Le discours que j’entends depuis une dizaine d’années de
la part de mes jeunes congénères est celui-ci : on a de l’ouvrage!
on court tout le temps ! La garderie, le sac à couches sur l’épaule,
l’entretien ménager, le travail, le stress, ouf! Je vous avoue que
je ne comprends pas. Moi, j’avais choisi de rester chez moi à élever
mes trois enfants et je savourais tant ma quiétude à une
époque où il était impensable de confier nos petits
à la garderie.
Le discours que j’ai entendu hier, dans une école primaire,
m’a complètement soufflée. Deux jeunes enseignantes enceintes
- qui pourtant se rendent bien compte et déclarent même que
les enfants d’aujourd’hui sont abandonnés par leurs parents-
avouaient candidement qu’elles ne sauront pas quoi faire à la maison
lorsque leur premier enfant naîtra. Wow! Une autre, qui arrive d’un
congé de maternité de six mois a dit : « Je ne savais
plus quoi faire. J’avais hâte de revenir à l’école,
j’étais en train de devenir folle!». Des extra-terrestres
selon moi! Je croyais qu’elle devaient à tout prix travailler
pour arrondir les fins de mois. N’est-ce pas pour cette raison qu’on doive
travailler?
Moi et les vieilles de ma génération de babyboomeuses,
on ne s’ennuyait pas à la maison. On faisait le ménage du
printemps, du ketchup aux fruits, du tricot, de la couture, de l’enseignement
à nos enfants, on visitait les voisines, on cuisinait, on congelait,
on suivait des cours, on échangeait le gardiennage avec une copine.
J’ai parlé de tout cela aux jeunes enseignantes – qui auraient très
bien pu être infirmières ou coiffeuses- : elles ne savent
pas coudre ni tricoter; elles ne savent pas cuisiner et ne parlent pas
à leurs voisines; elles n’ont pas le temps de lire et n’y
tiennent pas du tout. Pas valorisant, disent-elles. Et ces ouvrières
qui cousent les vêtements, ces cuisinières qui préparent
les repas congelés chez M&M? Les techniciennes qui gardent nos
petits? Elles font du travail non valorisant? Nos jeunes mamans s’ennuient
à la maison au point de vouloir retourner au travail absolument.
Paraît que ce n’est plus valorisant de nous occuper nous-mêmes
de nos enfants. Alors, dites-moi, pourquoi ce le serait pour les autres
de s’en occuper à notre place?
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