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L’être humain n’a pas inventé le mariage

    

     Aristote disait que «le vrai et le bien sont une seule et même chose». Ce qui est vrai conduit au bien et ce qui est bien origine du vrai. Cette maxime peut s’appliquer à tous les comportements humains. La matière sexuelle et conjugale n’y échappe donc pas. Découvrons ensemble quelques vérités qui pourraient servir à fonder l’institution naturelle du mariage.

     Le mariage n’est pas une invention des religions pour dominer les hommes et les femmes de tous les temps. Avant les tribus, avant les États, avant les Églises, le mariage existait. Le mariage a été, dans l’histoire humaine, la source permanente des tribus, des États et des Églises. Le mariage, autour duquel la famille s’est organisée, a été le prélude à toutes les autres formes de société.

     Le mariage, qui est l’union de l’homme masculin et féminin, ne doit donc rien à l’Église et à l’État. Le philosophe Jacques Leclercq affirme même que «le mariage réglé par l’État ou l’Église et célébré devant eux est une institution assez neuve et liée à un état social déterminé». Le mariage, dès son origine, sorti des mains du Créateur, n’est ni un mariage civil ni un mariage religieux. Il est une institution naturelle élémentaire et première, une réalité terrestre parmi toutes les autres. Il porte habituellement le nom de «mariage coutumier». C’est une affaire de moeurs plus qu’une affaire de droit. L’union est basée sur le sentiment conjugal et familial plus que sur des formalités juridiques.

     Le débat entourant présentement le mariage (?) possible des homosexuels nous montre bien la fragilité de leur argumentation. D’abord, l’union conjugale qu’ils souhaitent entre deux personnes de même sexe est quelque chose de purement juridique. L’union civile qui existe déjà entre deux personnes de sexe opposé, est un «oui» échangé dans les conditions prévues par la loi et n’a rien à voir avec le mariage coutumier des origines. Une rupture survenant, le contrat peut-être résilié par une autre loi et le divorce survient. Un autre «oui» devant un officier du Droit et une autre union juridique apparaît. On peut le faire à répétition, jusqu’à épuisement des contractants. Les gais demandent, juridiquement, ce que les hétérosexuels ont depuis longtemps. Et que certains pratiquement abondamment! Quant à vouloir transformer cette union juridique en un mariage «coutumier», il y a toute une marge!

     Le mariage monogame égalitaire (union d’un homme masculin et féminin) est d’abord une réalité terrestre. Sans plus. Il n’est pas une invention humaine. On le trouve dans toutes les traditions humaines. On le voit, par exemple, dans la tradition biblique, aux noces de Cana. Le mariage auquel participe Jésus est célébré à travers huit jours au moins de réjouissances traditionnelles où le vin coule à flots. Il en manque même. Au lieu de dire à ces gens, qui ont déjà bu toute la cave, que c’est assez : il en fabrique en surplus et pas de la piquette, selon les textes officiels. Du bon vin!

     Ce mariage familial, dans la tradition juive, n’est pas entrecoupé par une cérémonie religieuse. Aucun rite liturgique, aucune présence de prêtres ni de lévites. Aucune démarche au Temple ou à la synagogue. Ce mariage «laïc», familial, coutumier, ne sera en soi jamais un «mariage religieux», comme nous le connaissons aujourd’hui dans les différentes dénominations religieuses. Il est et il restera toujours un mariage naturel. Un mariage tel que le veut l’Auteur de la vie humaine.

     Dans l’esprit de cette tradition juive, et qui est devenue en bonne partie par la suite la nôtre, le mariage n’est pas un caprice de l’homme, une invention de l’homme. Le mariage (union d’un homme masculin et féminin) a Dieu pour auteur. Comme toutes les autres réalités terrestres. Le mariage est même le plus beau don de Dieu. Puisque l’homme masculin et féminin, en devenant amour l’un pour l’autre, sont faits à l’image de Dieu, le mariage, tel que sorti des mains du Créateur, est une réalité sainte. Le mariage est saint comme Dieu seul est saint. Il n’y aucun geste sacré pour le confirmer puisque qu’il est saint dès son origine. Il est la plus grande des réalités sacrées. Il est la plus grande des réalités terrestres voulue par Dieu lui-même. En vue possiblement et éventuellement de la propagation de l’espèce humaine.

     Il n’y a pas dans le monde biblique séparation entre l’Église et l’État. Le mariage est «coutumier». Il est à l’image de ce qui se passe chez tous les amoureux de la terre, païens ou incroyants. On trouve cela dans toutes les diversités culturelles de la planète. Ce qui est nouveau, dans la Bible, c’est que Dieu nous montre qu’il est au CENTRE de toutes les réalités terrestres. Dieu crée le ciel et la terre, les plantes, les animaux, la lumière, les saisons, etc. et Il voit que tout cela est bon. Il crée aussi l’homme masculin et féminin et les destinent à être l’un pour l’autre des «amoureux» qui sont, dans le monde, des signes de cet amour infini du Créateur. Dieu voit que cette association est très bonne et il la bénit. Le mariage naturel, voulu par le Créateur, est donc la grande réalité sacrée du monde terrestre, puisqu’elle participe au grand plan créateur voulu par son Auteur.

     Le mariage n’est donc pas un contrat, une invention humaine que l’être humain peut modifier à sa guise. Les humains peuvent bien en faire une réalité purement juridique, l’enfermer dans un cadre législatif, mais «il n’en allait pas ainsi au commencement». Le mariage, tel que sorti des mains du Créateur est une structure voulue par Lui. Il est même la plus importante et plus grande des structures terrestres, sur laquelle tout s’édifie et sans quoi tout s’effondre. Il est chargé de bénédictions divines, tout comme le sont les autres réalités terrestres, comme la pluie, la terre, le soleil, les agapes fraternelles et humaines. C’est la plus grande des réalisations terrestres voulue par Dieu. Les humains peuvent bien vouloir la modifier. Ils errent en tenant de le faire.

     Le mariage coutumier, naturel, n’est donc pas une invention humaine, une réalité sortie de ses mains. Il est sorti du coeur même amoureux de Dieu, au titre de ce qu’il est en lui-même, partout et toujours. Il est à la fois une simple réalité terrestre, et à la fois, la plus importantes d’entre elles, le chef-d’oeuvre de la création divine. Toutes les réalités terrestres, y compris le mariage naturel, sont des réalités divines : ils sont l’ouvrage de ses mains, comme le chante la tradition juive, chrétienne et musulmane.

     Les hommes peuvent bien faire des contrats et des arrangements juridiques entre eux, en incluant des unions civiles qui consacrent possiblement leur amour humain. Les homosexuels peuvent en cela imiter les hétérosexuels. Mais, ce contrat ne sera jamais un mariage au sens coutumier et naturel du terme.

     L’homme n’invente pas le mariage. Il le trouve dans la nature, sorti des mains du Créateur. L’homme peut vouloir s’y dérober, mais il y perd son temps. Le sacrement de mariage, ajoute quelque chose d’autre. L’Apôtre Paul en parle comme étant «un grand sacrement», une grâce offerte par le Christ à l’amour conjugal pour le diviniser et l’éterniser. Dans l’Ancien Testament, le mariage concret, terrestre, nullement sacralisé, est le symbole du dialogue historique d’amour entre Yahvé et son peuple. Dans le Nouveau Testament, il devient symbole de l’amour entre Dieu et toute l’Humanité. Chercher ailleurs, c’est non seulement fausser l’histoire, mais c’est vouloir dérégler l’ordre terrestre et naturel.

     Le bien, c’est la recherche du vrai. Le vrai, c’est la route qui mène au bien. Aristote, sans la Révélation divine, en était arrivé à cette conclusion. Serions-nous moins intelligent que ce philosophe païen de l’Antiquité qui nous a laissé cette grande leçon de sagesse au coeur de l’humanité

3 août 2003

 

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