Les simples
députés sont des drôles de moineaux, un peu
partout dans le paysage éparpillés. Ils sont même
parfois, comble de l'absurdité, parachutés dans nos
comtés. La plupart du temps, lorsqu'on entend parler d'eux,
c'est pour annoncer une subvention à une compagnie qui, en
principe, n'en aurait pas besoin pour bien fonctionner. C'est pour
nous dire que tel chemin depuis longtemps qualifié sentier de
la mort va enfin devenir le boulevard de la vie tant de fois
espéré. (...)
Le jour
où les députés diront à leurs commettants
que la subvention qu'ils viennent annoncer est bel et bien l'argent
que le peuple a bien gagné, les gens commenceront à
penser que le rôle du simple député est bien
autre chose qu'un père Noël déguisé, un
coupeur de ruban rouge ou bleu.
Le simple
député peut bien croire que son rôle est de
beurrer son comté de subventions bien calculées. J'ai
toujours cru qu'il était d'abord et avant tout un
législateur invétéré. Son travail
consiste à faire de bonnes lois, peu de lois, et d'en
expliquer la teneur à ceux qui l'ont élu quelques
années auparavant. Malheureusement, la plupart sont rapidement
transformés en guignol du peuple amusé.
La cote du
simple député a une longue côte à
remonter. Si chaque député reprenait le rôle qui
lui est dévolu, l'électeur pourrait sans doute le
prendre au sérieux lorsqu'il irait voter. Le simple
député est avant tout un législateur, comme le
médecin est un dispensateur de soins de santé. Ce
dernier redonne santé au patient allongé. Le simple
député redonne santé à la
société, par de bonnes lois sagement votées,
afin qu'elle puisse mieux fonctionner.
24 février 2002