La fête
de la Saint-Jean-Baptiste, la fête nationale des
Québécois, permet, chaque année, de
présenter au petit écran les talents artistiques,
nouveaux et anciens du Québec.
La brochette
d'artistes qui ont fait la fête dans la Vieille capitale
méritent toutes nos félicitations. L'animateur fut
impeccable. Les artistes, enjoués et pleins d'entrain, ont
fait chanté la foule tard dans la nuit à la grande joie
des participants. Dans l'ensemble, au Parc Maisonneuve, le lendemain,
tout s'est déroulé tout aussi bien. Même
ambiance, même souci du rythme, même entrain. Le
Québec peut être fier de ses artistes, de ses
auteurs-compositeurs, de ses chanteurs et de ses musiciens.
Malheureusement, la petite sortie d'Éric Lapointe, drapeau en
main, m'a déplu au suprême degré. Le drapeau, qui
est l'emblème d'une nation, qui sert habituellement de signe
de ralliement, méritait mieux que cela.
Langage vulgaire
Comment
expliquer que le rocker, revenant sur scène, drapeau à
bout de bras, voulant sans doute faire son petit numéro
patriotique, a trouvé le moyen de nous lâcher un
«cr... de grosse gang», pour dire à l'ensemble du
Québec qu'il n'était pas seul à fêter en
ce jour de la Saint-Jean? Et la blague sur le «cul»
n'était guère de bon aloi. Le «cul» ne
règle pas tous les problèmes, Monsieur Lapointe. Dans
bien des cas, il les multiplie. L'histoire est là pour le
prouver. Est-il nécessaire, pour fêter au Québec,
de lâcher des sacres, de mépriser la religion de nos
ancêtres ? De plus, lorsque quelqu'un porte le drapeau, il doit
le faire avec toute la dignité que l'acte comporte. Les
Américains, en général, lorsqu'ils sont devant
leur drapeau , mettent la main sur leur coeur et vibrent aux accents
de leur hymne national. Ici, on semble avoir oublié cela. On
se permet, devant le drapeau du Québec, des propos qui sont,
pour le moins, désobligeants. Des propos
déplacés, qu'il ne convient pas de lancer à la
volée, justement parce que l'on se trouve devant le drapeau national.
Manque de dignité
Éric
Lapointe a du talent, mais il n'a pas prouvé qu'il avait la
dignité pour porter notre emblème national, notre
drapeau fleurdelisé. Mon souhait le plus cher est que le
rocker s'excuse d'avoir posé ce geste à la face de tout
le Québec. Un autre souhait: que les organisateurs de telles
fêtes ne permettent plus de tels gestes, lors de ces
rassemblements. Le peuple a le droit d'exiger qu'on respecte les
symboles les plus importants de la nation. La nôtre fut
tricotée par sa foi et par sa langue. La dernière, la
langue, doit être respectée tout autant que la
première, la religion de nos devanciers. L'histoire requiert
de telles exigences.
27 juin 2002