Le journal La
Presse du 29 mai, sous la plume de Pascal Breton, affirme que Jean
Bernard Landry conclut maintenant que lADQ est un parti
fédéraliste et, qui plus est, que «son chef Mario
Dumont na jamais été un souverainiste même
sil a fait partie de la coalition en faveur du OUI en 1995, aux
côtés de lancien premier ministre Jacques Parizeau
et de Lucien Bouchard, alors chef du Bloc québécois.»
Lors de la période
pré-référendaire de 1995, javais
affirmé exactement la même chose. Les quolibets et les
sarcasmes sabattirent alors sur moi, venant tout
particulièrement de péquistes aveuglés, qui,
à ce moment-là, me taxèrent de
fédéraliste déguisé.
Huit ans plus tard, le
premier ministre du Québec ne se gêne pas, non seulement
pour attaquer son ancien allié, mais pour dire haut et fort ce
que je disais à lépoque. Lhistoire finit
toujours par rattraper ceux qui nont pas le courage, le moment
venu, de dire toute la vérité au peuple.
LIndépendance est une réalité trop
sérieuse pour quelle soit faite dans lambiguïté.
Une conclusion
simpose maintenant. Le résultat du
référendum de 1995 a donc été
faussé. Un fédéraliste sétait
introduit dans le camp du OUI. Son nom ? Mario Dumont.
Cet homme, qui a
toujours refusé de parler sur les mêmes tribunes que les
souverainistes, a fait cavalier seul durant toute la campagne
référendaire de 1995. Il a demandé à ses
partisans dapprouver un OUI en lequel il ne croyait pas. Il a
artificiellement gonflé le résultat en faveur de la
souveraineté. Il faut maintenant en prendre note. Les
souverainistes nont pas eu 49.42 % du vote. Ils ont eu beaucoup
moins que cela !
Lorsque Jean Bernard
Landry affirme que nous sommes passés à 54 288 voix de
gagner le OUI à la souveraineté en 1995, il faudrait,
logiquement, lui soustraire les milliers de voix
fédéralistes qui lui sont venues des troupes
adéquistes qui nétaient pas souverainistes.
Lorsque Jean Bernard Landry affirme quen 1995, on est
passé à un cheveu de faire le pays Québec, il
faudrait lui rappeler que bien des gens ont dit «OUI»
à ce moment-là, sachant très bien que ce petit
«OUI» signifiait le maintient du lien fédéral,
une structure confédérale, quelque chose qui
navait rien à voir avec lindépendance du Québec.
Mario Dumont a donc
été utilisé, pas du tout à son insu, pour
rallier le plus de monde possible à la cause que
défendait le Parti québécois. Aujourdhui,
il devient, tout à coup, ladversaire à abattre.
Si Mario Dumont était souverainiste, il se fusionnerait avec
le Parti québécois et, les deux partis réunis,
formeraient, sans difficulté, le prochain gouvernement. Mais
tel nest pas le cas. Le chat est maintenant sorti du sac.
Dumont nest pas souverainiste. Landry ne lest
guère, puisquil est confédéraliste. Il ne
reste donc plus de parti où les souverainistes peuvent exercer
leur droit de vote au prochain scrutin.
Bref, les trois partis
en place sont tous, à des degrés divers, des partis qui
veulent garder le Québec dans la fédération. Il
faut recommencer, dictionnaire à la main, pour éviter
que les mots changent de sens en cours de route. Il faut sortir le
Canada du Québec et se rassembler dans un vaste mouvement
a-politique pour y arriver.
Au prochain
référendum, la question doit être simple :
Voulez-vous que le Québec devienne un pays en date du 24 juin
2000 quelque chose ? Je suis fatigué de voter
fédéraliste à des référendums qui
sont supposés porter sur la souveraineté. Deux fois,
cest assez ! Si on recommence une troisième fois, avec
la même ambiguïté, ce sera NON!
29 mai 2002