Quand statistiques Canada a publié son dernier sondage sur la violence conjugale la semaine dernière, il était difficile de savoir s’il fallait rire ou pleurer.
D’abord, la bonne nouvelle : les homicides d’épouses ont dramatiquement diminué au cours des dernières années.
En moins d’une génération, le taux de meurtres d’épouses par leur mari a diminué de moitié—de 15 meurtres par millions de couples en 1979 à 7 par million en 1998. Le taux de meurtres de mari par leur épouse a diminué également de moitié, soit deux par millions de couples.
Mais ce n’est pas tout. Seulement 8% des femmes et 7% des hommes disent avoir connu un incident violent avec leur partenaire au cours des 5 dernières années. (dans cette étude, «violence » veut dire bousculer, pousser, retenir et lancer des objets aussi bien que battre ou poignarder.
Comme la grande majorité de ces incidents ont eu lieu entre des ex conjoints, seulement 2% des femmes et des hommes rapportent de la violence avec leur présent partenaire au cours de l’année qui finit.
En d’autres mots, 98% des Canadiens jouissent d’une relation dans laquelle même la forme la plus mineure de conflits physiques est inexistante. La très grande majorité de nous sommes en sécurité dans nos maisons. Le mari type, comme l’épouse type n’est pas une brute violente.
L’autre bonne nouvelle est que la violence conjugale est clairement associée à la jeunesse—peut-être parce que les gens font de meilleurs choix en vieillissant ou que la plupart des crimes diminuent avec l’âge. Alors que 5%des femmes de moins que 25 ans rapportent quelques violence dans leur relation actuelle, cela décroît d’une façon constante jusqu’à 1% pour les femmes 45 et plus. ( le même pattern s’appliquant à la violence contre les hommes). Les femmes de moins de 25 ans ont 2 fois plus de chances d’être assassiner par les époux que les femmes de 25 à 44 ans. Les hommes, également, ont 5 fois plus de chances d’être assassinés avant leur 25ième anniversaire que ceux âgés de 45 à 54.
Maintenant, les mauvaises nouvelles : à la suite de la publication de cette étude, les activistes de la Violence-Contre-Les-Femmes se sont déshonorées en insistant sur le fait que les abus contre les époux ne valent pas qu’on s’en soucie. Le seul fait de demander aux hommes—autant qu’au femmes—combien de fois ils ont reçu des menaces, des coups de pieds ou des claques est, d’après Vivien Green, coordonatrice de Women Abuse Council of Toronto est «criminel ».
« Je crois vraiment que c’est complètement irresponsable.
C’est criminel. Ça frappe la réalité de la vie des
femmes en pleine face » a-t-elle déclaré aux journaux
après avoir appris que Statistiques Canada avaient recueilli
des données sur les abus subis par les mâles.
Maintenant, voyons. Prendrions nous au sérieux un travailleur
de prévention du suicide qui dirait qu’il est criminel de recueillir
des données sur les suicides de femmes et qui croiraient que ce
faire « frappe la réalité de la vie des hommes en pleine
face » parce que 4 suicides sur 5 sont commis par les hommes ?
Cette personne qui verrait ce vécu des femmes comme totalement
inapplicable serait immédiatement reconnue pour ce qu’elle est :
épouvantable, sans-cœur et étroite d’esprit.
Pamela Crost, une autre activiste de Sarnia, Ontario, a également répondu d’une façon scandaleuse. « Il est entendu que personne ne devrait faire face à la violence » a-t-elle dit au média, « mais je ne suis pas prête à prendre deux minutes de mon temps pour réfléchir à une stratégie qui ferait que les Canadiens prendraient la violence contre les hommes au sérieux, alors que nous n’avons jamais pris la violence contre les femmes avec suffisamment de sérieux »
Comme plusieurs de ses collègues, madame Crost sans aucun doute, voit la violence des femmes comme sans importance puisque trois femmes ont été tuées par leur époux pour chaque homme tué par son épouse au cours des dernières 20 années. D’après cette logique, il n’y a aucune raison de prendre 2 secondes pour la recherche sur le cancer du sein –puisque 15 fois plus de gens meurent de problèmes cardiaques que du cancer du sein chaque jour.
Quand les historiens regarderont les années présentes, ils se gratteront la tête devant l’hypocrisie des féministes activistes qui insistent sur le fait que «aucune violence n’est acceptable » quand l’attaquant est mâle, mais qui ne manque jamais l’occasion de minimiser la violence quand elle est commise par une femme.
Pour de telles personnes, les abus ne sont plus la question en jeu. Leur principal soucis est le ruban à mesurer qui indique qu’un petit nombre d’hommes qui se comportent avec violence inflige plus de dommages qu’un petit nombre de femmes qui se comportent avec violence.
Alors quoi ?
La violence conjugale n’est pas un concours pour qui souffre le plus. Ce n’est pas une discussion sans raison sur le degré auquel un sexe ou l’autre est porté à des mauvais comportements. C’est à propos d’enfants qui grandissent dans des familles ou ni un ni l’autre des parents ne frappe, ne mord, ne donne des coups ou n ‘étrangle l’autre.
Donna Laframboise, National Post, 1er août 2000
Traduction : Grangalo