24 mars 1999
Complainte anti-féministe

              Pour qui ces shampoings qui font les cheveux plus
              souples et plus éclatants ?

              Pour qui ces fards, ces parfums, ces brillants sur
              les pommettes et ces cils épaissis au mascara ?

              Pour qui ces seins de silicone, ces liposuccions,
              ces régimes pour anorexiques ?
 
 

                           Jamais Gilbert Rozon n'aura autant fait parler de lui.  J'avoue qu'il aurait
           pu choisir un moyen plus noble.  Mais, comme la décision de la Juge Goupil
           (dans toutes les histoires de Renart, c'est toujours Maître Goupil qui a le dernier
           mot) demeure irrévocable, j'ai longuement pensé à notre rôle de femmes dans
           cette société farcie de contradictions.  Voici mes réflexions :

              Pour quoi ces jupes rase-fesses, ces décolletés
              qui plongent, ces nombrils au vent ?

              Pour qui ces talons-aiguilles, ces bas-résilles, ces
              dessous de dentelle, ces strings et ces
              remonte-croupe?

              Pour qui ces filles attablées par petits groupes
              dans les bars de rencontre ?

              Pour qui ces ongles d'acrylique audacieusement
              foncés et ces ongles d'orteils polis ?

              Pour qui ces déhanchements, ces lallations, ces
              lèvres humides, ces tailles cambrées, ces jambes
              sans fin ?

              Pour qui ces femmes déploient-elles autant
              d'astuces ?

              Pour qui donc, tous ces efforts ?

                  *C'est pour ceux-là... pour qui la femme devait être une compagne
                  *Pour ces hommes qui osent à peine regarder
                  *Pour ces hommes que les féministes veulent écarter
                  *Pour tous ces Rozon qui désormais, ne pourront plus toucher
                  *Parce que NON, restera NON.
                  *Bullshit !
 

           À quand donc les homministes ? J'en serai.

          Francine Allard

Source: http://www.matin.qc.ca/