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La dérive des mots

 

Il est assez étonnant que les gais revendiquent le droit de contracter le mariage. Plus personne ne veut se marier et, ceux qui le souhaitent ou le sont depuis peu, ne tiennent pas le coup cinq ou six ans, et/ ou demandent, après quelques années, le divorce. Divorce: (selon le dictionnaire) dissolution  du mariage, du vivant des époux.

La signification des mots se trouve engrangée dans un livre qui s'appelle le dictionnaire. Si quelqu'un veut savoir ce que veut dire pédophile, il ouvre un Larousse et se fait une idée à partir de la définition donnée. Si un autre veut savoir ce que veut dire le mot pédéraste, il fait de même, en utilisant ce dictionnaire, ou fait usage d'un autre dictionnaire, comme le Littré, le Petit Robert. Si quelqu'un veut savoir ce que veut dire homosexualité, il fait la même opération. Et, ainsi de suite, pour tous les mots utilisés, à la fois dans la langue française, et dans les autres langues parlées de la planète.

Une fois de plus, affirmons qu'habituellement personne ne conteste la définition des mots consignés dans les dictionnaires, à usage commun. Alors, si quelqu'un veut savoir ce que veut dire le mot «mariage»,  il fait la même opération que pour tous les autres mots. Au petit Larousse, en couleurs, édition de 1987, on lit ceci: Union légale d'un homme et d'une femme. La définition n'a pas changé selon des éditions plus récentes. Et la tradition humaine, peu importe les religions et les philosophies, a toujours retenu la définition que je viens de donner du mariage.

A partir de maintenant, il semble bien que cette définition n'est plus acceptable, ou est tout au moins contestée, puisque les tribunaux autorisent d'autres unions légales, en l'occurrence deux personnes de même sexe, et ils ne se gênent pas pour dire que ces unions portent ou peuvent porter le nom de «mariage». Que les tribunaux autorisent d'autres unions légales, va!  Mais qu'ils appellent ces unions légales, des mariages, voilà, selon les normes du dictionnaire, que la bât blesse!

De deux choses l'une: les tribunaux ont raison et le mariage peut signifier l'union de deux personnes peu importe leur sexe, ou il faut brûler tous les dictionnaires et laisser les gens définir les mots, à la sauce du jour. Et le mot mariage peut changer de sens, et au nom de quoi, ne pourrait-on pas appliquer la même règle à tous les mots du dictionnaire. Si ce mot peut changer de sens, les autres ne peuvent-ils pas entrer dans la même foulée?

 
Qui sait, si dans quelques années, l'homicide ne signifiera plus le meurtre d'un être humain, l'adultère ne sera plus défini comme une violation du devoir de fidélité né du mariage, si l'homosexualité ne sera plus une forme de sexualité dans laquelle l'attirance sexuelle est dirigée vers une personne du même sexe, et si l'inceste ne sera plus décrit comme une relation sexuelle entre un homme et une femme parents ou alliés à un degré qui entraîne la prohibition du mariage. (Et ici, de quel mariage s'agit-il? Deux personnes de même sexe ou de sexe opposé?)

Si la définition des mots n’est plus consignée dans les dictionnaires et si chacun, à partir de caprices individuels ou de pressions corporatistes, demande qu'on en change le sens, il faut penser «Tour de Babel ». A bien y penser, à partir du 9 décembre 2004, le mariage peut maintenant être défini comme suit : union de deux personnes qui s’aiment, peu importe leur sexe.

Est-ce bien cela qui est réclamé? A-t-on le goût d'une telle aventure?

 

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