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Le bordel fédéral

 
     Les Canadiens iront aux urnes au début de juin. Les libéraux pensent qu’ils ont plus de chance de reprendre le pouvoir, avec les bourgeons printaniers qu’avec les feuilles rouges virevoltant dans la froidure de l’automne.

     Les sondages marquent l’hésitation et l’indécision des électeurs. Ceux-ci, dans la tourmente des commandites, ne semblent plus savoir où donner de la tête. Joe Clark appuie maintenant Paul Martin; Jean Chrétien en veut à celui-ci qui lui a succédé et ne souhaite pas son élection; le Bloc québécois, après onze ans de «voeu temporaire», a trouvé sa planche de salut dans le scandale des commandites.

     De plus, c’est la confusion des genres. Les fédéralistes retrouvent dans leurs rangs des anciens députés péquistes et des anciens bloquistes convertis au fédéralisme; les bloquistes s’habituent à profiter des largesses monétaires du régime fédéraliste qu’ils condamnent et les nouveaux conservateurs canadiens sont tombés dans l’ultra conservatisme de la droite politique. Les étiquettes, de toute évidence, remplacent le contenu électoral des formations politiques et les idées sont parties rejoindre la cinquième saison, celle de l’impossible rêve.

     Et si on revenait à la notion de bien commun? A ceux qui ont mission de le partager? Si on revenait à plus de logique, de bon sens, de vérité? Les fédéralistes défendant le fédéralisme, dans leur parlement et sur leur propre terrain; les indépendantistes, dans leurs terres, défendant leur option, dans leur propre parlement. Une première ambiguïté serait levée. Et si les fédéraux nous disaient ce qu’ils veulent faire de nos impôts. Vont-ils encore les semer à tous vents, aux caprices des commandites?

     Héraclite, philosophe grec, affirmait que «les sots préfèrent ce qui leur est dit en termes obscurs». Les politiciens qui nous mènent ont compris cette maxime. Ils sont les clowns qui nous dirigent chaque jour, en complicité avec les médias qu’ils achètent et dirigent et nous sommes les sots qui continuons à les écouter et à les réélire tous les quatre ans. Comme le dit la murale du Grand théâtre de Québec : «Vous n’êtes pas tannés de mourir, bandes de caves!»

 

 7 mai 2004

 

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