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Texte provenant du site http://www.cafe.rapidus.net/neturcot/index.html |
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Cette opinion du lecteur a été rédigée la veille de la sortie du troisième tome de Pierre Duchesne portant sur la vie politique de Parizeau. Lauteur croit plus que jamais que la vie dun parti confédéraliste à Ottawa nest pas plus viable que lexistence dun parti confédéraliste à Québec. La regroupement des forces indépendantistes, sur le territoire du Québec, est plus que jamais nécessaire. La création dun véritable parti indépendantiste sortira les Québécois de ce flou politique qui mène nulle part. Il est encore temps dy penser!
Onze ans plus tard, à la veille dune élection générale canadienne, le Bloc temporaire, éphémère, transitoire, intérimaire sest installé dans ce qui devait être le provisoire, léphémère, lintérimaire et le transitoire. Et il semble même sy complaire, puisque, sans honte et sans le moindre des remords, il sapprête à se présenter une quatrième fois devant lélectorat canadien. Il nest plus là pour préparer le référendum à venir, puisque rien nassure que le Parti québécois sera réélu au prochain scrutin et, même sil létait, rien ne garantit que le parti confédéraliste péquiste, mené par Bernard Landry, le tiendra après une hypothétique réélection en 2007. Alors, le Bloc est à Ottawa pourquoi ? Pour défendre les intérêts du Québec? Réponse trop facile ! Lucien Bouchard mena la première bataille du Bloc québécois. Déçu de la tournure des événements suite à léchec constitutionnel de 1990, il arriva, avec plus de cinquante députés, à former lOpposition officielle à Ottawa. Le slogan de la campagne fut à lépoque: «On se donne le vrai pouvoir». Slogan creux, sil en est. Comment, un parti, dit souverainiste, a-t-il pu arriver à siéger dans un parlement fédéral quil voulait éliminer, former lOpposition officielle et dire à ses électeurs que, sur les banquettes de lopposition, il pouvait leur donner le vrai pouvoir? Il fallait y penser! En juin 1997, les Bloquistes, sous légide de Gilles Duceppe, député de Laurier/Sainte-Marie, firent élire quarante-quatre députés dont le but avoué était de défendre les intérêts du Québec à Ottawa. Le 27 novembre 2000, le Bloc québécois réussit à faire élire trente-huit députés afin de toujours poursuivre la défense des intérêts du Québec, au parlement fédéral. En 2004, toujours sous la direction de Gilles Duceppe, les députés du Bloc entendent toujours retourner à Ottawa, et cela pour un quatrième mandat, afin de défendre les intérêts du Québec à Ottawa. Il y a peine trois mois, les sondages prédisaient la disparition du Bloc québécois à Ottawa, avec larrivée de Paul Martin à la tête des libéraux. Les Québécois, toujours très émotifs lorsque vient le temps de voter, avaient décidé, quil était temps darrêter le carrousel de ceux qui se prétendaient les défenseurs uniques des intérêts du Québec dans le gouvernement central, et de donner «le vrai pouvoir» à ceux qui peuvent lexercer. Mais, houps! Dans le ciel calme et tranquille des rouges déjà portés au pouvoir, le scandale des commandites est venu changé la donne. En moins de cent jours, les électeurs de la belle province, comme ça, ont décidé de virer capot et de redonner au Bloc québécois, possiblement, si on se fie aux sondages, le même nombre de députés quen 1993. Sir Wilfrid Laurier avait bien raison lorsquil affirmait que «les Québécois navaient pas didées en politique : ils navaient que des émotions». Lan dernier, en plein cur de la campagne électorale, le Parti québécois, parti officiellement souverainiste, mais dans les faits, parti confédéraliste (fédéralisme renouvelé) a perdu près de 500,000 électeurs, à cause de lambiguïté de sa position constitutionnelle. Les indépendantistes ont refusé de donner leur vote à un parti qui ne répondait plus à leurs attentes et qui mettait la souveraineté au vingt-cinquième rang de ses priorités. La plate-forme électorale de la campagne 2003 lindique formellement. Je nai donc pas voté pour le Parti québécois. Pour les mêmes raisons, il me sera difficile de voter, en 2004, pour un parti qui se dit souverainiste, mais qui, dans les faits ne lest pas puisquil ne parle jamais de lindépendance du Québec sur la colline parlementaire, à Ottawa. Il nest pas nécessaire, de toute évidence, dêtre souverainiste pour défendre les intérêts du Québec dans le gouvernement central. Nimporte quel député, peu importe son allégeance, peut le faire ou ne pas le faire. Pierre de Banné, ancien ministre libéral, a très bien défendu les intérêts du comté de Matapédia-Matane. Et il était fédéraliste. Je me demande, si lactuel député (un bloquiste) fait pour défendre présentement les intérêts de ce même comté. Il semble ne pas avoir défendu grand-chose depuis quatre ans. Sa visibilité na pas été bien éclatante. De plus, il mest impossible dapprouver le geste du Bloc québécois, qui, à partir de la nouvelle loi sur le financement des partis politiques, recevra, pour la prochaine élection, léquivalent de 2,4 millions de dollars, pigés dans les poches des contribuables canadiens, et cela pour se battre contre un régime politique dont il veut se défaire. Quen penserait René Lévesque, dont certains péquistes et bloquistes se réclament encore dans leurs discours délavés, lui qui avait tant à cur, que les indépendantistes paient pour défendre leur cause? Après onze ans dans lopposition, la députation bloquiste, en plus de se garantir une pension plantureuse venant dun système quelle condamne, a aussi goûté les plaisirs dune rémunération plus que substantielle. Avec une moyenne de plus de 120,000.00 $ par année, (faites le compte en multipliant par 11 ans !) ces hommes et ces femmes, voués à la destruction du fédéralisme canadien, auront engrangé près dun million et demie de dollars dans leur compte de banque. La morale, toute naturelle, minvite à dénoncer une telle situation. Elle me fait pencher vers lindécence, le rejet et pourquoi pas, la condamnation pure et simple. Le cheval de Troie valait pour une bataille : il nest pas nécessaire de le garder pour continuer la guerre. Il perd ici tout son sens, après onze ans sur les banquettes de lopposition. La preuve en est, quaprès toutes ces années, la cause souverainiste stagne. Le P.Q. na récolté que 33 % du vote lan dernier. Les bloquistes en récolteront davantage sans doute lors du prochain scrutin, mais un bon nombre de ces votes seront des gestes de rejet et de dépit face au scandale des commandites. Le slogan du Bloc québécois, pour la prochaine campagne est le suivant : «On est différents». La différence ne doit pas nous faire verser dans la complaisance. Ce nest pas en territoire étranger, ni dans le parlement du pays voisin que se décidera le sort politique des Québécois. Si les bloquistes croient au Québec, quils reviennent et envahissent leur territoire, et se battent pour le libérer. Avec les désavantages que cela comportent. Certains, et jen suis, sont fatigués de payer de leur vie, de leurs sous, et de leur temps pour faire avancer une cause qui ne profitent quà une petite élite bien campée. Heureusement que les bloquistes ont reçu le gros os des commandites, offert sur un plateau dargent par le parti libéral du Canada, pour lancer une campagne qui aurait eu toutes les difficultés du monde à lever. Le Bloc, a été, pendant quelques années, un élément de réaction indispensable dans le contexte politique du moment. Le temps des réactions passées, il faudrait sans doute passer à laction. Et si action il doit y avoir, cest sur le terrain du Québec que la prochaine manche doit se jouer.
Le Bloc
devait être temporaire. Il est devenu stationnaire. La rengaine
a assez tourné. Je nai pas plus le goût de me
faire tourner encore la même ritournelle pendant quatre autres
années en sol canadien. Le confédéralisme
à Ottawa nest guère mieux que le
confédéralisme à Québec. Il est temps de
le dire et de lécrire. Et de publier un lexique
politique pour décaper les mots, leur rendre leur
signification première. On ne libère pas un peuple dans
la confusion et lastuce. Sinon, que le page soit tournée
et quon nen parle plus pour des générations! 21 mars 2004
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