Francine Allard
18 juin: Des bûches pour le foyer

Katia Gagnon, dans La Presse du 10 juin, en réponse à deux lectrices la questionnant au sujet des services à la petite enfance proposés par l’ADQ, écrit à peu près ceci : si le gouvernement offrait aux femmes qui restent à la maison pour éduquer leurs propres enfants un salaire plus intéressant que celui offert sur le marché du travail, ne les «CONFINERAIT-IL PAS au cadre
étroit de leur foyer»?

Je me suis dit : merde! Mais qu’est-ce qu’elles ont toutes ces bonnes femmes journalistes à prétendre que lorsqu’on choisit d’élever, de chouchouter, d’encadrer nos enfants à la maison, nous sommes toutes des bûches dans le foyer? Mais pour l’amour du ciel, allez-vous enfin nous écouter, nous toutes qui sommes restées pour tenir le phare à la maison?
Allez-vous nous écouter si l’on vous dit que nous avons éprouvé une grande satisfaction à cuisiner, à raconter des histoires, à consoler, à nous mêler aux jeux de nos enfants? Allez-vous cesser de répandre que les femmes qui ne font pas confiance aux tantes Sophie des garderies, sont toutes des nounounes? Quand donc vous apercevrez-vous que nous faisons fausse route
en appuyant la théorie de la mère au travail absolument?

Il y a rester à la maison et croupir à la maison. Et ne venez pas me dire que les temps ont changé et qu’il faut s’adapter! Cessez votre propagande féministe-à-tout-prix. Il y a une grande valorisation à ne pas laisser les enfants que nous avons choisi de mettre au monde, entre les mains des autres. Alors, vive Mario Dumont s’il prévoit offrir aux femmes un salaire au moins équivalent à celui que procurerait un emploi régulier, si elles restent à la maison. Les enfants ne s’en porteront que mieux. Mieux encadrés ils seront. La violence diminuera. Le décrochage scolaire s’atténuera. Bravo Mario. Moi, je vous promets que je voterai ADQ aux prochaines élections!

Par: Francine Allard

Source: Matinternet

Si un pourcentage de femmes ayant des jeunes enfants (6 ans ou moins) quittent le monde du travail pour aller fabriquer les
adultes responsables de demain, il y aura une forte pression sur le marché de l'emploi  qui aura pour effet d'abord de faire
baisser le taux de chômage, ensuite de faire pression à la hausse sur les salaires, (diminuant de ce fait la distortion financière
créée par le syndicalisme) de permettre à des assistés sociaux de trouver enfin de l'emploi, d'abaisser le coût des garderies
subventionnées pour transférer ces argents vers les familles, de diminuer le nombre de divorces et tous les coûts sociaux et
monétaires qui y sont associés....mais surtout, surtout, d'enlever de nos routes, matin et soir,  toutes ces femmes enragées aux
yeux de morues séchées au soleil qui s'en vont servir un patron ou une multinationale, tout en refusant d'accorder à leurs tout
petits le minimum d'affection dont ils ont besoin...et qui sont mal dans une niche qui ne leur convient pas... 

Et tout çà parce que des féministes mal baisées leur ont fait croire qu'il leur fallait une voiture bien à elle---pour se rendre au
travail---, des soupers au restos 4 fois par semaines---pour se détendre du travail---, une garde-robe sans cesse
renouvelée---pour aller au travail--- un kit de maquillage digne des grandes stars---pour bien paraître au travail et
impressionner les consoeurs--- des repas préparés et dispendieux---pas le temps de cuisiner à cause du travail---une
femme de ménage---pas le temps d'entretenir la maison à cause du travail--- et un mari pour payer pour tout le reste,
puisque le salaire suffit à peine à ces besoins... 

On leur a fait croire qu'à la maison on n'apprend rien puisque il n'y a pas de télé, pas de radio, pas d'internet, pas de livres,
pas de revues, pas de temps libre pour prendre des cours du soir, pas d'amis... 

Et surtout, on a omis de leur expliquer qu'on ne peut éduquer un enfant sans s'éduquer soi-même, qu'on ne peut lui apprendre
l'amour sans apprendre l'amour soi-même, qu'on ne peut le faire grandir sans grandir soi-même.

Grangalo
18 juin 2002


 
 
Femme au foyer

Encore une fois je suis d'accord avec son opinion de la femme au foyer.
Aujourd'hui on nous présente ça comme une dévalorisation et quasiment un abrutissement de rester à la maison et d'élever les enfants.  Autour de moi je vois mes collègues qui ont des enfants mener une vie de fou, amènent les petits le matin à la garderie, va reconduire l'autre chez la voisine etc. On lève le petit à 6 hres le matin, tout le monde se bouscule parce que papa maman ne doivent pas arriver en retard au travail.  Les enfants subissent les secousses nerveuses de va et vient.  Le petit attrape des microbes à la garderie et subit souvent des traumatismes affectifs (maman n'est pas là pour veiller sur lui).  Le midi j'ai l'occasion d'observer les petits de la garderie souvent en pleurs, ils s'ennuient de leur mère, ils n'ont jamais l'exclusivité on les traite en bande, quand les parents vont les chercher, eux-mèmes sont fatigués de leur journée donc n'ont pas l'énergie requise pour les chouchouter.  Il y a des enfants qui souffrent
plus que d'autres d'être éloignés de leur parent  j'en vois souvent qui demeurent à l'écart et semmblent tristes..   On se demande aujourd'hui pourquoi il y a tant de frustration et de problèmes affectifs.  Oui c'est vrai qu'on devrait donner un salaire à la femme au foyer ça revaloriserait sa tâche d'éducatrice avec ce qui en découle.

Marielle.
18 Juin 2002


 
 
Bravo pour le coup de gueule de Francine Allard, et merci pour la morceau d'anthologie qui le suit. Celà étant dit, là on ne parle que de la femme au travail et de la femme at home; J' y ajouterai pour ma part l'homme, qui doit exister ds le discours, meme féministe. ET pourquoi pas papa qui reste à la maison, rémunéré, à mi tps au meme titre que maman par exemple ? (cf exemple suédois) :Les deux vont au travail, les deux vont à la maison,et ainsi lenfant profite des deux, dixit en substance le Forum des Femmes à Stocholm en 2000 ? Le pb du salaire des seules femmes est le suivant : si le couple se sépare, c'est encore le père qui va continuer à travailler, et à payer les pensions. Isn't It? (Ps : j'ai entendu hier soir par hasard, sur mon radio réveil, avant de rejoindre les bras de...Morphée,  les informations en langue française de Radio-Canada, le débat suite à un changement politique etc...sympa de savoir ce qui se passe chez vous !)
Cord. 

Philllipe Troncin
19 juin 2002


 
 
J'ai adoré les propos de Francine Allard, je suis restée presque 10 ans à la maison pour élever moi-même mes trois filles, et me suis ensuite retrouvée à nouveau sur le marché du travail à 45 ans, à gagner la moitié de ce que je gagnais 10 ans plus tôt, but who cares, mes collègues qui avaient terminé leur bac en même temps que moi (1982) se trouvaient dans la même situation précaire que moi. Elles n'avaient pas eu d'enfants (ou un, par accident) et avaient fait carrière dans les médias... Sauf que moi, j'ai trois belles filles épanouies qui m'ont appris à devenir une meilleure personne... 

Mais bon, élever trois trois enfants seule 3 semaines sur 4 et se retrouver avec un statut de pigiste, des contrats qui finissent ... mieux vaut avoir les nerfs solides, c'est assez angoissant de ne pas avoir développé ses contacts professionnels et de se retrouver à "espérer" qu'un boulot se pointe... dur aussi pour les fins de mois.  Mais si je devais choisir, je choisirais encore les enfants plutôt que la permanence dans une entreprisse de presse ou de télé... et je n'hésiterais pas à le recommander à toutes les femmes, dussent-elles handicaper à vie leur possibilités de s'offrir ...quoi au juste?  la gloire?  la fortune?  la renommée?  Mon père assistait un jour à un forum international sur le contrôle des naissances... un Africain prit la parole et tenta de faire comprendre aux Occidentaux pourquoi il était difficile d'implanter un système de contrôle des naissances dans son pays, en citant un vieux proverbe:  "Être
sans enfants, c'est marcher seul dans l'éternité"... Alors quand on a la chance d'en avoir, on peut-tu s'en occuper svp?  Le reste, ça viendra après, la vie est bien assez longue par les temps qui courent.

Marie-Jeanne Préfontaine
19 juin 2002


 
25 juin: Le reflux 
Francine Allard, 
Matinternet, 

 Ce ne serait pas bien honnête de ma part de vous dire que j’ai reçu beaucoup
 de courriels en réaction à mes chroniques de la semaine. J’en ai reçu quelques-uns, mais la majorité m’est venue de ma chronique au sujet de l’Après-rupture que La Presse a publiée dimanche dernier Je n’ai pas envoyé cette lettre d’opinion dans La Presse. Quelqu’un d’autre lui envoie régulièrement toutes mes chroniques au sujet de ces femmes qui expriment la pensée même de la paternité de la tête de leurs enfants par vengeance comme on extrait le jus des poires. Et La Presse a choisi de publier celle sur le despotisme des femmes. Les réactions n’ont pas été  publiées par ce même journal. Pas une seule. J’ai dit à mes congénères qu’elles étaient des despotes d’ainsi empêcher leur mari de voir leurs enfants dès qu’un divorce était prononcé. 
Je me questionne. AUCUNE féministe dans la province de Québec n’aurait réagi à mon audace? AUCUN homme ne m’aurait remerciée chaleureusement? Voyons donc. Je suis persuadée qu’il y a eu tant et tant de courriels que La Presse a décidé de n’en publier aucun  Je sais les responsables des lettres des lecteurs capables d’orienter les débats. Vous verrez pourquoi dans mes petites chroniques de vendredi au sujet de la démission de Stanley Péan. Pour des réactions, allez sur http://dissidence.ca

Voici donc les courriels reçus en cascade au sujet du choix qu’ont les femmes de rester à la maison pour éduquer les enfants qu’elles ont choisi d’avoir:

«Ah les femmes à la maison. Si elles avaient toutes le choix, c'est ça qui augmenterait la qualité de vie de leurs enfants et des mamans. Laissons-leur donc le choix de rester ou non. Pour certaines, un salaire les aiderait à faire ce choix si les moyens financiers sont en difficulté. Bravo à Mario Dumont. 


Mais celles qui ont ces moyens et qui décident de poursuivre une carrière, laissez-les décider plutôt que de les juger à laisser élever leur enfants par les autres


           Je travaille, j'ai un horaire flexible, j'ai un bon salaire et je choisis de faire carrière. Je suis restée 4 ans à la maison, j'en suis ravie car j'ai adoré cette période mais j'avais ce besoin "technique" (je suis ingénieure) de retourner au travail. Ma priorité, c'est l'éducation de mes enfants et mon horaire est fait en fonction du temps que je passe avec eux. Parfois les enfants préfèrent rester au service de garde pour jouer dans le parc avec leurs amis alors on s'organise pour que tout le monde soit à l'aise avec l'horaire. 

Nous sommes dans un monde libre non? 

P.S. J'aime les vacances et ces journées de lavage ensoleillées et souffler les bulles de savon et me promener pieds nus dans l'herbe... et laver des bouches et des petites mains collées... recevoir et donner des câlins... 
Josée» 



«J'ai fait le choix d'avoir des enfants et j'ai aussi choisi de quitter mon travail que j'occupais depuis 18 ans, ET JE N'AI PAS UN SEUL REGRET. 
Je vois grandir mes enfants et je suis heureuse de participer à leur évolution Je ne vois pas le temps passer et mes journées sont très bien remplies. Pourquoi? Parce que je m'implique à l'école. Je fais partie des parents volontaires à la surveillance lors d'activités scolaires. Ça me donne l'avantage d'être encore plus avec mes enfants et de prendre le dehors. Y'a rien de plus agréable que de skier, de glisser, de se bourrer la face à la cabane à sucre et surtout d'avoir du plaisir lors de ces activités avec mes enfants et ceux des autres. C'est certain que si je reste chez nous avec les deux pieds sur le pouf, j'en ferai pas plus pour mes enfants que si je travaillais. Ce que les autres pensent de mon choix, je m'en fous. A la fin de la journée, je suis encore de bonne humeur, je ne suis pas tannée et je n'ai pas besoin d'engueuler mes enfants parce que ça c'est mal passé au bureau. Je suis bien disposée à écouter les enfants me raconter leur journée et je suis surtout très heureuse quand ils se couchent le soir et qu'ils me disent:" Maman, on a eu du fun aujourd'hui, hein? "
Nancy 


Bonjour, 
Incroyable ces propos de journalistes féministes qui croient qu’une femme qui reste à la maison est emprisonnée. Je serais le premier moi-même à rester à la maison pour m’occuper de mes enfants si les finances me le permettaient et pourtant je suis un homme non? Il faudrait que je me place sur le B.S. pour pouvoir m’offrir ça et comme ce n’est vraiment pas dans mes ambitions d’être  un gros salarié au profit de la population alors je demeure à mon emploi qui me satisfait et que j’aime mais si un salaire plus intéressant serait donné pour rester a la maison pour les enfants je pense que ce serait un retour aux valeurs familiales et ce serait bon tant pour les enfants que les parents.
Bonne journée! 
Merci! 
 Jean-François 

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