Francine Allard
25 décembre 2002
Pardonnez, c'est Noël!
Depuis environ un an, je reçois énormément de courrier en provenance de l’Après-rupture, cette association d’hommes séparés surtout de leurs enfants. A cette voix, s’ajoute souvent celle de l’association des femmes «seconde conjointe». Ou troisième. Ou quatrième. Ces femmes semblent démontrer une ouverture d’esprit hors de l’ordinaire. Ça me rend mal à l’aise. Parce que moi, les deuxièmes conjointes que je connais ont tout fait pour que leur amant se sépare de sa femme. À part de rares exceptions, la «deuxième» a été à la source de la guerre entre leur nouveau chum et leur ex-femme. Je sais qu’il ne faut pas accuser ces femmes qui ont «ramassé» un pauvre homme qui était malheureux avec sa conjointe (ne le sont-ils pas tous quand on les rencontre pour la première fois dans un bar?), qui doivent «endurer» les enfants qui viennent passer la fin de semaine à tous les 15 jours, qui ont le grand défi d’être meilleure que la première, sans dire de conneries devant les enfants du conjoint, en les aimant comme s’ils étaient les siens.

Je ne suis pas à l’aise avec les associations de nouvelles conjointes qui viennent parler du bonheur des enfants.

Je ne suis pas à l’aise avec le fait qu’elles se prononcent haut et fort pour que leur chum puisse voir ses enfants, justement parce qu’elles seront toujours une étrangère pour ces enfants-là. Parce qu’elles cherchent à remplacer leur mère dans la vie familiale avortée. Parce que les femmes extraordinaires qui savent rester à leur place, c’est-à-dire, se contenter d’être la blonde de papa, celles-là n’ont pas besoin de se regrouper en association.

Quand comprendrons-nous qu’un couple avec enfants qui se sépare, et surtout qui remplace le conjoint ou la conjointe par une personne prétendument plus conforme que la première, ne pourra jamais rendre des enfants heureux. Oui, il y a des exceptions. Mais il faut aller dans les écoles pour constater le désastre. Il faut s’imprégner de la littérature jeunesse pour constater avec amertume que la majorité des parents dans les histoires, sont séparés et que chaque fois, les enfants dans ces mêmes histoires sont extrêmement malheureux. Il faut voir ce que la vie de couple signifie pour tous ses enfants qu’on a abandonnés. Et l’estime de soi. Et la hargne qu’ont semée les conjoints séparés dans la tête de leurs enfants.

Je n’ai qu’un vœu pour 2003. Consultez! Consultez les psychologues spécialisés en matrimoine (je viens d’inventer un mot). Parlez avec vos amis qui ont de belles relations de couple. Et pour l’amour de vos enfants, pardonnez! Et dites-vous que ce n’est jamais mieux ailleurs puisqu’il est prouvé que la plupart ira résolument vers le même genre de conjoint(e).

Oui, pardonnez. Il n’y a rien de mieux que cette notion désuète pour rendre l’Homme semblable à Dieu. Et pour rendre sa noblesse à n’importe quel cocu.
 
 

Les féminazistes
Voilà une appellation extrémiste qui n’est pas de moi mais des hommes qui en ont assez de l’hégémonie féministe. Le féminazisme est un néologisme d’une grande violence qu’ont inventé certains hommes victimes de l’intransigeance des femmes. Celles qui, entre autres, célèbrent paradoxalement chaque 6 décembre, l’affaire Marc Lépine pour nous rappeler à tous l’horreur dans toute sa plénitude. Bien oui, j’ai été effrayée par ces 14 meurtres de Lépine à la polytechnique de l’Université de Montréal. Mais, je n’arrive pas à comprendre que l’on puisse se remémorer année après année, ces meurtres de 14 jeunes filles, en s’en servant comme une arme contre tous les hommes. Les féministes accentuent l’affaire sordide comme un message haineux envers tous les hommes, utilisant cette journée comme le 11 novembre-jour de l’armistice-  on se rappelle les soldats morts à la guerre. Ce pourrait-il que la plupart des hommes aient vu, eux aussi, en Marc Lépine, un méchant malade?

Moi, j’en connais des hommes machos. Je connais au moins un petit trouduc qui a violé à plusieurs reprises son ex-conjointe, qui a raconté des horreurs à sa fille, qui a pris des photos incriminantes de son ex pour ensuite vouloir les montrer à sa fille «pour qu’elle voit quelle putain était sa mère»; qui a volé ses proches pour se procurer de la cocaïne, qui a été jaloux à faire chier des gens de sa famille qui ont réussi. Il y en a autour de vous des types qui méritent la haine qu’on ressent pour eux. Il y en a des interlocuteurs qui n’ont comme toute réponse que des coups de poing à la figure et des paroles violentes qui tuent presque avec autant de certitude.

 Mais il y en a tant qui ne méritent pas le sort que leur réserve leur ex conjointe, qui ne méritent pas que le Doc Mailloux les traitent de «Gusses» en préjugeant qu’ils sont tous des merdes; qui mériteraient de voir leurs enfants autant de fois qu’ils le veulent. Et c’est là que le féminazisme frappe sans discrimination, sans jugement, et sans relâche. Sur tous les hommes sans faire le tri. Sur tous les pères, sans reconnaître qu’il y a souvent erreur sur la personne.  Pour ces féministes extrémistes, toutes les femmes sont des victimes et tous les hommes sont des coupables. Et selon un diktat du psychiatre Mailloux, absolument tout a rapport à la bandaison!

C’est pour cette raison que je suis contre la cérémonie annuelle du 6 décembre lors de laquelle des femmes se remémorent inlassablement les 14 meurtres de Marc Lépine et en font le symbole de la violence de tous les hommes. Verra-t-on une cérémonie annuelle pour se remémorer les actes meurtriers de toutes ces femmes qui ont tué leurs enfants, fait assassiner leur ex conjoint? Verra-t-on une cérémonie commémorative des meurtres de Carla qui sera, elle, devenue une vedette lorsqu’elle déambulera dans les rues de sa ville d’adoption montréalaise?

Même si je trouve les Américains très baveux, voilà qu’ils vont reconstruire d’autres tours sur l’emplacement du World Trade Center. Deux tours plus grosses, plus hautes. Je le répète, c’est très baveux mais c’est un symbole pour tous les observateurs : mieux vaut reconstruire que de brailler durant des années en se martelant la poitrine en hurlant que toutes les femmes ont le droit de devenir ingénieures.

Francine Allard

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