Les landrineries
Ah, les journalistes! Je me suis fait dire par
au moins deux d’entre eux que si un politicien qu’ils aiment prononcent des
bêtises, même devant les caméras, ils ne vont pas en parler
mais que si le politicien leur tape sur les rognons, ils relèveront
chaque mot, chaque attitude et les dénonceront. C’est ainsi que l’on
peut voir une Presse libérale, et un Devoir péquiste, par exemple.
Pauvre Bernard Landry! Qui n’a pas, parmi tous
les politiciens et même les politiciennes, proclamé que les
groupes de femmes commencent à leur tomber sur les nerfs! En tout
cas, moi, je ne m’en suis jamais privé. Les féministes ont-elles
encore leur place au Québec? Elles voulaient travailler à l’extérieur?
Elles ont envahi le marché du travail. Elles occupent des postes de
direction et obtiennent des salaires assez équitables quoiqu’on en
dise. Les femmes voulaient des hommes roses? Elles les ont eus ainsi qu’une
recrudescence monstre de roses nananes. Les femmes voulaient partager l’éducation
de leurs enfants? Elles ont les garderies et tous les problèmes qui
vont avec. À vouloir aller «bosser» (dans le sens québécois
du terme) dans les édifices à bureau, elles ont perdu le sens
de la famille qui pourtant, de toutes les époques, a reposé
sur leurs épaules. Mais qu’est-ce qui s’est donc passé pour
que, demeurer à la maison pour élever ses enfants, soit devenu
aussi rétrograde? Mais regardez-les donc se lever à 5h30 du
matin, courir entre la garderie et le bureau, se crever au travail et revenir
ensuite à la maison pour constater que les tâches sont encore
toutes là! L’épicerie, le lavage, le ménage, les devoirs
et les leçons. Mais que s’est-il donc passé?
(Au risque de me faire accuser de proférer
des landriseries), il s’est passé que les groupes de femmes sont arrivés.
Elles ont crié qu’était bien nounoune celle qui restait à
la maison pour élever ses petits. Elles ont hurlé que l’homme
est un être violent parce qu’une poignée d’entre elles avait
un conjoint violent. Elles ont chuchoté que les enfants ne sont pas
qu’affaire de femme et qu’il fallait d’abord s’épanouir.
Voilà le mot : s’épanouir.
Je ne connais pourtant pas une femme qui a des
enfants et qui soit épanouie au travail. Parce que, même si
elle a une responsabilité d’homme au bureau, reste qu’elle est toute
chamboulée quand le petit a une amygdalite ou qu’il a des troubles
de comportements. Les féministes ont oublié qu’elles resteraient
éternellement attachées à leurs responsabilités
parentales. Et s’épanouir passe par l’égoïsme, invariablement.
Alors, quand le premier ministre Landry dit : «
Parlez-moi pas des groupes de femmes», que veut-il dire? Il veut dire
que tant qu’il y aura des groupes de femmes, cela signifiera que nous sommes
loin de l’égalité des sexes; que les groupes de femmes tiennent
l’homme en joue; que l’ennemi n’est pas loin.
Je compare toujours ça aux groupes de femmes
écrivaines ou de femmes propriétaires de dépanneur.
À toujours se distancier des groupes d’hommes, on affirme par le fait
même que les femmes ne font pas partie intégrante des écrivains
ou des propriétaires de dépanneurs. C’est la théorie
des ensembles qu’on enseigne dans les écoles.
J’haïs ça!
Alors, au lieu de critiquer Bernard Landry parce
qu’il dit une vérité difficile à accepter, demandons-nous
si le féminisme, donc les groupes de femmes, a encore sa place dans
une société où la femme est devenue la boss des bécosses!
Francine Allard
Mars 2003