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L’indépendance du Québec passe-t-elle par le cul?

 
     Le Comité national des jeunes du Parti québécois a terminé la dernière campagne électorale d’une façon pour le moins étonnante. Quelque 30 000 dépliants, avec condom, ont été distribués, à travers le Québec, auprès d’une clientèle cible. Selon Nicolas Girard, porte-parole du P.Q., «la distribution ne s’est faite que dans les bars», afin de mousser la politique familiale et la promotion de la conciliation famille-travail.

     Sur le carton publicitaire, auquel était agrafé un préservatif (expiration 11 novembre 2007), on pouvait y lire ceci : «Le 14 avril, passons à l’acte. Restons forts». Dans la circonscription de Matane, les cartons, avec préservatif, se sont retrouvés, vendredi le 11 avril, sur les tables du café étudiant du Collège de Matane.

     Traversant celui-ci en fin d’après-midi, j’ai pu mesurer le dégoût d’une telle publicité tardive, tant chez les professeurs que chez les étudiants. Le Directeur général du collège de Matane était-il au courant d’un tel geste ? L’a-t-il approuvé ? Comment expliquer qu’une telle publicité, destinée aux bars, se soit retrouvée dans une institution scolaire publique ? Le candidat péquiste était-il derrière l’opération ? Et s’il l’était, comment expliquer qu’il l’ait encouragée ?

     En être rendu, pour attirer le vote des jeunes collégiens, à associer l’acte sexuel humain ( passons à l’acte ! ) avec l’exercice partisan du vote des citoyens ( restons forts ! ), démontre que notre tissu social et notre moralité publique en prend pour son rhume. Sans verser dans un purisme agaçant, force m’est de constater que «descendre si bas» pour tenter de monter plus haut et de «rester fort», est indigne d’une société civilisée et démocratique.

     Est-ce trop demander au directeur général de «mon» collège matanais et aux autorités locale et nationale du Parti québécois de désapprouver, même tardivement, une telle bévue de fin de campagne ? Ne pourrait-on pas envisager un autre genre d’action pour sauvegarder la crédibilité et la force morale de nos institutions scolaires locales ? Et, de plus, n’y aurait-il pas, une autre façon plus élégante à prendre en vue de libérer le peuple du Québec ? En passant, non pas par le cul, avec les frissons qui l’accompagne, mais en utilisant les voies de l’intelligence, signes de la grandeur et de la dignité humaine. Il ne faut pas mépriser à ce point les jeunes collégiens, pensant qu’ils n’ont que des pulsions sexuelles et pas suffisamment de neurones pour prendre de bonnes décisions.

12 avril 2003

 

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