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Texte provenant du site http://www.cafe.rapidus.net/neturcot/index.html |
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Le 14 avril 2003, lors du scrutin provincial, plus de 400,000 électeurs indépendantistes ne se sont pas présentés aux urnes. Les motifs invoqués furent multiples. Celui qui revint le plus souvent fut lappel de Bernard Landry, lancé aux fédéralistes, à toute fin de la campagne, afin quils aillent voter pour le P.Q. Certains invoquèrent aussi la plate-forme électorale du Parti Québécois, qui plaça (il faut le faire! ) la question de la souveraineté au 25e rang de ses priorités. Labstention fit en sorte que le suffrage universel fut lun des plus bas de ces dernières décennies. Environ 65 %. Les indépendantistes, le 28 juin prochain, sont à nouveau placés devant le même dilemme que lan dernier. Ils sont devant quatre partis qui prônent le fédéralisme et le Bloc québécois qui jappent contre les politiques fédérales mais ne proposent pas comme solution la sortie du régime quil condamne à peine du bout des lèvres. Le Bloc se présente en vierge offensée, mais na pas le courage daller jusquau bout de ses convictions et dire carrément aux électeurs que «le temps du fédéralisme est terminé». Il profite de la grogne engendrée par le scandale des commandites, le déséquilibre fiscal, lassurance emploi, les soins de santé, etc. pour faire le plein de votes, mais ne propose rien de positif. Et pour les indépendantistes, le positif, cest la liberté de notre peuple acquise par un vote massif en faveur de lindépendance nationale. Solution encore une fois? Lindépendance du Québec. Elle est simple cette solution et elle devrait être rappelée dans tous les discours des bloquistes et par Gilles Duceppe en premier. Mutisme total sur le sujet. À une émission de radio, sur les ondes de Radio-Canada (Matane), jai demandé, la semaine dernière, au candidat bloquiste Jean-Yves Roy, sil entendait bien claironner cette solution, que dis-je? LA SOLUTION, à tous ces problèmes inventoriés, expliqués «ad nauseam» à la population depuis 1993. Je lui ai même suggéré dorganiser un ralliement indépendantiste régional ou local, avant la fin de la campagne, pour galvaniser les troupes indépendantistes et réaffirmer notre nécessité de sortir de la maison de fous quest le fédéralisme canadien. Impoli, il ma envoyé paître, ny voyant pas la nécessité dorganiser une telle rencontre, à la veille du vote. Jai tiré la conclusion suivante : le chialage suffisait pour gagner le prochain scrutin. Le P.Q. est-il un parti indépendantiste? Il y a longtemps et comme tant dautres, que je suis arrivé à la conclusion quil ne lest pas. Il est confédéraliste, à la Jean Allaire, à la Robert Bourassa. Jai suffisamment de papiers dans mes dossiers pour le prouver. Le BQ est-il un parti indépendantiste? Il y a longtemps et comme tant dautres, que je suis arrivé à la conclusion quil ne lest pas. Jai aussi suffisamment de documents dans mes papiers pour le prouver. Au Medley, la semaine dernière, Gilles Duceppe a lancé un vibrant appel à la cause souverainiste. Mais il sest bien gardé den préciser le contenu. Le mot est là : le contenu ny est pas. Et, depuis plusieurs années, la confusion existe. La preuve en est quon travaille toujours, tant au P.Q. quau BQ, à faire revivre un nouveau référendum qui porterait sensiblement sur la même question que celle de 1995. Au fait, je vous la rappelle : Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur lavenir du Québec et de lentente du 12 juin ? » Derrière cette question alambiquée au possible, bien des indépendantistes se sont fait bernés. Ils ont crû que le Québec accéderait à lindépendance par cette voie. Eh bien, non! Si la réponse avait été positive, en 1995, et que les négociations avaient bien fonctionnées, nous serions restés dans le Canada, avec des éléments de souveraineté, comme le prônait le Rapport Allaire. Pourquoi, pensez-vous, que Mario Dumont était dans le camp du OUI, en 1995? Tout simplement, parce quil avait compris, lui, que ce sur quoi on votait à lépoque, ressemblait comme deux gouttes deau à la thèse quil défendait. Battu sur son propre terrain, il sest ensuite retiré du débat... Pour vous convaincre davantage que ni le P.Q. ni le BQ ne sont indépendantistes, lisez bien ceci. Lors de son passage à Bruxelles, il y a deux ans, Bernard Landry avait affirmé, se rapportant à la fameuse question de Bruxelles de 1992 (celle de Robert Bourassa), quil voterait OUI à cette formulation. Je vous la transmets au cas où vous lauriez oubliée. Question de Bruxelles (Bourassa- 1992) «Voulez-vous remplacer lordre constitutionnel existant par deux États souverains associés dans une union économique, responsables à un parlement commun?» Je sais encore lire. Les mots ont encore pour moi un sens. Lorsque je compare la question référendaire de 1995 et celle de Bruxelles (celle de Bourassa, en 1992), je maperçois bien que les éléments communs de ces deux questions se rejoignent. En votant oui, en 1995, le Québec votait pour rester dans le régime fédéral. En espérant que les négociations ne marchent pas ( et lorsquon négocie, on peut sarranger pour que les choses aillent mal), et que le Québec proclame, par la bande, son indépendance. Lastuce na pas fonctionné. Landry, en affirmant quil voterait OUI à la question de Bourassa, a de quoi étonner. A ce que je sache, Bourassa nétait pas indépendantiste. Alors, si Landry affirmait, il y a deux ans, quil voterait OUI à la question de Bourassa, sétait-il converti à la thèse bourassienne, donc au lien confédéral? La réponse est : OUI. Landry et son petit frère jumeau Duceppe, qui aspire à devenir chef du gouvernement à Québec, ne sont pas des indépendantistes. Ils sont des confédéralistes. Le journaliste Michel Vastel en arrive à la même conclusion dans son livre Landry le grand dérangeant, p.428. En votant P.Q., lan dernier, les Québécois votaient pour le maintien du lien confédéral. Il ny a plus, à lAssemblée nationale, de parti indépendantiste. Il y a trois partis qui sentendent, plus ou moins, sur la façon de réformer le fédéralisme canadien. En votant BQ, lundi, le 28 juin, les Québécois indépendantistes, sils le font, voteront pour rester dans le Canada. On ne le dit pas ouvertement, mais cest bien de cela dont il sagit. Logiquement, tout indépendantiste, lundi, ne devrait pas aller voter pour un parti qui veut les garder dans le lien fédéral. Mais les slogans, les tape-à-loeil lemporteront une fois de plus sur la réalité quon nose pas regarder. Les Québécois sont plus facilement contre quelque chose que pour quelque chose. On votera une fois de plus par dépit plus que par conviction. On se donne le vrai pouvoir de 1993 a été remplacé par Un parti propre au Québec. On préfère sans doute ces slogans creux et sans avenir, quun pays bien à nous, avec tout ce que cela comporte de sacrifices et de générosité. Lundi, le 28 juin, comme mon pays est le Québec, et que je nen ai pas dautres dans mes tripes, et que je nai jamais exprimé mon vote dans un pays voisin ou étranger, je nirai pas voter ou jirai tout simplement annuler mon vote. Je respecte cependant ceux qui feront le geste inverse. On ne gage rien à sinvectiver de bêtises et à faire des attaques personnelles qui ne font pas avancer le débat. Saisons des idées, oui...mais dans le respect des uns et des autres. 15 juin 2004
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