Depuis quelques
semaines, l'ancien évêque de Gaspé, Mgr Raymond
Dumais, est devenu évêque émérite. La
raison ? Il a quitté son diocèse, d'abord, pour raison
de maladie, puis, parce qu'il est tombé amoureux d'une femme.
Au début de
l'Église, selon l'apôtre Paul qui écrivait
à son disciple Timothée, il n'en était pas
ainsi. Celui qui aspire à la charge d'évêque, dit
l'apôtre des Gentils, désire une noble fonction. Aussi,
faut-il que l'évêque (épiscope) soit
irréprochable, mari d'une seule femme, qu'il soit sobre,
pondéré, courtois, hospitalier, apte à
l'enseignement, ni buveur ni batailleur, mais bienveillant, ennemi
des chicanes, détaché de l'argent, sachant bien
gouverner sa propre maison et tenir ses enfants dans la soumission
d'une manière parfaitement digne. Car celui qui ne sait pas
gouverner sa propre maison, comment pourra-t-il prendre soin de
l'Église de Dieu ?(Première épître
à Timothée, chap 3, versets 1 à 6).
La discipline du
célibat n'était pas obligatoire dans la primitive
Église. Paul fait même un devoir à
l'évêque de se marier. La réussite de sa vie
conjugale devient le critère fondamental qui lui permet
d'aspirer à diriger un diocèse.
Mgr Dumais a
été sacré évêque, il y a sept ans,
dans le diocèse de Gaspé. Il a reçu la
plénitude du sacerdoce. Le chrétien reçoit,
à son baptême, une marque indélébile qui
ne lui permet pas de se débaptiser, comme le voudraient les
Raëliens. L'évêque Raymond Dumais a reçu,
lors de son ordination épiscopale, une marque
indélébile autrement plus importante. On dit du
prêtre qu'il est prêtre pour l'éternité,
peut-il en être autrement pour l'évêque qui
abandonne ses fonctions ? Peut-il être « réduit
» à l'état laïc ?
Raymond Dumais restera,
il me semble, prêtre et évêque à jamais et
pour l'éternité. Il peut bien se marier, s'il le veut.
Il deviendra alors le premier évêque catholique
marié au Canada. En cela, il fera revivre une tradition
apostolique mise au rancart au cours des siècles. À la
différence, cependant, que dans la primitive Église, le
processus se faisait à l'inverse. On se mariait et ensuite on
pouvait devenir évêque ou prêtre. Le chemin
inverse est-il possible ? Jean-Paul II et un certain nombre de
savants en droit canon nous donneront leur avis sur le sujet d'ici
quelques mois.
11 décembre 2002