L'autre jour, je suis allée
à un souper rencontre. J'ai veillé avec soin à
mettre tous mes atouts en valeur
mais sans trop exagérer quand-même (genre
beau décolleté
mais pas au point de voir mon voisin de table s'étouffer en
avalant sa soupe),
les yeux savamment décorés et ornés de faux
cils me
donnant un air de chattemite.
J'étais prête à affronter toute la gent
masculine.
Je ne suis pas d'accord avec ceux qui prônent que le physique
ne devrait pas occuper une place
si importante, n'oublions pas que c'est la
première chose qui nous
frappe en voyant une personne.
Avant de partir, j'ai invoqué
mes anges et presque tous les saints du ciel
pour que m'apparaisse l'oiseau
rare. J'en avais des gargouillis dans le
ventre tellement j'avais le
trac. Pour moi, aller seule à cette soirée
représentait un grand
défi.
En arrivant, on m'a accueilli
par un baiser sur la joue ; disons que ça
augurait bien et on m'a placée
à une table (un homme, une femme, un homme,
une femme, etc.). Je suis
allée à la salle de bain, histoire de vérifier
si mon look avait résisté
jusque là et à mon retour je l'ai aperçu à
ma
table, à côté
de moi, le coup de foudre quoi ! Il m'a abordée et j'ai
craqué pour son sourire,
son ramage genre "est-ce que je peux te dire que
tu es une m...... belle
femme", etc. Il m'a promis mer et monde, la magie
dans ma vie, vous savez le genre
de discours qui nous laisse facilement
échapper le fromage
(réf. Le Renard et le Corbeau). Je planais, je
voulais tellement être
en amour et que ce soit enfin le bon, Pendant que
le rêve fait place à
la réalité, c'est l'euphorie, le bonheur, on plane,
on voudrait que la terre s'arrête
de tourner.
Malheureusement, j'ai vite déchanté;
les belles promesses n'étaient que
baratin, le bel étalon
s'est transformé en canasson. La réalité m'a
fouettée le coeur, me
laissant décontenancée et surtout déçue.
Malgré tout, le goût
de retourner à la chasse demeure toujours présent,
mais disons que la prochaine
fois, je prendrai le temps nécessaire pour
apprivoiser et mieux connaître
le bel oiseau . Il faut toujours savoir
tirer profit de ses déboires
et comme le phénix, renaître de ses cendres.
Ainsi on a l'impression d'avoir
gagné quelque chose et ça nous donne du
poil aux pattes pour recommencer.
Marielle.