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La petite Thérèse a-t-elle détrôné son propre Dieu ?
 

      Le samedi 1er décembre, visitant la parenté de la région de la Vallée de la Matapédia, je me rends, à 4 h, à la messe dominicale du premier dimanche de l'Avent, en l'Église Saint-Benoît-Labre d'Amqui. Surprise ! Le tabernacle qui contient les Saintes Espèces, le Christ présent dans l'Eucharistie, a été déplacé sur une petite table d'appoint, sur le côté droit de l'église. Celui-ci a été remplacé par une statue, grandeur nature. Je crois imaginer la statue de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.

J'apprends, en lisant rapidement le bulletin paroissial, que les ossements de la sainte seront à cet endroit, lundi, tard dans la soirée. Humble, toute petite, n'étant jamais sorti de son monastère, la sainte, aux mains remplies de roses, serait sans doute surprise qu'on lui donne tant d'importance dans une église catholique de rite romain.

Rentrant chez moi, je raconte le tout à des amis, qui n'en reviennent tout simplement pas.

L'Église catholique a beau faire tout un événement autour de cette tournée de l'humble carmélite, n'est-ce pas aller trop loin que de déplacer le tabernacle pour lui donner une place aussi privilégiée ? Cette place est réservée, habituellement, à la Présence réelle. Thérèse, on peut l'imaginer, serait bien gênée de prendre ainsi la place de son Seigneur qu'elle aimait de tout son coeur ! Qu'on entre dans l'église les ossements de la sainte, je n'y vois aucun inconvénient, mais qu'on les dispose à un endroit qui ne leur est pas dédié heurte le gros bon sens.

La statue de plâtre, même celle de sainte Thérèse, ne doit jamais détrôner la présence réelle de Jésus dans le Saint-Sacrement. C'est un accroc très grave aux convenances liturgiques et à la bonne logique. Ceux qui en doutent, y compris le clergé, n'ont qu'à consulter les documents du concile Vatican II, partie sur la Sainte Liturgie. Après avoir évacué toutes les statues, après le concile, celles-ci sont en train de prendre maintenant une place qu'on ne leur avait jamais réservée.

Qui fera comprendre le gros bon sens à ceux qui ont posé le geste de déplacer le tabernacle de cette église pour y placer une statue de plâtre ? Je cherche autour de moi une personne en autorité qui remettra les choses à leur place. Si vous la trouvez, dites-le moi : j'aurais aussi deux ou trois petites choses de plus à lui dire au sujet de la liturgie catholique de rite romain, qui, sur d'autres points, s'en va directement chez le diable ! Sinon, je devrai conclure qu'il n'y a pas de différence entre l'hostie consacrée et un plâtre artistiquement bien moulé. Dans mon langage de jeunesse, on appelait cela un sacrilège !

9 décembre 2001
   

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