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L’atavisme des Québécois

 

 

 

     Derechef, l’atavisme des Québécois remonte à la une. Celui-ci se caractérise non seulement dans l’hérédité des idées, mais, plus encore, dans certains types de comportements.

      Le Parti québécois, en faisant fi de la volonté d’un grand nombre de citoyens, a procédé à la fusion de plusieurs municipalités au Québec. Ne respectant pas le résultat d’un certain nombre de référendums tenus, il a procédé, en ne respectant pas les souhaits exprimés clairement par les citoyens. Les électeurs du Québec lui ont fait part de leur mécontentement, l’an dernier, en le renvoyant dans l’Opposition.  Le Parti libéral, saisissant le ballon au vol, a promis de consulter les citoyens et, possiblement, revenir en arrière, en respectant, cette fois-ci, la volonté populaire. Le processus vient d’être enclenché, le 20 avril dernier. Le Parti québécois annonce déjà, s’il est à nouveau reporté au pouvoir dans trois ans, qu’il refera la processus inverse et qu’il rétablira ce qu’il avait fait, contre la volonté des citoyens.

      Les générations montantes, dégoûtées de la politique, voient dans ces gestes circulaires, le vieil atavisme québécois qui tisse une histoire pas très reluisante, faite de chicanes, de consensus impossibles à réaliser, de vieilles rancoeurs, de divisions intestines, de mépris, de suspicions, de peurs entretenues, d’affrontement tout aussi inutiles que stériles.

      Ce petit peuple, souvent manipulé par des apparatchiks de bas étages et qui ne songent qu’à profiter des bienfaits pouvoir, n’arrive même pas, dans l’harmonie, à régler les problèmes courants de la vie quotidienne, à établir, dans la paix, les règles de fonctionnement de leur municipalité, le regroupement des forces politiques d’une seule région. Les acteurs qui s’agitent tout autour de ces petits problèmes de vie courante ne songent pas au bien commun, mais à leur petite gloriole, à reprendre la parcelle de pouvoir qui leur a échappé, à redorer un blason partisan quelque peu sali par un ou plusieurs petits scandales coutumiers, à être un petit roi local, encensé par une petit élite de terroir, qui broute dans les avantages pécuniaires que cela donne inévitablement.

      Incapables, présentement, de s’entendre sur une solution normale et durable autour du regroupement des municipalités, comment les Québécois pourraient-ils s’entendre, un jour, possiblement, autour de négociations aussi difficiles, que celles qui suivraient le processus qui mènerait à l’indépendance? C’est demander l’impossible! Le scénario est cauchemardesque.

      Les Québécois sont chicaniers, intolérables envers les autres, prêts à tout, pour que triomphe leur petit patelin qui les protège dans l’enclos de leur nombrilisme. Enjeux collectifs? C’est trop leur demander. C’est cela le complexe du colonisé. Incapables de s’organiser pour vivre comme une majorité normale, comme toutes les majorités qui habitent la planète, ils inventent des majorités fragmentées, se donnant ainsi l’illusion d’un pouvoir collectif  qu’ils ont été impuissant à se donner. Les divisions qu’ils entretiennent leur donnent des petits pouvoirs qui font éclater de rire les artisans de l’option parcellaire. Elles devraient faire pleurer ceux qui aliment le terrain miné des démembrements. Ils sont trop occupés à faire de l’argent pour y penser.

  20 avril 2004

 

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