Oui, nous avons acquis le droit de vote.
Des femmes ont été célébrées pour
cette raison. Mais, encore trop d'entre nous n'ont pas d'opinion
politique.
Oui, nous avons eu accès à l'Éducation et aux
emplois intéressants. Mais
nous avons sacrifié nos enfants en confiant leur
développement et leur
chamboulement intérieur à d'autres femmes.
Oui, nous avons été reconnues les égales de nos
conjoints qui nous ont
quittées par milliers.
Oui, nous avons une vie personnelle, un compte en banque, une voiture,
et
portons désormais notre nom reçu à la naissance,
mais jamais n'avons-nous
été si malheureuses.
Oui, nous devons encore nous protéger contre une certaine
violence
conjugale mais nous avons nous aussi le verbe haineux et la phrase dure
à l'égard des hommes qui nous côtoient.
Oui, nous célébrons la Journée de la femme le 8
mars.
Le méritons-nous?
N'avons-nous pas, finalement, anéanti notre rôle social,
celui qui nous
permettait jadis d'élever nous-mêmes nos enfants à
la maison et d'en être
fières?
Le féminisme a ouvert bien des portes mais doit inexorablement
se
transporter ailleurs, dans les pays où la femme n'est pas
respectée. Ici, en Amérique du Nord, nous sommes
allées au-delà du
simple respect et de
l'égalité. Nous sommes devenues d'horribles capricieuses
qui, au nom de la
supériorité de notre sexe, avons contribué,
hélas, à détruire la famille.
Oui, hélas.
Alors ne comptez pas sur moi pour fêter le 8 mars. Je pleure
surtout sur ce
que deviendront nos fils et... nos filles.
Francine Allard, écrivaine
Oka, Qc