Mon
Dieu, éternel Paraclet, je Vous adore,
Vous qui êtes la lumière et la vie de mon âme.
Vous auriez pu Vous contenter de m'envoyer du dehors de bonnes
pensées, la grâce inspiratrice et le secours. Vous
auriez pu me conduire ainsi dans la vie et me purifier seulement,
par votre vertu intérieure, quand j'aurais quitté
ce monde et subi ce grand changement du passage dans l'autre.
Mais, dans votre infinie compassion, Vous êtes, dès
le principe, entré dans mon âme, Vous en avez pris
possession et Vous en avez fait votre Temple. Vous habitez en
moi d'une manière ineffable par votre grâce, m'unissant
à Vous et à toute l'assemblée des anges
et des saints.
Plus encore, comme plusieurs l'ont soutenu, Vous êtes
présent en moi, non seulement par votre grâce,
mais par votre éternelle substance,
comme si, quoique ne perdant pas ma propre individualité,
j'étais en quelque sorte, ici-bas même, absorbé
en Dieu.
Et comme Vous avez pris possession de mon corps même,
de ce misérable et terrestre tabernacle de chair, mon
corps même est aussi votre Temple.
O étonnante, ô redoutable vérité
! Je le crois, je le sais, ô mon Dieu ! [...]
Cardinal Newman (1801-1890)