Je ne suis pas comme les hommes, moi : j’aime
mes enfants.
En fait, je les aime tellement que je leur ai
choisi une excellente garderie.
Chaque matin, je les réveille vers 6 hres
pour les aider à s’habiller …de
vêtements de qualité.
Car je ne lésine jamais sur la qualité
de leurs vêtements. Je les aime, moi, mes
enfants.
Quand ils sont enfin habillé, je les pousse
jusqu’à la voiture, car on doit partir tôt
pour la garderie. Je leur enseigne ainsi que
l’avenir appartient à ceux qui se lève
tôt. Je les aime, moi, mes enfants.
Je les laisse à la garderie vers 7 :00hres.
Je dois aller déjeuner avec mes
compagnes de travail. C’est important pour une
mère de famille d’avoir des
relations sociales. Je mérite bien
cela après tout le dévouement dont je fais
preuve pour mes enfants. Car, moi, je les aime
mes enfants.
Les jeunes eux déjeune à la garderie.
Je suis certaine qu’ils y mange très bien.
Après tout, cette garderie est approuvée
et subventionnée par le gouvernement.
C’est important qu’ils ne mange pas trop non
plus et un repas équilibré. Je ne
voudrais pas qu’ils deviennent obèses.
De quoi j’aurais l’air, une mère avec des
enfants obèses. Je les aime, moi,
mes enfants.
J’irai les rechercher après mon travail.
Le travail c’est important pour une
femme. C’est l’émancipation.
Une femme ne peut rester à la maison et évoluer.
Moi je suis une femme évoluée.
Le matin, j’affronte la circulation et les
chauffeurs mâles si impolis et sans respect.
Et je ne donne pas ma place quand
je peux pour leur donner une leçon de
politesse au volant. Au travail, je me sens
importante, pas comme à la maison. C’est
moi qui fait le café du grand boss. Fini
le temps ou je devais servir mon mari. Je ne
suis pas une esclave. Au travail je
suis payé pour travailler et on a des
considérations pour moi. C’est moi qui
commande les repas du restaurant quand les directeurs
continuent leur
conférence pendant l’heure du dîner.
Et quand je leur sers leur repas ils me
disent tous merci…
Pour le souper, je sers souvent des repas surgelés
aux enfants. Avec la fatigue
due à mon travail et l’heure tardive,
il ne m’est pas possible de faire de la haute
cuisine. Mais je choisis toujours des repas
diététique, pour être bien certaine
qu’ils ne deviennent pas obèse. Je les
aime moi mes enfants.
Les enfants se couchent tôt après
le repas. Faut bien, à l’heure où ils se lèvent le
matin. Et puis, je dois relaxer un peu après
une dure journée de travail. Une
longue nuit de sommeil c’est bon pour eux.
Je les aime moi mes enfants.
La fin de semaine est difficile. Je vais toujours
mener les enfants chez ma mère,
car je dois mettre de l’ordre dans la maison,
aller me faire coiffer et aller
magasiner. Quand on travaille à l’extérieur
comme moi, on doit aussi s’habiller
convenablement et presque tout mon salaire y
passe. Je ne voudrais pas que
mes enfants aient honte de moi plus tard si les
patrons parlent de moi en disant
que j’avais toujours l’air d’une pauvrette.
Je les aime moi mes enfants.
Leur père il se foute d’eux. Il ne
vient les chercher qu’une fois par mois. Ça
soulage ma mère. C’est mon avocate
qui était pourrie. Je lui avait demandé
d’interdire les droits de visite, mais elle était
pas assez agressive., et on a perdu.
Heureusement qu’elle s’est reprise pour la pension
alimentaire. Il y en a juste
assez plus payer le loyer, l’alimentation, le
chauffage, l’électricité, le téléphone et
les vêtements des enfants. Je dois
assumer moi-même toutes les dépenses de
mon auto neuve et mon habillement. Heureusement
que la garderie est
subventionnée. Je me suis beaucoup
bagarrée en cour pour que les enfants aient
tout ce qu’il leur faut par une pension décente
de mon ex. Je les aime moi mes
enfants.
J’ai horreur que mon ex viennent les chercher.
Ils les amènent passer le
week-end dans son deux et demi et
se plains toujours de n’avoir pas d’argent
pour les amener à la Ronde ou dans des
choses comme ça. Il reste avec eux tout
le temps sans leur donner la chance de se socialiser
avec d’autres enfants
comme je fais quand ma mère ne les garde
pas les fins de semaine. Il dit qu’il
adore être avec eux, mais ce doit être
parce qu’il ne veut pas dépenser une sous
pour eux. Moi, ces jours-là, et
aussi les jours de congé quand ma mère ne les
garde pas, je vais les mener à une garderie
de jeu ou ils peuvent se socialiser
avec de nouveaux amis. Je les aime, moi,
mes enfants. On voit bien qu’il ne les
aime pas, lui.
Même quand il parle, on voit bien qu’il
ne les aime pas mes enfants, mon ex. Il
dit toujours ‘nos enfants’, comme s’il avait
peur que ce soit les siens. Moi je dis
MES enfants, parce que je les aime, moi, mes
enfants.
Le samedi soir, pendant que je vais à la
discothèque, je m’assure toujours qu’ils
ont une cassette vidéo à regarder,
chez ma mère. Je lui téléphone chaque fois
pour bien m’assurer qu’elle est allé leur
en louer une au club vidéo. Je les aime,
moi, mes enfants.
Le dimanche après midi, vers quatre heures,
quand je suis tout à fait reposée de
ma nuit, je vais les rejoindre chez ma mère
et nous soupons là tous ensemble.
Ce n’est pas que je ne voudrais pas faire leur
souper, mais ma mère adore
s’occuper des enfants et je pense qu’elle me
prend pour une enfant moi-même.
J’accepte toujours son invitation. Et puis je
ne voudrais pas que mes enfants
mangent là sans ma surveillance..
C’est ma responsabilité de veiller sur ce qu’il
mangent, Je les aime, moi, mes enfants.
Je pense que nous, les mères de famille
dévouées, devrions avoir plus de
privilèges et être mieux reconnues
par la société. Après tout, c’est nous les
femmes, qui assurons l’avenir de ce pays en prenant
soin de nos enfants et en
leur enseignant le dévouement et la générosité.
Pas les hommes.
J-C Boucher
(2001)