Le journal LA
PRESSE annonce ce matin, à la une, que Michel Brien,
député bloquiste de Pontiac-Témiscaminque
abandonnera son poste, après Noël, pour se lancer sur la
scène provinciale. Qui plus est, le jeune whip du Bloc
passerait à lAction démocratique. Cest
assez pour en perdre mon latin.
Jai
toujours pensé et écrit que laventure du Bloc
à Ottawa était une stupidité historique et je
continue à le croire, à la lumière des
événements qui sannoncent. Le Bloc
québécois devait se faire élire à Ottawa
pour la tenue du référendum de 1995. Logiquement,
celui-ci passé et perdu en plus, les députés
devaient démissionner en bloc. Lélection de 1993
gagnée, le référendum passé, ces bons
députés se sont cependant tous trouvés une
raison pour rester dans le pays quils voulaient quitter (?).
Mon oeil!
Après
avoir berné les gens avec un slogan aussi creux que «On
se donne le vrai pouvoir!» (tout en restant dans
lOpposition officielle ou pas), les députés
bloquistes se sont tous trouvés une raison pour allonger leur
passage, en principe éphémère, sur la colline
parlementaire, pour sagripper à une fonction, qui, une
fois délaissée, leur donnerait une solide pension
venant dun pays et dun gouvernement quils
condamnent du bout des lèvres, chaque jour, à la
période des questions.
Laventure
de Michel Belhumeur dans Joliette et celle de Stéphane
Tremblay, qui a failli tourner à la catastrophe, montrent bien
que tous ces gens ne croient pas à la cause de
lindépendance du Québec. Ils cherchent, à
plus ou moins long terme, à perpétuer une
carrière, à différents niveaux; ils cherchent
à construire une nouvelle carrière qui leur permettra
éventuellement daller quérir deux pensions
à vie : lune venant du pays quils veulent quitter
et lautre venant du pays qui ne naîtra sans doute jamais.
Ces gens-là, me font rire à mort lorsquils disent
quils sont à Ottawa pour défendre les
intérêts du Québec : ils défendent leurs
propres intérêts. Point final!
Jinterroge
donc publiquement les convictions souverainistes de ce Monsieur
BRIEN qui quittera, semble-t-il, les banquettes dOttawa, pour
venir oeuvrer dans un parti qui demande, en partant, de ne plus
parler de souveraineté pendant x années, qui stipule,
en partant que la cause nationale nest pas sa priorité.
Jinterroge monsieur Brien et je le défie de nous dire
où sont ses convictions souverainistes, puisquil
sapprête à saligner avec un parti qui ne
lest pas?
Si Brien
sen va à lADQ, en maintenant ses supposées
convictions souverainistes, je ne désavoue pas son geste, en
principe. Mais, si cest par goût de prolonger une
carrière ailleurs, sentant bien que celle dans laquelle il
est, achève, là je ne suis pas daccord. Il faut
de toute urgence que ce cher Monsieur nous dise sil est
toujours indépendantiste. Ensuite, on pourra juger de la
légitimité de son geste.
Vite un
mouvement souverainiste, indépendant de partis politiques!
Sinon, plus personnel ne croira plus personne tantôt.
Quest-ce que je dis ? Mais voyons donc! Cest
déjà fait!
16 décembre 2002