28 mai 2002
Cet homme, qui m’avait demandé la permission d’inclure une de mes chroniques sur un site témérairement intitulé Dissidences, a fini par avoir raison de ma retenue. Je lui ai d’abord dédié un texte qui célébrait plutôt le courage de cet homme qui avait enlevé sa petite Sara à une mère violente et déséquilibrée (c’est ce que la France est en train de prouver) et qui a été condamné à Nantes la semaine dernière à trois années de prison pour violence envers son ex-conjointe et enlèvement d’enfant au Canada. Jean-Claude (Grangalo) et son regroupement d’hommes qui en ont assez de souffrir à cause du pouvoir du féminisme omniprésent au pays, ont littéralement inondé les médias de tracts, de lettres, de courriels. Le Devoir leur a écrit de ne plus lui envoyer leurs pamphlets qui réclament maintenant le retour du balancier du côté des hommes qui sont devenus, selon eux, des victimes aux mains des femmes que la Justice canadienne écoute sans discernement. Le docteur Mailloux et le psychologue Pistorio leur ont envoyé un courriel pour leur dire que jamais ils n’écouteront leurs revendications. J’ai finalement accepté de rencontrer Jean-Claude. Je n’avais pas devant moi un homme brisé, abusé et antiféministe agressif comme on s’attendrait d’un homministe engagé. Il ressemble à Brassens avec ses cheveux argentés et une moustache remarquable. Il a dans le regard une telle compassion que je n’ai pas pu continuer à nier la vérité qu’il défend. Jean-Claude m’a convaincue que le féminisme est allé trop loin. Dès qu’une femme en a marre de son mari, elle n’a qu’à téléphoner au 911 et déclarer que son mari lui a dit : tu vas voir quand je vais me choquer! et dès lors, les policiers embarquent le gars. Mais Jean-Claude n’est pas un homministe revanchard comme l’ont été les premières féministes, pas très féminines, selon lui. Il est revanchard, comme le sont les philosophes, les penseurs et les missionnaires sociaux. Sa vie à lui se déroule plutôt bien. On ne l’accusera pas de prêcher pour sa paroisse. Jean-Claude s’est battu contre le Ministère de l’Agriculture. Contre le Ministère de l’Éducation. Contre le Ministère de la Justice. Contre les fonctionnaires. Mais pas contre les femmes. « Certaines féministes détestent les hommes. Moi, j’aime bien les femmes mais je veux l’équité dans le traitement que l’on fait aux hommes séparés. Je veux qu’on cesse de ne montrer dans les médias que les hommes violents. Mais qu’on accepte aussi qu’il y a des femmes extrêmement violentes. Qu’il y a des pères qui s’ennuient de leurs enfants. Que la désespérance secoue des milliers de pères qui sont empêchés de voir leurs enfants parce que leur bonne femme veut les punir d’avoir cessé de l’aimer elle. » J’ai compris ce que Jean-Claude veut dire. Ce que tous ces hommes de l’Après-Rupture veulent dire et que les médias refusent de divulguer: le féminisme est allé trop loin. « Et pour sauver cette société, les parents doivent commencer par redresser la situation auprès des enfants. Et qu’est-ce qu’ils font avec les enfants? Ils les parquent dans des garderies. Un endroit où les enfants se contaminent les uns les autres dans tous les sens du mot. Les femmes ont décidé d’aller travailler à tout prix et ont perdu la satisfaction et la valorisation d’élever leurs enfants à la maison», me dit Jean-Claude Boucher. Ses enfants à lui sont grands. Il vit heureux dans les Cantons de l’Est. Il est plutôt beau garçon. Il parle joliment bien et son regard humide en dit long sur le rôle de missionnaire qu’il s’est attribué. Donc, pas question de hargne, de vengeance, de règlements de comptes pour lui. « Il y a des gens qui ont beaucoup reçu et qui doivent beaucoup donner aux autres» ai-je ajouté. Il a souri. Ni La Presse, ni Le Devoir, ni les animateurs (qui sont presque tous des hommes) n’osent parler de l’Après-Rupture. Et du désespoir des hommes. Et de la rage qui est en train de s’insinuer malicieusement parmi les hommes qui ont peur. Malgré les centaines de courriels qu’ils ont reçus. Malgré mes chroniques. Malgré mes contacts personnels. Mes lettres sont restées sans réponses. Omerta. Personne ne veut entamer le dialogue. Alors, la colère est la seule réponse qui demeurera tant que personne n’osera crever l’abcès. Paul Arcand? Pierre Foglia? Jean-Luc Mongrain? Qui parlera le premier? Moi, j’ai fait ce que je pouvais. |
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Le reflux Si parfois j’ai le vague à l’âme
et que je vous cherche désespérément à travers
le monde virtuel, il y a des lecteurs qui se manifestent et je les en remercie.
«Bonjour Madame Allard ! Juste un petit mot pour vous souhaiter une bonne semaine et vous rassurer. A mon avis, votre boss exagère, vous savez comment c'est un patron, à mon avis vous avez au moins un millier de lecteurs, qui n'écrivent pas obligatoirement tous les jours; mais ils lisent vos chroniques et les repensent souvent. Parce qu'elles sont excellentes vos chroniques ! A bientôt
Ici, André C. répond à mes inquiétudes au sujet de la disparition des pères. En lien avec votre chronique d'aujourd'hui, j'ai
été témoin, à mon corps défendant, d'une
conversation entre bouts de choux qui assaient tout près de
l'endroit où je jardinais, samedi matin, derrière la haie
de chèvrefeuille.«Moi, mon père je ne le connais pas
!» disait cette fillette à ses amis... Je vous avoue que j'en
ai eu le souffle coupé, mon sang n'a fait qu'un tour... j'étais
triste et désolé. Je me suis alors demandé jusqu'où
était allé le féminisme. Pourquoi cet enfant n'a pas
de papa ? Parce que sa mère a écidé d'avoir
un «p'tit» sans la présence d'un père comme c'est
de plus en plus le cas de nos jours ?
Celle-ci de Jean-François H. «Bonjour,
«Bonjour Mme Allard Je tenais à vous écrire un petit
mot afin de vous dire merci au nom de
Personnellement je n'ai pas de problèmes
de ce genre. Moi et ma
Vincent R.» |
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prennent leur place et fassent valoir leurs droits. Depuis un bout de temps, les hommes ont perdu du terrain. C'est rendu que même dans les sports (la boxe entre autres) c'est une femme qui anime l'émission et passe ses commentaires et elle n'y connaît absolument rien. Boris Cyrulnik (auteur d'"Un merveilleux malheur") mentionnait que la femme est gardienne du nid (elle s'occupait des enfants, leur faisait à manger et veillait à ce que son homme soit bien traité) et que l'homme est chasseur, guerrier et protecteur de sa famille (il apportait la nourriture et protégeait sa famille). Ils étaient tellement occupés à survivre, qu'il n'y avait pas de place pour la dépression, l'analyse de soi, etc. Chacun se sont développés en fonction de ces attributions (c'est instinctif, mais aujourd'hui on rejette tout ça). Aujourd'hui tout est à l'envers. Les hommes roses qui restent à la maison, la femme va sur les chantiers, pas surprenant qu'il existe de la frustration. Si chacun reprenait son rôle en considérant l'évolution des choses tout irait bien mieux. Si tu veux faire des enfants, ne les parkent pas dans une garderie (tu as le choix d'en avoir ou pas). Aujourd'hui la femme veut avoir des enfants, travailler à l'extérieur, prendre le contrôle, pas étonnant que le mari se sente perdu à travers tout ça, on lui vole une partie de son rôle. Le seul rôle qu'on tient à lui conserver c'est celui d'homme fort, guerrier dont violent par rapport à la supposé fragilité de la femme. Si une femme frappe son mari et qu'il fait appel aux policiers, il fait rire de lui (preuve à l'appui), s'il se défend, on l'accuse de violence conjugale, s'il quitte son foyer on l'accuse de lâche. Il serait temps qu'on se penche sérieusement sur cette situation avant que ce soit le bordel total. Je suis peut-être vieux jeu mais je m'ennuie
du temps où les hommes
Marielle Privée, Laval |
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