La
dernière trouvaille du Parti québécois a de quoi
laisser sceptique plus dun électeur
québécois. Les Québécois, au cours des
six prochaines semaines, recevront la visite de lautobus
péquiste qui sillonnera tous les cantons enneigés du
Québec, afin de répandre la bonne nouvelle, à
savoir que ce gouvernement est un excellent gouvernement, quil
a réussi à faire du Québec la province la plus
prospère dans la Fédération actuelle, et, que,
somme toute, les électeurs doivent réélire «
ce bon gouvernement », afin quil puisse continuer à
faire ce quil a toujours fait : un Québec de plus en
plus fort, dans un Canada de plus en plus uni.
Les
téléspectateurs ont pu voir, sur leur écran de
télévision, lallure du bolide des neiges
Cest à sy méprendre, la réplique de
lautobus Lucien Bouchard de 1998, sauf les écritures. Il
ne reste quà remplacer le « Jai confiance
» de la campagne de 1998, par « Rendez-nous notre butin
» de Maurice Duplessis. Quand on a plus didées, on
retourne aux vieilles quon avait jadis combattues,
présentées maintenant dans un nouvel emballage.
Les
Québécois nont pas besoin de la visite dun
autobus, peu importe la couleur, pour savoir où ils devront
mettre leur croix lors du prochain scrutin. Les incohérences,
le manque de leadership, les demi-vérités, les actions
contradictoires, les essoufflements mesurés et moult fois
constatés, les démissions forcées ou
calculées des ministres, les petits scandales camouflés,
les jeux de coulisses, les maquillages et les fards appliqués
professionnellement, la multiplication des certains privilèges
aux amis du régime, les discours landryistes à volets
contradictoires, ont rendu les électeurs allergiques, non
seulement au gouvernement actuel, mais à toutes
démarches politiques, doù quelles viennent.
La démocratie nous tombe des mains, parce que les
démocrates (?) au pouvoir samusent avec elle, la
contorsionne, la défigure et nous la fait vomir.
Il faudra
plus quun autobus, bien équipé, avec des
spécialistes de linformation, de la manipulation, des
«faiseux» dimages comme on dit, pour changer le coeur
des Québécois. Il faudrait de lair frais, des
courants dair brusques et non annoncés, des visages
neufs, des coeurs audacieux pour faire remonter les jeunes et les
moins jeunes dans le train de la joyeuse liberté politique.
La visite
de lautobus péquiste ne peut servir quà des
calculs partisans. Jespérais apercevoir dans le ciel
bleu québécois un visage : je devrai, une fois de plus,
me contenter dun tas de ferraille, roulant sur les routes
glacées et poudreuses dun Québec de
février. Ne pourrait-on pas espérer un printemps aux
nouvelles pousses verdoyantes, qui nous apporterait autre chose que
les mathématiques des sondages, les fabricateurs dimages
et de programmes concoctés en labsence des
intérêts du bien commun, quelque chose qui nous
mènerait ailleurs que dans lentonnoir du
pratico-pratique journalier ?
De ce
peuple, on a dit, quil pourrait, si quelquun avait une
vision claire et précise de son avenir, aller vers la
réalisation de choses grandioses. Les politiciens se
préparent encore à lui servir le réchauffé
de leurs vieilles querelles ancestrales. Lautobus partisan en
sera le symbole roulant. Il y a aura sans doute trois autobus sur les
routes du Québec, lors du prochain scrutin. On remarquera bien
plus les écriteaux bariolés sur leurs côtés
que la qualité du conducteur et des gens qui
laccompagnent. Lapparence et le battage publicitaire, une
fois de plus, lemportera sans doute, sur le contenu habilement maquillé.
À-t-on le droit
de rêver à autre chose quà un autobus ?
11 janvier 2003