécheurs avec les péchés de tout le monde de leur époque et, sans doute, d'excellents pêcheurs, comme le sont tous les Galiléens de cette époque.

     Aucun test d'admission. Il leur demande une chose: la folie de le suivre jusqu'au bout, en ne leur disant pas qu'ils auront, pour la très grande majorité, à subir le martyre pour leur foi. Contrat quelque peu falsifié, presque de la fausse représentation!

     Certains resteront fidèles pendant les trois ans de grand séminaire sur les routes de Galilée. Un abandonnera lors de la première Messe, mais tous le trahiront lorsqu'ils verront poindre la croix. Aucun séminariste na passé le test final. Tout un échec ! Jésus, le Fils du Père éternel, s’était-il trompé dans le choix de ses candidats à l’épiscopat? Et pourtant...

     Le Christ ressuscité va les rénover. Les métamorphoser. Ils le suivront, en son absence physique, remplis de l'Esprit, pour former le premier noyau de l'évangélisation hors de la Palestine. Ils iront proclamer l’évangile et donneront les grandes lignes à l’universalité de cette Église pas comme les autres, par le sang de leur vie donnée, en particulier dans la Cappadoce de l'Asie mineure, où je viens à peine de fouler les terres.

     Les voies du Seigneur ne sont pas nos voies. Et s'il y avait des sidéens parmi les futurs prêtres, ne serait-ce pas là une façon de vivre, dans la chair humaine malmenée, faible et brisée, le chemin du Calvaire qui mène à la résurrection? La grille sacerdotale manque d’audace et de la charitable infiltration de l’Esprit saint.

     Les témoins de Jésus-Christ n'ont pas à être standardisés. Si Mère Térésa n’avait pas eu l’audace de quitter sa communauté bourgeoise pour fonder les soeurs de la Charité, on n’aurait jamais parlé d’elle et surtout, on ne voudrait pas en faire un modèle pour les chrétiens du monde entier.

     Ce n’est qu’au Jugement dernier que le Christ séparera l’ivraie du bon grain. Et qui peut se porter juge, par anticipation, et penser d’être dans les greniers du Maître plutôt que dans la géhenne où brûlera, paraît-il, sans fin, la pauvre ivraie rejetée? N’y aurait-il pas trop de critères trop humains pour faire un job où la grâce et la sainteté l’emporteront toujours sur nos critères standardisés?
 

16 janvier 2004

 

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