À
lheure de Loftstory et dOccupation double, la politique,
dune façon générale, ne captive plus les
Québécois. Rivés à leur petit écran
pour savoir lequel ou laquelle sera évincé(e) du
«show-réalité», les citoyens
québécois ne se préoccupent plus tellement de
savoir ce qui se passe sur la Colline parlementaire à Ottawa,
ni non plus, sur la petite colline de Québec. Jean
Chrétien est parti, il y a quelques heures et Paul Martin
vient de le remplacer dans la plus totale indifférence, en
promettant du changement (sic). Presque une insulte à son
prédécesseur !
À
Québec, le fédéraliste et conservateur Jean
Charest applique les politiques néo-libérales de Mario
Dumont et samuse à faire le jeu du déficit
caché, comme lavaient si bien fait ses
prédécesseurs, en 1994. Les gouvernements se
succèdent et amusent la galerie avec les mêmes faux-fuyants.
Et la farce continue!
Les
indépendantistes sont éparpillés dans mille et
un mouvements et personne ne semble en mesure de les réunir
autour de la seule idée qui devrait les faire se trouver
ensemble : lindépendance du Québec. Il
existe, sur la terre Québec, de multiples chapelles
souverainistes (?) et aucun grand-prêtre ne semble en mesure de
rallier les fidèles aux multiples allégeances qui se
regroupent toujours autour des mous et des purs et durs.
Les
syndicats, de leur côté, veulent définir les
règles de la démocratie et singénient
à imaginer toutes sortes de formules pour faire avancer leur
esprit corporatiste. Ils en ont contre la démocratie mais ils
perpétuent les gestes qui la bafouent en bloquant les routes
de tout le monde, en privant les gens de transports en commun, en
empêchant les gens daller à lhôpital,
en entrant dans des bureaux privés de députés,
en saccageant des camions, en renversant des clous sur la
chaussée, en insultant lautorité mise en place,
et jen passe. Les purs dun bord, les impurs de
lautre. Vieux manichéisme dune
société nombriliste, soucieuse uniquement dune
philosophie hédoniste, narcissique, égoïste au
suprême degré.
Toute
démocratie est fragile. Il sagit de peu pour que cette
forme de gouvernement, la moins imparfaite parmi celles qui existent,
ne bascule dans lanarchie, la dictature larvée.
Y
a-t-il un moyen simple de se sortir de la tourmente actuelle?
Oui : dire la vérité. Que le gouvernement confie
à des fiscalistes et des administrateurs extérieurs
à ses rangs, lanalyse objective de notre situation
financière collective et quainsi, il nous donne
lheure juste sur les finances publiques. Par la suite, personne
ne pourra taxer celui-ci de nous faire vivre au-delà de nos moyens.
Il
serait peut-être temps que le père de famille avertisse
ses enfants que la table ne peut pas être plus plantureuse et
abondante que ce que la collectivité arrive à produire
par son travail et son esprit de justice et déquité.
Ainsi,
la société québécoise cesserait de faire
ce quelle fait depuis longtemps : manger le gâteau
plus gros quelle nest capable de le produire. Les enfants
gâtés, au lieu de chialer sans cesse, se sentiraient mal
à laise de réclamer une richesse quils
nont pas ou si peu produite.
Où
est le chef qui mettra enfin ses concitoyens devant toute la
réalité? Les Québécois, dans les
revendications, ont fait le tour de lhorloge. Il serait sans
doute opportun que quelquun leur donne dici peu
lheure juste afin quils cessent dêtre le
peuple le plus «chialeux» de la planète! Certains
disent quon ne peut pas continuer comme ça. Jen
suis convaincu. Toute société est échange de
services. Personne na le droit, par esprit corporatiste, de
tout réclamer et de donner le minimum.
La
société restaurée, mieux
équilibrée, permettra de songer à faire du
Québec le plus beau pays du monde. Le climat actuel de
confrontation et dinflation verbale ne peuvent nous y
conduire. Car lindépendance dun peuple exige
discipline, effort, et parfois sacrifices. On est loin dun tel
consensus. Que se lève celui qui aura le courage de nous faire
comprendre ces exigences et nous inviter à un tel partage !
13 décembre 2003