Les
élections partielles de lundi dernier démontrent que le
Parti québécois est une coquille vide. Après
sêtre aliéné les plus radicaux du parti,
après avoir oublié de transmettre la flamme
nationaliste aux plus jeunes, après avoir méprisé
et rejeté ceux qui ont vu naître le parti et qui
lont bâti à bout de bras, après avoir
oublié de lutter dans la clarté pour une cause qui
était exceptionnellement belle et légitime, il se
retrouve avec une belle structure politique, vide, sans consistance,
contemplant des dégâts quasi irréparables pour
lavenir dun peuple de plus en plus fragile.
René
Lévesque voulait que la politique sadresse à
tout le monde. Les assemblées publiques quil multipliait
permettaient de rencontrer le monde. La structure actuelle du parti
quil a fondé est devenue froide, liée aux
médias, loin de la population. On ne bâtit pas un pays
avec des caméras, des entrevues, des conférences de
presse. On bâtit un pays en allant voir ceux qui travaillent
depuis toujours à le construire.
Le
PQ, il faut bien lavouer, a failli à la tâche.
Nous souhaitions faire un pays différent et plus fraternel que
celui dans lequel nous étions. Le gouvernement actuel est
incapable de nous montrer ce pays qui serait différent. Il
convient donc de rester dans le pays où lon est, parce
que personne nest capable de nous dire dans quel pays on
sen va.
Il me
reste un pays à nommer. Il me reste un pays à te dire.
Il est au tréfonds de toi. Na ni président, ni
roi. Il me reste un pays à changer. Personne, pour le moment,
nest capable de me dire en quoi il peut être
différent de celui que lon veut quitter. Cest
pourquoi tant de gens hésitent à quitter le pays
actuel. Il ny a quun chemin à prendre pour trouver
le pays : celui de la liberté ! Toute autre voie ne mène
nulle part.
4 octobre 2001