Éditorial

La mari et le sénat
(voir Un comité sénatorial recommande la légalisation de la marijuana au Canada )

Au début du siècle, le gouvernement américain décida de prendre le contrôle sur le comportement et les habitudes de ses citoyens. Il interdit l’usage, la possession et le commerce de l’alcool, ce qui devait régler tous ses problèmes de société.

Ce faisant, il s’opposait à des choix de société puisque la plupart des citoyens consommaient.

Les conséquences de ces législations furent désastreuses et les USA en subissent encore aujourd’hui , après plus d’un siècle, les contrecoups.

Les gens ne cessèrent pas de consommer l’alcool.

La qualité des boissons tomba drastiquement parce que sa production se fit au noir et sans aucun espèce de contrôle.

Les empoisonnements et les décès conséquents furent innombrables.

Les dépenses publiques en répression s’accrurent d’une façon géométrique, sans aucun résultat important.

Le crime organisé qui végétait au USA prit le contrôle de l’alcool, monopolisa sa fabrication et son commerce et fut bientôt plus riche et plus puissant que le gouvernement du pays le plus puissant de la terre.

Dénouement heureux, le Canada, principal fournisseur clandestin des utilisateurs américains, s’enrichit tellement de ce commerce, que cela contribua grandement à ce qu’il devint ce qu’il est, un pays riche et prospère.

Quand les USA abolirent la prohibition, le crime organisé trouva rapidement d’autres négoces et se rua sur la drogue, dont il prit rapidement le contrôle. Et tout continua. Les gens qui consommaient continuèrent de le faire, les dépenses de répression sont extraordinaires, et le résultat de toute cette répression sont nuls, à une exception près : les dépenses de répression gaspillent toutes les ressources financières qui pourraient servir à soigner les « usagers excessifs ».

Ni la drogue, ni le jeu, ni l’alcool ne sont des problèmes de société. Ils sont les résultats des problèmes de société…le résultat de vie en détresse, de difficultés insurmontables aux yeux des utilisateurs.

Ces gens ont besoin d’aide, et on leur offre la prison et la répression…comme pour leur prouver qu’ils ont raison de consommer…leur société n’offrant aucune autre solution à leurs difficultés…faute de ressources financières dilapidées en forces policières, en avocasseries, en tribunaux, en établissements carcéraux…

Le Sénat, qu’on dit toujours inutile, et particulièrement Pierre Claude Nolin et sa super équipe ont compris.
Leur équipe dit , rapports scientifiques et enquêtes à l’appui,  ce que tout le monde savait déjà mais qu’aucun politicien n’a jamais eu le courage d’admettre---sauf le Parti Marijuana-- :  l’utilisation de la mari est un choix de société, aucune répression ( qui coûte des milliards annuellement) n’a jamais eu d’effet marqué sur son utilisation, ses méfaits sont moindres que ceux de l’alcool ou du tabac dont nos gouvernements tirent des milliards en taxe de toutes sortes,  des centaines de milliers de citoyens sont marqués à jamais par un dossier criminel, ce qui, toutes les études le démontrent, risque de les faire devenir de vrais criminels, la production et le commerce du pot profitent au crime organisé, toutes les argents dilapidés à la répression de ce produit devraient servir à aider à solutionner les problèmes à l’origine de l’utilisation.

Un aspect majeur oublié---volontairement ??--- par l’équipe de Nolin est l’enrichissement collectif des canadiens suite à la légalisation du chanvre indien. Les canadiens, et particulièrement les québécois, sont des experts dans la culture de cette plante et la qualité de sa production est recherchée par les utilisateurs du monde entier. Aucune force policière ne pourrait empêcher notre production d’entrer massivement au USA, et les milliards de dollars US d’entrer au Canada…nous pourrions enfin rêver de payer nos dettes nationales et provinciales!!!

Quand aux façons de « légaliser » le pot, le Sénat continue dans le légalisme en voulant faire voter toujours plus de lois. Il suffirait selon moi, de rayer le mot marijuana des codes de loi et cela se ferait sans encore et toujours compliquer les choses au grand bénéfice de tous les gratte-papier à robe noire.

Ne nous leurrons pas. Si un jour la mari est « décriminalisée, notre bon gouvernement de Québec s’emparera du commerce de la marijuana pour emplir les coffres de l’état, puisqu’il est déjà accroc de la plupart des commerces du vice : alcool, jeux de hasard, tabac, course…

Grangalo
5 septembre 2002