La socialisation des enfants domestiqués

La pensée unique exige que les enfants soient socialisés, le plus possible et le plus jeunes possible.

Les grands ponces de la pensée unique imaginent que si les enfants sont socialisés, il n’y aura plus de ségrégation, que nous serons tous des frères.  Pour eux la nature humaine est simple…comme leur esprit!

Pour socialiser un enfant, ces grands penseurs (panseurs ?) ont imaginé qu’il suffisait de mettre les enfants en contact les uns avec les autres, et de leur faire croire qu’ils sont tous des amis.

Facile, non ?

Profitant du fait que les bougalous ont accepté que les enfants doivent être en garderie dès leur plus jeune âge, on les a donc rassemblés par groupe d’âge et les voilà en contact avec leurs ‘amis’, et seulement avec leurs ‘amis’ et ce, dès leur plus jeune âge…en garderie.

Le tour est joué :  les enfants acceptent d’être ainsi avec leurs semblables (c’est là le vœu de leurs parents), et d’apprendre les uns des autres.

Les plus malléables apprennent à parler des plus débrouillards qui eux ne savent pas encore plus de trois ou quatre mots et n’en prononce correctement aucun.  Les plus influençables apprennent à penser des plus fanfarons qui eux, ne pensent pas du tout, tout occupés qu’ils sont à leurs singeries…

À la maternelle, ils ne doivent jouer qu’avec leurs compagnons de classe, leurs amis, et là encore ils apprennent les uns des autres.  Il leur est fortement déconseillé de parler aux grands du primaire, sinon, carrément défendu.

Même scénario au primaire qui voit ces enfants ignares être séquestrés par niveau d’ignorance.

Dans les familles, on les envoie jouer dehors quand les adultes doivent se parler, et souvent même quand ils ne se parlent pas.  Après tout, les enfants n’ont pas droit d’opinion, puisqu’ils ne sont que des enfants !  On ne les laisse participer à aucune tâche collectives, on les met au ban de la vie réelle…

Les petits avec les petits !

Plus tard, on les rencontre au Cégep,  adolescents ayant un vocabulaire plus pauvre que ne l’avaient les plus démunis de nos ancêtres agriculteurs, et qui ne savent exprimer leurs sentiments ou leurs idées que par des : C’est cool ou, c’t’éceurant, qui veut dire n’importe quoi si vous ne voyez pas l’expression du visage de votre interlocuteur.

Et les apôtres de la pensée unique continueront de rêver à un monde meilleur, où les jeunes adultes n’auront aucune ségrégation envers les groupes sociaux avec lesquels ils n’ont eu aucun contact !

Habitués qu’ils sont d’être par groupe homogène, ils seront des candidats extraordinaires pour la pensée unique de demain, étant complètement fermés à toute pensée, agissant uniquement en conformité avec leur groupe propre.  Ils seront des consommateurs idéaux, des acheteurs de voitures japonaises blanches, des voisins gonflables, des fans de l’artiste populaire, des mordus du sport à la mode, des « renouvelleurs » de garde-robe, des suiveurs de régime amaigrissants, des adeptes du ‘ tout le monde le fait, fais le donc ! ’.

Le système d’éducation pourra toujours investir autant de millions qu’il pourra pour un meilleur français dans les écoles, c’est la pauvreté de la pensée qu’il faut soigner, pas la pauvreté de la langue.
 

Alors, rêvons.
 

D’un monde où les enfants pourraient et devraient se mêler à l’ensemble de leur société…

D’un monde où ils auraient droit de parole autant avec les adultes qu’avec les enfants…

D’un monde où ils pourraient eux-mêmes choisir leurs amis, choisir les gens qui leur paraissent enrichissants, sympathiques…

D’un monde où les enfants auraient droit au respect de la langue…en d’autre terme d’un monde où les adultes utiliseraient les mêmes mots avec les enfants qu’ils utilisent avec les adultes, de façon à ne pas leur faire croire qu’ils sont de petits cons…

D’un monde où les enfants n’auraient pas à être bilingues…c’est à dire ne plus devoir d’abord apprendre le langage des bébés puis plus tard celui des adultes…

Rêvons d’un monde où les enfants seraient considérés comme des humains à part entière…

D’un monde où les enfants auraient droit à la dissidence…

Grangalo