Éditorial
      18 février 2001
La semaine de la prévention du suicide se termine. J’ai lu tout ce qui m’a tombé sous la main. J’ai écouté ce qu’on en disait à la télé, à la radio...

De nombreuses bénévoles sont venues se taper les bretelles, (elles aimeraient bien en avoir) à propos de tout ce qu’elles font pour prévenir le suicide. Elles nous ont parlé de tous ces  hommes, presque tous des pères qui se suicident. (La question
       qui me brûlait était : Que comprend une femme au suicide d’un  homme ?)

Je n’ai entendu personne discuter des causes du suicide qui, elles nous l’ont expliqué, frappe en grande majorité des hommes de 20 à 40 ans, et constitue la cause première de mortalité de cette classe de gens
                             .
Personne, en fait, n’a expliqué que dans un grand nombre de cas, au moment de leur suicide, ces hommes étaient déjà morts !
Qu’ils ne faisaient que rendre physique leur mort  psychologique.

 Et pourtant.
Pendant la semaine de prévention du suicide , les journaux  nous ont rapporté deux cas de suicide de père, fraîchement divorcés qui s’étaient enlevé la vie entraînant avec eux deux  enfants. Cela faisait suite aux articles des semaines précédentes qui rapportaient d’autres cas semblables.
Personne ne nous a dit que ces hommes avaient, à toute fin  pratique, perdu légalement le droit à tout contact significatif avec leurs enfants, alors qu’un étranger y prenait leur place , qu’ils avaient perdu leur espoir de voir grandir leurs enfants dans leur famille, qu’ils allaient être ou étaient déjà condamnés  à verser une pension alimentaire indécente sans droit de regard de l’utilisation que leur ex en ferait, qu’ils étaient traités comme des moins que rien par la société...

Personne n’a dit qu’ils étaient psychologiquement morts bien avant de commettre l’irréparable.

 Personne ne nous a dit, que ces hommes désespérés ne trouvaient d’oreille attentive nulle part, les organisations anti-suicide étant généralement noyautées par des femmes, et personne ne nous a expliqué que la dernière personne à qui ils auraient voulu dire leur douleur et leurs frustrations étaient des  femmes...

L’après-rupture est actuellement le seul organisme voué entièrement à l’aide aux pères divorcés et/ou séparés qui possède un réseau téléphonique ouvert 24 heures sur 24, et ce dans plusieurs région du Québec,  le seul ou des hommes sont assurés de parler à leurs pairs...

Cet organisme, n’est pas subventionné par les instances gouvernementales, n’étant ni de pensée unique ni de pensée
       féministe. Il est dépendant de la générosité du grand publique, et des pères qu’il aide.

Si vous croyez que le suicide des pères a assez duré, si vous croyez que le nombre d’orphelins est suffisant, vous pouvez
        contribuer sinon de votre temps, peut-être de votre argent.

Jean-Claude Boucher
Président, L'après-rupture

            Pour contacter L'après-rupture: http://lapresrupture.qc.ca
info@lapresrupture.qc.ca