Les anges de Robert

Un texte inédit du Père Vert

Ce mardi-là, comme d’habitude, Robert s’était levé trop tard et avait à peine eu le temps de faire ses ablutions matinales. Il sortit du vieux manoir, sauta dans sa grosse voiture noire, et démarra rapidement. En roulant dans l’allée de pavés unis, il remarqua à peine la silhouette grimpée sur la fontaine ornant la terrasse avant…

L’image arriva si lentement dans son cerveau qu’il était déjà sous le porche de fer forgé quand il prit conscience de ce qu’il venait de voir. Il arrêta complètement la voiture et se frotta les yeux pour y faire disparaître la brume de la nuit. Il avait pourtant vu une magnifique paire de jambes tout en haut d’une petite échelle d’aluminium appuyée contre la fontaine.

On violait son intimité…cette fontaine ne coulait plus depuis la mort de sa femme Jacqueline il y avait maintenant…il hésita…cinq ans. Par une mystérieuse coïncidence, le jour même de sa mort, la petite pompe s’était arrêtée…et Robert avait refusé qu’on ne la répare. Cette fontaine avait toujours été pour elle le symbole de la vie…elle aimait la vision de l’eau qui débordait du sceau de cuivre brillant tenu par le joli petit personnage tout en haut, qui tombait dans un autre sceau d’un plus gros personnage, et ainsi de suite jusqu’au réservoir du bas.

Il revint soudainement à la réalité et fit marche arrière brutalement jusqu’à la fontaine. Une échelle d’aluminium était bien là, mais rien d’autre. Il secoua la tête comme pour essayer de mieux comprendre, et repartit.

Cette vision avait déclenché quelque chose en lui. Il ne cessa de revoir ses souvenirs tout le long du trajet vers son bureau. Après la mort de sa femme, sa sœur Anne était venue habiter le manoir ancestral avec lui. Il lui devait une fière chandelle. Il était désorganisé psychologiquement, déprimé et même son travail n’était plus qu’une mauvaise habitude. Elle avait pris en main l’intendance du domaine et l’entretien du manoir et de ses dépendances. Elle l’avait écouté pendant des mois raconter ses souvenirs de vie commune avec sa femme, leurs voyages, leurs projets, leurs rêves…elle l’avait écouté pleurer en silence. Petit à petit il avait reprit son travail, puis comme une lente accélération, il s’y était plongé de plus en plus jusqu’à n’avoir que çà.

Puis, Anne avait engagé Lisette pour tenir l’intérieur. Pour la première fois il se rendait compte que sa sœur avait du engager Lisette parce qu’elle en avait marre de ce veuf larmoyant qui ne cessait de s’apitoyer sur lui-même. Lisette venait tous les jeudis, et il s’était habitué à ces fins de journée du jeudi, et à sa présence à son retour à la maison. Malgré le fait que sa journée de travail prenait fin à cinq heures, Lisette restait toujours plus tard et avec le temps, elle finit par rester à l’écouter jusqu’à l’heure de dormir. Ce n’est qu’à ce moment qu’elle repartait. À bien y penser, c’est à partir de l’arrivée de Lisette que sa sœur avait paru de plus en plus occupée, de moins en moins disponible à l’écoute. Et il avait alors commencer à se confier à Lisette.  Au début il avait trouvé difficile de se confier à une femme de 20 ans sa cadette.     Difficile de se confier à quelqu’un qui vous vouvoie. Il avait insisté et elle avait fini par le tutoyer mais continuait encore à l’appeler Monsieur Robert.

Depuis combien de temps Lisette était-elle là, chaque jeudi, du matin au soir? Deux ans, trois, peut-être. Elle était jeune, fin de la vingtaine, début trentaine au plus. Elle avait dans le visage tellement de chaleur humaine, et une telle facilité d’écoute. Petit à petit, elle était devenu sa confidence et, il avait toujours hâte de la retrouver le jeudi à son retour du bureau pour  jaser un peu. C’était d’ailleurs la seule journée de la semaine où il entrait avant la tombée du jour. Elle était d’une patience sans limite. Même si sa journée de travail était terminée, elle restait volontiers des heures durant à l’écouter, et…à bien y penser, à l’admirer. Il arrivait parfois, de plus en plus souvent, qu’elle prépare le souper et qu’il soupe ensemble face à face, à la petite table de la cuisine. Pourquoi n’était-ce qu’aujourd’hui qu’il se rendait compte qu’il ne s’était jamais vraiment intéressé à sa vie à elle, à ses espoirs, à ses problèmes. Pourquoi était-elle encore là, après tout ce temps? Pour l’argent? Il ne la payait pas assez pour çà. Dans l’espoir de bénéfices financiers…pas évident. Alors pourquoi? Il essaya de voir son visage dans sa tête et y arriva très mal.  Il essaya d’imaginer son corps, ses formes…nenni. C’était comme ces personnages avec qui on chatte sur le Net et qu’on n’a jamais vu et qu’on ne verra jamais…N’avait-elle donc été pour lui, pendant tout ce temps, qu’une oreille? Il sourit à la pensée qu’il n’arrivait même pas à déterminer la forme de ses oreilles. Il se fit promesse que jeudi prochain, il la regarderait sous tous les angles, qu’il l’écouterait, qu’il apprendrait enfin à la connaître.

L’image de la fontaine lui revint en tête. Jacqueline avait fait des pieds et des mains pour l’acquérir. Il sourit en pensant aux dures négociations qu’il avait fallu avoir avec la petite ville d’Italie qui allait s’en débarrasser pour faire place à une autoroute mais qui refusait de seulement envisager que la fontaine puisse prendre le chemin de l’Amérique. Elle était allée là-bas 5 fois, 6 peut-être…et malgré ses capacités financières, Robert avait grimacé quand il avait appris le prix qu’il faudrait payer pour l’acquérir…Mais cette fontaine était tellement importante pour sa Jacqueline

Pour elle, l’eau qui s’écoulait du contenant du tout petit enfant vers le plus grand, vers ce qui devait être l’aîné et ensuite vers la mère et finalement le père avant de finir dans le réservoir qui symbolisait la vie, était pour elle comme le sang qui coulait dans leurs veines et qui allaient permettre de créer un enfant. Elle était superbe cette fontaine, pensa-t-il.

Puis la vision d’horreur lui revint pour la millionième fois : le policier qui lui bégaie les mots : accident, auto démolie, très grave, décès instantané, pas de souffrance pour elle…

Robert descendit de voiture et se retrouva dans son bureau sans même s’en apercevoir. Il pesa sur le bouton de l’intercom et annonça à Francine, sa secrétaire,  qu’il avait un travail urgent et qu’il ne voulait être dérangé sous aucun prétexte. Elle parut étonnée, mais ne commenta pas la décision de son patron.

Robert se perdait dans ses pensées. Il revoyait Jacqueline comme si elle était encore avec lui. Il recommençait à rêver à leurs enfants à naître. Il se retrouvait soudain comme au premier temps de son chagrin…Il avait eu depuis le décès de sa femme la constante impression qu’elle était là, tout près de lui, tout le temps et il arrivait souvent qu’il l’entende lui parler. Il avait, au tout début, été souvent pris en train de lui répondre et alors, il faisait croire à tout le monde qu’il avait pris la mauvaise habitude de marmonner tout seul.

Il regardait la ville au loin par la fenêtre de son bureau quand de nouveau elle lui ‘parla’ : « C’est fini. Aujourd’hui, notre histoire prend fin. La fontaine coulera de nouveau mais ce ne sera plus la vie qui coulera pour nous; elle coulera juste pour toi,  pour ton devenir, pour ton bonheur. Je pars…je ne serai plus là. Tu dois apprendre à être heureux. Il y a autour de toi des tas de femmes qui ne veulent que ton bonheur, qui veulent partager ta vie, être tes amies, tes amantes, tes épouses. Vis!  »

Elle en avait de bonne Jacqueline. Entouré de femmes?? Robert n’en avait pas touché une depuis la mort de Jacqueline. Bien sûr il avait eu des désirs…mais jamais ces désirs n’avaient été plus forts que sa peine, que l’omniprésence de sa femme, toujours et partout, à lui parler, à le conseiller, à l’aimer.

Il restait là sans bouger attendant pour commencer sa journée qu’elle lui parle de nouveau, qu’elle l’encourage, qu’elle lui rende le travail presque amusant, qu’elle fasse de cette journée de stress et de multiples décisions à prendre, presque une partie de plaisir.

Rien. Il ne se passait rien. Elle ne parlait plus…et il ne ressentait plus sa présence. Il se leva, fit le tour de la pièce, regarda dehors, retourna à son fauteuil, se rassit…toujours rien. Pour la première fois depuis son décès, elle était disparue, évaporée.

Il était seul.

Jamais il ne saurait comment vivre aussi seul, sans sa moitié, sans sa partenaire. En même temps, avec cette solitude nouvelle, un poids disparaissait de sur ses épaules et il pensa que St-Exupéry aurait sans doute écrit : « je ne suis plus responsable de ma rose »…. Elle était partie…elle avait choisi de partir, de disparaître.

Il était libre, célibataire. Elle le lui avait conseillé, il allait vivre!

Il était presque midi quand il sortit de ses rêveries. Il appela Francine sur l’intercom et lui demanda de venir. Quelques secondes à peine et elle était là devant lui. Près de la porte timide---ou très polie---et attendait ses ordres.

C’était comme s’il la voyait pour la première fois. Elle était grande et élancée, les cheveux noirs, avec des yeux très foncés qui faisaient penser à des épées qui pourraient vous transpercer d’un seul coup. Elle devait avoir un peu plus que la trentaine et son corps pourrait faire damner un saint, du moins ce qu’il pouvait en voir sous sa jupe courte et très ajustée et sa blouse juste ce qu’il faut décolletée.

Ils restèrent un moment sans bouger et soudain Francine brisa le silence : « Qu’est-ce qu’il y a, on dirait que vous ne m’avez jamais vu ou alors que j’ai tellement changé depuis hier que vous ne me reconnaissez plus. » Elle se regarda, vérifia sa blouse, la position de sa jupe puis continua : «  J’ai quelque chose que je n’avais pas hier? » dit-elle en riant.

« C’est vrai. Je ne vous ai jamais vu, dit-il lentement et un peu timidement, J’aurais pourtant du. J’ai vraiment manqué quelque chose au cours des derniers mois. Au fait, Francine, ça fait combien de temps que vous faites ce travail? »

« Vous voulez dire : que je suis votre secrétaire, Monsieur? Bientôt trois ans. »

Robert resta muet, un brin médusé. Du temps avait passé, du temps qui n’avait plus d’existence dans sa mémoire. Du temps que les autres avait parcouru par leurs gestes conscients, par leurs agirs choisis. Trois ans disait Francine. Elle avait été à son service trois ans et il n’aurait jamais pu la dessiner dans son cerveau. Elle serait décédée ce matin et il n’en aurait eu qu’un vague souvenir. Il réfléchissait. Trois ans que cette beauté travaillait avec lui, faisait presque partie de sa vie. Il passait près d’elle plus de temps qu’un mari ne passe avec sa femme, et il ne l’avait jamais même regardé…Il se sentit dépaysé, perdu dans un monde qui lui avait échappé, un monde dont il n’avait pas profité depuis des années. Son être conscient était décédé avec Jacqueline et il renaissait aujourd’hui dans un univers dont l’horloge avait continuer de tourner alors que la sienne avait cesser de battre la seconde.

Il ne savait rien d’elle, sinon qu’elle s’occupait fort bien de tout ce qu’il n’aimait pas faire dans ce bureau, qu’elle prenait soin de ses petits besoins, de ses billets d’avion, de ses horaires, de ses rendez-vous, des excuses à servir aux clients oubliés, de ses chemises à envoyer au nettoyage,  des rendes-vous chez le dentiste, des téléphones à faire…

« Dis-moi, Francine, t’es mariée? »

Francine avait attendu que son patron revienne sur terre sans bouger; elle avait l’habitude de ces soudain départ vers le monde obscure de l’au-delà où Robert fuyait souvent par petite dose. Mais elle n’avait certes pas l’habitude qu’il n’en revienne avec des questions sur sa vie personnelle. Il revenait toujours à la stricte réalité des affaires.

Il lui fit signe de s’asseoir, et elle prit place dans la chaise rembourrée devant son bureau. Robert resta debout et marcha lentement dans la pièce, tout en l’examinant

« Vous avez des drôles de questions ce matin Monsieur », dit–elle un peu inquiète. « Quelque chose ne va pas avec mon travail? Vous songez à me remplacer? Non, Monsieur je n’ai pas d’homme dans ma vie…ou si, j’en ai un, mais ce n’est pas MON homme! »

Robert crut voir les joues de sa secrétaire se colorer mais mit le tout sur le compte de son imagination...

Il prit un moment qui sembla à Francine une éternité avant de répondre. Il regarda Francine attentivement et se demanda ce que sa réponse pouvait bien signifier. Elle était vraiment jolie, et pour la première fois depuis une éternité il se sentait attiré par une femme…Elle portait un jupe ajustée et très courte et une fois assise, cette jupe remontait vers son ventre et il pouvait admirer ses cuisses jusqu’à l’aine. Sa blouse, qui paraissait presque sévère quand elle était debout, révélait, vu d’en haut, toute la beauté de sa poitrine. Il ne voyait pas la pointe de ses seins mais pouvait les deviner à travers le tissu de la blouse puisqu’elle ne portait pas de soutien-gorge.  Il aurait aimé la prendre dans ses bras, l’embrasser dans le cou, sentir sa peau, respirer son parfum...Il ressentit bientôt le début d’une érection.

Ces sensations étaient pour lui presque nouvelles, et cela lui rappelait sa rencontre avec sa première vraie flamme, la toute première fois ou il avait eu ce désir de prendre une femme dans ses bras, de la toucher partout de la caresser…

C’était après le départ de Lyne, après qu’elle soit disparue de sa vie à jamais.

Quand il eut 12 ans, ses parents commencèrent de garder Lyne, la fille des voisins, qui n’avait alors que 2 ans. C’était une gentille petite, éveillée et intelligente, qui s’attacha rapidement à lui. Il la prit en affection et ils devinrent de vrais compagnons malgré leur différence d’âge normalement insurmontable. Il prenait grand plaisir à lui enseigner tout ce qu’il savait et elle semblait folle de joie à l’idée d’apprendre de lui. Personne ne trouvait à redire de cette drôle d’amitié, tous y trouvant leur compte : les parents étaient plus que satisfaits des progrès et du bonheur de leur fille en garderie, la mère de Robert qui avait bien d’autres enfants à s’occuper, et Robert qui avait un loisir que ses parents appréciaient. Il se souvint qu’il l’appelait Sauterelle à cause de ses longues jambes et, qu’elle, puisqu’il lui défendait de l’appeler papa, l’appelait Puff, comme le dragon magique de la chanson. Cela le fit sourire. Elle était gentille cette petite!

Les années avaient passé et Lyne était devenue une jeune adolescente. La différence d’âge semblait s’amenuiser et les deux amis devenaient inséparables. Jusqu’au jour où Robert apprit, sans ménagement, que la famille de Lyne était déménagée. Sa peine avait été immense et il aurait voulu mourir. Il en voulait à tout le monde, il était démoli. Il comprit cependant bien vite qu’il ne pouvait en parler à personne sans éveiller des soupçons, sans déclencher des questionnements sans fin et souvent même des reproches. Pendant des années, il l’avait cherché partout, avec toutes sortes de moyens et ce n’est que plusieurs années plus tard qu’il avait fini par se résoudre à faire sa vie sans elle.

Il avait donc suivi les conseils de sa mère et avait tenté au mieux d’oublier. Comment pouvait-on, en effet, à 22 ans, avoir une peine d’amour pour une petite fille de  13 ans? Comment pouvait-on n’avoir jamais eu à cet âge qu’une seule amie, et que cette amie soit une fillette. Il chercha donc une fiancée et bien sûr comme il était beau garçon, comme il avait la parole facile et était brillant autant en affaires qu’en psychologie, il attrapa autant de filles qu'il le désirait. Il batifola donc de fille en fille, les trouvant plus futiles et sans dessein les unes que les autres. Jusqu'à Jacqueline, dont il tomba follement amoureux.

 « Monsieur, monsieur, vous êtes là? »

« Je m’excuse je rêvassais, je suppose…je suis un peu confus ce matin. Quelle heure est-il? »

Francine le regarda avec un visage interrogatif. Elle se demandait ce qui avait déclenché ce tout nouvel état chez son patron, lui qui d’habitude était complètement indifférent à tout ce qu’elle pouvait dire ou penser, lui qui ne lui parlait que pour donner des ordres ou commenter le travail fait ou à faire.

« Il est bientôt midi, et vous aviez plusieurs choses de prévues pour ce matin. Vous voilà bien en retard… »

« Dis, tu viendrais manger avec moi ce midi? Et ce ne sera pas un dîner d’affaire; j’aimerais te connaître. On travaille ensemble depuis longtemps et je n’ai aucune idée de qui tu es vraiment. »

Francine n’en croyait pas ses oreilles. Robert, son Robert, celui pour qui elle avait choisi de travailler, celui qu’elle admirait, qu’elle respectait, celui que ses rêves désignaient comme l’homme de sa vie, venait enfin de s’apercevoir qu’elle existait…

« Mais Monsieur, nous avons un tas de choses pour cet après-midi » objecta-t-elle sans conviction.

« Donnez tout à Jeanne, c’est bien son nom, elle s’occupera de tout. Et dites lui que nous avons un dîner d’affaires et que nous ne serons pas de retour avant l’année prochaine… » dit-il en ricanant.

Francine se leva d’un bond et Robert remarqua qu’elle ne portait rien sous sa jupe…il se promit de lui demander la raison. Elle courut jusqu’à la porte faisant sautiller ses seins et dévoilant le bas de ses fesses…elle ouvrit la porte en trompe, trébucha dans le hall et courut jusqu’au bureau de son aide pour lui annoncer qu’elle allait dîner avec le patron. Elle pris son porte-document, courut de nouveau jusqu’au bureau de Robert et lui annonça en soufflant un peu : « Voila. Je suis prête et j’apporte mon porte-document pour que personne ne se doute qu’il ne s’agit pas d’un dîner d’affaires »

Robert se mit à rire à gorge déployée. « Personne, et surtout pas Jeanne ne pourrait en effet se douter… »

Il ne recommencèrent à parler qu’une fois dans la voiture de Robert et sortis du garage. La conversation fut surtout constituer des questions de Robert sur la famille de Francine, ses loisirs, ses amours passés, ses ambitions et les raisons pour lesquelles elle était venue travailler à la firme de Robert et avait tant insisté pour devenir sa secrétaire particulière.

Elle commença d’expliquer et selon le désir de Robert elle le tutoyait : « Quand j’ai commencé à travaillé au bureau je n’avais aucune préférence, et seul le salaire motivait mes choix d’emploi. Puis petit à petit j’ai commencé de te connaître et j’avais plein d'admiration pour un gars qui a fondé lui-même son entreprise et qui la gère sans brimer ses employés, sans les faire suer et en les motivant. Puis j’ai appris pour ta femme et au début j’ai eu pitié. J’ai vite compris qu’un homme capable d’aimer une femme à un tel point devait être bien spéciale dans ce monde d’égoïsme et j’ai voulu tout savoir, te connaître mieux. C’est alors que j’ai tout fait pour avoir ce poste de secrétaire. »

Ils entrèrent bientôt dans le garage souterrain de l’hôtel Cartier, l’un des plus chic de la ville. Le garage était bondé et Robert eut toutes les misères du monde à trouver où garer son véhicule. Il finit par trouver une place délaissée parce qu’elle était sous une rampe et presque à l’obscurité.

A brûle pourpoint il demanda en riant : « Et pourquoi tu ne portes pas de sous-vêtements, même pas de petite culotte? » Et ce disant, il passa son doigt dans l’ouverture de la blouse de Francine pour regarder ostensiblement sa poitrine. Elle fit mine de le repousser avec violence mais son geste rapide fit sursauter la main de Robert et le bouton du haut de la blouse sauta. Elle protesta mais ne fit rien pour refermer son décolleté qui allait maintenant presque jusqu'à la ceinture.

« Écoute Robert. Si je te dis la vraie raison pourquoi je voulais ce poste de secrétaire, si je te dis pourquoi je ne porte pas de sous-vêtements quand je vais au bureau, si je te dis pourquoi je donnerai tout ce que je possède pour rester encore un peu dans ta voiture, tu vas me croire folle et tu ne voudras plus jamais avoir à faire avec moi… »

« Dis toujours, peut-être que j’aime bien les folles, surtout quand elles ont d’aussi  jolis seins bien en évidence, et, dit-il regardant plus bas, une bien jolie toison » Francine s’aperçut que sa position sur le siège de cuir laissait voir son poil pubien et une partie de sa vulve. Elle referma les jambes un peu plus et sourit. Elle n’arrivait pas à cesser de sourire. Elle était excitée au plus haut point et ne savait pas si l’excitation de la rencontre avec Robert était plus importante que son excitation sexuelle. Elle sentait vibrer son bas ventre depuis qu’elle s’était assise dans l’auto et cela allait en augmentant. Cet homme, elle le désirait depuis des années, elle le voyait dans ses rêves, elle lui faisait l’amour en imagination chaque soir…et il était là. Il allait la toucher, la prendre dans ses bras la caresser et peut-être lui faire l’amour. Elle se sentit mouiller. Elle était l’objet de Robert, elle était sa maîtresse, elle était son esclave, elle était …

« Continue » lui dit-il en s’approchant d’elle et en commençant de caresser ses cheveux.

Elle regarda son visage et se demanda si elle pouvait lui faire confiance. Réflexion faite, quel risque courait-elle? Il la prendrait. N’était-ce pas ce q’elle désirait plus que tout au monde? Il la trouverait folle, mais la prendrait de toute façon…il ne pourrait plus s’arrêter maintenant. Elle voyait la bosse dans le pantalon. Elle était excellente secrétaire. Il la trouverait folle mais la garderait de toute façon à son emploi et elle le verrait quand même chaque jour. Quel risque courrait-elle? Aucun.

Elle se lança : « Depuis le premier jour, depuis la première fois où je t’ai vu, je t’ai désiré, je t’ai aimé. Je ne suis pas là pour le salaire ni pour les conditions de travail. Je suis là pour toi. Parce que tout ce temps, je t’ai vu chaque jour, j’ai été presque une épouse, j’ai pris soin de toi, de tes rendez-vous, de tes chemises…Tu m’as ignorée… mais j’ai senti ton parfum, j’ai vu tes larmes, tes tristesses tes victoires. Je t’ai aimé en silence et je t’aimerai toujours. Je suis folle et je le sais, c’est de toi que je suis folle et je me fous de ce qui arrivera…je serai toujours là tout près, partout où tu iras j’irai…tu veux savoir pourquoi au bureau je ne porte jamais de sous-vêtements…au cas, juste au cas où tu déciderais de me toucher, de vouloir me caresser de me prendre…je suis prête depuis des mois à ce qui va maintenant arrivé, tu vois je n’étais pas si folle après tout, juste folle de toi! »

Robert souriait et pendant qu’elle parlait il avait passé un bras sous sa nuque et son autre venait tout juste de pénétrer dans la blouse entr’ouverte. Il lui caressa les seins et la sentit tressaillir. Il détacha la ceinture de son pantalon, son pénis en pleine érection commençait à faire mal, emprisonné par ses vêtements. Sa main retourna dans la blouse qu’il tenta de libérer de la ceinture de la jupe. Le tissu céda et sa poitrine se trouva entièrement dénudée.

Soudain, sans crier gare, elle s’accrocha de ses deux mains à la nuque et aux cheveux de Robert et l’embrassa avec fougue. Ce fut le début de l’explosion.

Robert s’étira le bras et maladroitement tira sur la manette commandant le dossier de son siège. Ils basculèrent ensemble et se retrouvèrent couchés, Robert sur le dos et Francine sur lui, presque nue.

Après moult acrobaties et contorsions, Francine fut bientôt couchée sur le dos, la tête presque sous le volant, les épaules sur le bas du dossier abaissé de la banquette, les jambes écartés, la poitrine nue bien proéminente, sa jupe devenue une simple ceinture faite du tissus plissé et fripé de sa jupe. Robert était à genou entre ses jambes et tentait tant bien que mal de se débarrasser des son pantalon.

Robert se pencha sur elle et voulut lui lécher le bout des seins, pour aviver le désir de sa compagne mais il eut à peine le temps d’atteindre un mamelon qu’elle agrippa ses cheveux et tira son visage sur le sien et  recommença de l’embrasser à pleine bouche. Son corps vibrait littéralement de désir.

Les amants étaient comme des animaux en rut. Robert la pénétra presque brutalement sans aucun prélude supplémentaire et sans aucun effort. Elle mouillait déjà depuis longtemps et tout le haut de ses cuisses était trempé. Francine ressentit de la douleur pendant une fraction de seconde mais le plaisir se répandit en elle comme une traînée de poudre et elle perdit tous ses moyens.  Son corps se mit à vibrer, les muscles de son vagin se tendirent, puis presque tout de suite elle explosa en cascade. Elle eut vaguement l’impression de crier ou de geindre mais toutes les sensations se perdirent dans son feu intérieur.

Robert fut perplexe pendant un moment. Il n’avait jamais expérimenté ce genre de situation, et se l’avoua en se sentant un peu coupable; même avec sa femme, jamais une telle énergie n’avait emporté sa compagne, et jamais il ne s’était senti lui-même aussi…animal en rut! Il s’avoua qu’il adorait ces vibrations insoutenables qui traversaient son bas-ventre, cette force invincible qui le poussait dans les bras de cette femme …

« T’es l’homme de ma vie, dit-elle à voie basse, voila des années que j’espère en silence, que j’attends ce moment. Emplis-moi, abuse de moi, bats-moi, fourre-moi comme une animale, je suis ta chienne en chaleur, je suis ta maîtresse, je suis ton esclave, je suis ta reine, je suis ton jouet, je suis à toi, à toi, à toi… » Elle s’arrêta de parler, Robert l’embrassait et reprenait avec vigueur les mouvements de va-et-vient qui la feraient jouir encore et encore.

Les deux amants n’allèrent jamais au restaurant. Ils partirent plutôt vers l’appartement de Francine. Ils s’amusèrent du fait que Francine n’avait comme blouse que deux pièces de tissus et elle refusa de les porter. Ils circulèrent en voiture jusqu’à son appartement, elle la poitrine nue et plusieurs camionneurs y trouvèrent grand plaisir. Arrivée chez elle, Robert la mit au défi de descendre et de rentrer chez elle ainsi dénudée. « Ca te ferait plaisir, demanda-t-elle? T’es un voyeur ou quoi? » «  Avec toi, j’ai tous les vices » répondit Robert avec un grand sourire et le réel désir de la voir courir nue de la portière de l’auto à la porte de son aparté et la, de débarrer la porte, nue, au risque d’être aperçue de ses voisins et des passants. « T’es un cochon! » lui dit-elle en riant et elle enleva sa jupe et la lui lança au visage en éclatant d’un rire qui ressemblait à celui d’une toute petite fille qui s’apprête à faire un mauvais coup.

Elle garda ses souliers à talon haut et ouvrit la portière et marcha vers la porte de son appartement en tortillant de la hanche de façon fort explicite. Un taxi qui passait s’arrêta net en faisant crisser ses pneus au risque d’avoir un accident et quelqu’un quelque part la siffla très fort. Robert riait à gorge déployée et la suivit bientôt jusqu’à la porte ouverte. « T’es complètement folle. Et moi qui croyait que t’étais la secrétaire modèle, sérieuse et réservée…T’as réussis à m’avoir encore… » Il la prit dans ses bras et l’embrassa, puis la souleva de terre et l’emmena vers la chambre à coucher dont la porte ouverte laissait voir le couvre-lit fleuri.

Après avoir de nouveau fait l’amour ils commandèrent de la pizza…Ils parlèrent peu et leurs ébats amoureux continuèrent jusque dans la nuit.

Quand Robert retourna chez lui ce matin-la le jour se levait. C’était fin mai, et l’aube arrivait tôt. Il ne savait que penser de toute cette aventure, mais une chose était certaine : il avait adorer. Il craignait les conséquences de son inconséquence. Un patron qui couche avec sa secrétaire n’est pas plus éthique qu’il ne faut. Et cette fille, il la connaissait finalement très peu. Peut-être avait elle des tas d’amants, peut-être voulait-elle simplement le faire chanter, peut-être voulait elle profiter de sa fortune…Quand plus tôt, il était avec elle, il lui aurait donner le bon Dieu sans confession. Mais une fois séparé d’elle, il se mettait à douter.

Robert ne pouvait pas dormir. Il prit une douche, alla marcher un peu dans l’air frais du matin et attendit qu’il soit six heures. Il prit le téléphone et signala le numéro de Henri. Henri était un détective privé qu’il connaissait depuis le collège et qui était pour lui plus qu’un simple fouineur. C’était un véritable ami et il lui faisait totalement confiance. Il l’utilisait quand certains de ses clients paraissaient liés au crime organisé ou simplement pour s’assurer de leur crédit. Henri était un maître dans son art, et comme disait Robert pour rire, il avait le nez fourré partout.

« Je sais bien que je te réveille. Il est assez tard. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt…Bien sur que j’ai du travail pour toi…Pourquoi ce serait plus cher, parce que je te réveille? Pas ma faute si tu te lèves tard…OK OK …Ma secrétaire, oui, Francine…Je sais que tu l’as déjà vérifiée, mais pas sa vie privée. Je veux savoir si elle a un homme dans sa vie, si elle est clean quant à la drogue, la prostitution, tout quoi…non pas la semaine prochaine, aujourd’hui…et un autre. J’ai un jardinier que ma sœur doit avoir engagé…non je ne sais pas son nom…demande au paymaster. Je veux savoir d’où il sort, qui il est, sa vie privée, tout. Il est sur ma propriété 8 heures par jour, non pas cette semaine pour la secrétaire, aujourd’hui…cette semaine pour le jardinier…non demain au plus tard. OK. Je paierai le supplément. Donne-moi un coup de fil et on ne se verra…pas au bureau bien sûr…OK Bonne journée… »

Robert arriva au bureau très tôt ce matin-là et était bien sûr que personne n’y serait. Il allait faire le boulot qu’il avait négligé de faire la veille et mettrait les choses au clair avec Francine : il regrettait l’incident et on allait tout oublier. Dorénavant, il agirait comme un patron et elle agirait comme une secrétaire. Il entra dans le hall d’un pas décidé et certain que plus jamais de telles choses ne lui arriveraient. Un homme a droit à l’erreur, il n’avait pas eu de relation sexuelles depuis des années, elle l’avait bien attrapé mais c’était fini. Cette Francine, après tout, ne représentait rien pour lui au niveau affectif, à peine quelques années de travail en commun, et elle n’était pas si appétissante que ça…

Il ouvrit la porte de son bureau et entra. Elle était là, assise sur le coin du bureau, la blouse entr’ouverte, les jambes bien en vue, et le sourire, le sourire…
«  Merde » dit-il en lui-même, balayant de ce mot toutes ses résolutions et réflexions de la nuit. Il la regarda à peine quelques secondes et sentit le désir grandir en lui tellement vite qu’il eut l’impression que la tête lui tournait Il s’approcha et ne dit mot. Il la prit dans ses bras, l’étendit sur le bureau et la pénétra tout doucement, pendant qu’il l’embrassait goulûment. Il la prit ensuite par la taille, la souleva, et tout en gardant son membre bien profondément enfoui en elle, la transporta jusque sur le divan…

La journée de travail commençait !!!

A neuf heure pile, Francine avait refait son maquillage, et était à son poste comme si de rien n’était. La journée de Robert allait être chargée et il n’aurait plus le temps de parler à sa nouvelle maîtresse. Il choisit donc de lui parler tout de suite et l’appela dans son bureau. Elle s’y pointa comme une employée modèle, comme si de rien ne s’était jamais passé. Elle dit même en entrant : « Monsieur? »

Robert tenta de lui expliquer qu’il se sentait coupable face à lui-même et face à elle. Il avait fait l’amour avec elle sans vraiment la connaître, et ces gestes  se rapprochaient des actions d’animaux en rut. Il n’avait pas eu l’intention de lui faire l’amour quand il l’avait invité au resto et tentait d’expliquer l’inexplicable…

« Cesse de te faire des reproches, Robert. Je te voulais. Je te veux. Je suis plus animal que tu ne le crois. La seule chose que je regrette, c’est de ne pas t’avoir dit plus tôt que je te désirais. Mais tu ne m’aurais pas entendu, comme d’ailleurs tu ne m’as jamais vraiment vue comme une femme. Ton cœur était plein de ton épouse décédée et il n’y avait plus aucune place sauf pour ton travail. J’ai attendu. Les moments les plus heureux que j’ai eu avant ceux d’hier sont les heures que je passais près de toi ici même dans ce bureau, et à travailler pour que ta vie soit plus facile, que tu  sois moins malheureux. Je ne savais pas très bien ce que je ressentais pour toi. Maintenant je le sais. Je voulais être dans ton bureau, près de ton bureau, près de toi. Tu ne m’as rien pris. Tu m’as donné le bonheur de te recevoir en moi. Que tu décides quoi que ce soit, que tu me renvois de la compagnie, que tu me répudies de ta vie, rien ne m’enlèvera la fierté que j’aurai toujours d’avoir pu te recevoir en moi. Tu n’as pas à t’excuser d’avoir été un animal, tu n’as pas à expliquer. Tu m’as pris. Je suis ton bien. Tu fais de ton bien ce que tu veux et j’accepterai. C’est tout. »

Robert n’ajouta rien. Il donna ses ordres pour la journée qui s’annonçait longue et difficile pour lui. Il avait un dîner rencontre, une après-midi de meeting et un souper de PR qui finirait sans doute tard en soirée. Et le lendemain, jeudi était déjà tout cédulé, d’autant que le jeudi, depuis des années, Robert rentrait tôt pour souper avec sa confidente, Lisette. Il fit part à Francine qu’il ne pourrait sans doute pas se voir seuls avant vendredi et elle sourit en disant qu’elle goûterait la plénitude de l’attente.

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Robert rentra plus tard qu’à l’accoutumer ce jeudi-là. Il était six heures trente quand il passa la grille de fer forgé du manoir et la température dépassait les trente degrés, ce qui était assez exceptionnel pour ce jour de fin Mai.

Le soleil de fin du jour commençait à peine de rougir toute la propriété quand le regard de Robert s’accrocha littéralement dans le reflet de l’eau de la fontaine…l’eau de la fontaine! Il freina brutalement mit la voiture sur ‘park’, ferma l’allumage et descendit en trombe sans même refermer la portière. La fontaine était toute en splendeur dans cette lumière rougeâtre et l’eau chantait de douces mélodies qui firent revivre à Robert des soirées inoubliables dans le banc de pierre tout près, face au manoir mais surtout près de cette fontaine magique. Il marcha jusqu’au banc et s’arrêta.

Une femme sortit du manoir par la porte principale et se dirigea vers lui. Il crut voir sa Jacqueline…puis revint sur terre et salua Lisette qui dit : « Elle est belle, n’est-ce pas? Elle a retrouvé la vie »
« Salut. Je m’excuse d’être si tard. T’aurais du partir. Je n’ai pas d’excuse. Pardonne-moi. »
« Ca ne fait rien…j’ai préparé un souper facile à servir et ce sera, si tu veux, sur le patio…il y fait bon, malgré la chaleur. »

Robert regarda Lisette. Elle était jolie sans être une beauté. Ce qui était le plus remarquable de son visage, c’était ses yeux verts, la seule partie de son anatomie que Robert connaissait, la seule qu’il avait regardé des milliers de fois. Lisette portait une robe d’été qui faisait pensé à un parachute. Elle aurait pu être obèse ou maigrichonne, il n’y aurait eu aucune différence. Sa robe descendait sous le genou et paraissait une enveloppe torride pour la température de ce jour-la. Lisette avait remarqué les regards presque inquisiteurs de Robert et était intriguée, et un peu gênée.
« On dirait que tu me vois pour la première fois, Monsieur Robert. Qu’est-ce qui se passe? La fontaine t’a rongé la mémoire et tu ne te souviens plus de ce que j’ai l’air? » lui dit-elle en souriant.

« Non, Lisette, La fontaine m’a plutôt ramené  à la vie, m’a rappelé que je devais regardé autour de moi et que j’y verrais de bien belle choses…et surtout de bien belles femmes. La fontaine m’a rappelé que, plutôt que de t‘apprécier j’avais été un goujat qui n’avait pensé qu’à lui-même. Et la fontaine me dit aujourd’hui je devrais te serrer dans mes bras et te dire merci d’exister, d’avoir été là tout ce temps. » Puis la regardant ostensiblement, il ajouta d’un ton moqueur : «  Et la fontaine me dit que j’aimerais bien savoir ce qui se cache sous cette robe camouflage… »

Il s’avança vers elle, la prit par la taille et voulut lui donner un baiser sur la joue. Elle détourna sa tête et leurs lèvres se marièrent. Le baiser ne dura que quelques secondes, mais il surprit Robert au plus haut point. C’était la première fois que Lisette démontrait plus que de l’affection fraternelle pour lui. Elle sentit la surprise et se crut obligée d’expliquer : « Sous cette robe camouflage se camoufle une femme amoureuse qui n’a jamais voulu être autre chose qu’une confidente sur qui tu pouvais compter. Si je m’étais habillée de vêtements érotiques, tu aurais été troublé, tu aurais eu l’impression de tromper ta femme, et notre relation n’aurait jamais existée. Et puis mon corps n’est pas celui d’une vedette de ciné, je n’ai pas la beauté de ta femme, tu serais probablement déçu … »

Pour la première fois il se sentait attiré par cette femme qui avait tant et tant de fois été à ses côtés. Il remit les mains sur sa taille et l’amena contre lui. De très gros seins s’appuyèrent d’abord contre lui. Il la sentit d’une certaine rigidité puis très rapidement elle accepta de se retrouver tout contre lui, puis son corps se moula au sien. Elle mit sa tête au creux de son épaule et soupira de bonheur.

Les mains de Robert lui caressèrent d’abord le dos, puis descendirent sur ses fesses et remontèrent sur sa nuque. Sous les mains de cet homme, Lisette se sentait comme la mer qui ondule sous le vent, comme les arbres qui ploient comme pour dire à la bise le bonheur d’être…Elle leva son visage et quémanda un baiser…qui ne se fit pas attendre. L’homme de sa vie était là…il la caressait, il l’embrassait…

Robert relâcha son étreinte. Comme pour Francine le doute l’assaillait. Qu’est ce qui lui arrivait. Cette femme était pour lui plus que dévouée. Mais avait-il le droit de la prendre comme çà, de profiter de la chaleur, de son admiration, de son amour sans aimer en contrepartie…Pourtant, il l’aimait cette fille. Elle était importante pour lui, elle était sa ressource pendant les jours de tempête, sa confidente, sa maîtresse??? Son esprit se perdait. Lisette n’avait jamais été même près d’être sa maîtresse. Jamais il ne l’avait désirée; en fait, il ne l’avait même jamais vraiment vue, tout imbu qu’il était de sa peine, de son deuil à vivre. Et pourtant elle avait toujours été quelque part dans son cœur, comme un fantôme, comme une chimère, un conte de fée. Et aujourd’hui pour la première fois elle devenait réelle, désirable, humaine.

Pour faire diversion, pour sortir de sa réflexion il dit : «  Et qu’est-ce qu’il a ton corps de si affreux? Tes jambes sont magnifique, je les ai vues plusieurs fois…ton visage me plaît avec des yeux couleur de jade, des yeux qui vous transpercent et qu’on ne peut jamais oublier, et ce que je viens juste de découvrir, ajouta-t-il en riant, des fesses bien fermes, et des gros seins, de très gros seins »

Lisette ne savait pas s’il était sérieux ou s’il blaguait vraiment. « Je sais que j’ai des seins bien trop gros mais je n’y peux rien. J’aurais tant aimé être le modèle parfait pour toi. Pour que tu trouves autant de plaisir juste à me regarder que j’en ai à me trouver près de toi… »

« Lisette, dit-il avec affection, je t’ai dit des tas de fois ce que j’aime d’une femme et ce que je n’aime pas…comment je rêve qu’une future maîtresse se présente à moi, comment je voudrais qu’elle soit…pourquoi tu fais un chiard avec tes gros seins. J’adore les gros seins et tu le sais. Tu connais tous mes fantasmes…»

« Je sais…je les connais tellement que j’ai déjà fait tous les vêtements que tu aimerais voir d’une maîtresse. J’ai toujours espéré qu’un jour tu me désirerais, que tu voudrais de moi comme autre chose qu’une amie, une confidente. Et aujourd’hui j’ai enfin l’impression que tu me vois…T’aimerais les vêtements?»

Robert commença d’imaginer Lisette dans des vêtements érotiques…les gros seins qu’il avait senti il y a quelques minutes contre sa propre poitrine, la taille fine, les fesses rondes et bien fermes, et il sentit le début d’une érection.

« Les vêtements?  Oui, oui, bien sûr. Je suis un voyeur », dit-il en riant.

Il prit de nouveau Lisette dans se s bras et ils l’embrassa comme si demain n’existerait pas, comme si la chose la plus importante qu’il aurait à faire avant sa mort était ce baiser…langoureux, sensuel, presque vicieux…Lisette perdit contact avec toute autre réalité que celle de son corps et de son bien aimé, sa bouche, ces vibrations qui traversaient son bas ventre et montait vers sa tête et cette impression de vivre intensément qu’elle avait oubliées depuis longtemps.

Elle reprit son souffle, regarda Robert et en guise de remerciement pour les minutes d’intensité, elle ne trouva à dire que : «  Tu veux manger…tu veux te baigner, tu veux un apéro, tout est prêt. » Et Robert ne compris de ces mots que leurs sens cachés : ‘je suis prête’. Elle partit vers le manoir puis après quelques pas,  se retourna et ajouta : «  Je vais me changer et préparer la table…je t’attends »

Robert sentait sa tête tourner. Jacqueline avait dit vrai! Il y avait peut-être bien autour de lui des tas de femmes qui voulaient son bonheur, qui voulaient partager sa vie.

Il alla stationner l’auto et passa par sa chambre pour se débarrasser de sa chemise/cravate et de son pantalon pour les remplacer par un simple bermuda de coton léger. Il faisait frais dans le manoir et il se rendit compte comme les quelques minutes qu’il venait de passer avec Lisette lui avait donné chaud. « Il est vrai, s’excusa-t-il lui-même, qu’il fait tout de même 30 degrés ».

Il s’installa sur une des chaises de jardin jouxtées à la table à parasol. Son apéro était devant sa place habituelle et quelques plats de service couverts l’attendaient déjà. Il prit une petite gorgée…et la vit arriver.

Elle portait en guise de corsage, un t-shirt de coton blanc très moulant, coupé juste sous les seins, et une toute petite jupe du même tissus, qu’une toute petite ceinture maintenait tellement bas sur les hanches que quelques poils pubiens en débordaient. La jupe était collé à la peau et se terminait au haut des cuisses. Des souliers à haut talon blancs complétaient le tableau.

Lisette s’arrêta dès que Robert commença de l’examiner et rougit de gêne. Elle se demandait si elle avait fait le bon choix. Bien sur elle connaissait les goûts quelques fois bizarres de Robert, mais des vêtements aussi osés pour une rencontre ou pour la première fois Robert la voyait en femme, ce n’était peut-être pas le bon choix.

Elle resta là, debout près de la porte, plantée comme un zouave, les jambes légèrement écartées, les bras ballants, ne sachant si elle devait continuer vers lui comme si de rien n’était et aller servir le souper, ou rebrousser chemin et s’enfuir à toute jambe vers son domicile pour ne plus jamais revenir.

Le regard de Robert la parcourut de bas en haut et de haut en bas à plusieurs reprises pour se fixer longtemps sur ses gros seins dont les tétines avaient la forme et le format de dés à coudre. Son regard retourna vers les yeux verts puis de nouveau vers les seins proéminents, attirants, sensuels…

« Tu ferais damner un saint…et tu me fait bander comme un animal, souffla-t-il à voix basse. Tu es magnifique. Où as-tu pris ces vêtements? Tu as vu dans mon imagination…t’as découvert mes fantasmes secrets!!! Même Jacqueline n’aurait pas osé…Oups! excuse je ne voulais pas te mentionner même son nom…pas quand tu te présentes à moi avec un tel message visuel…Approche  que je te serre, que je t’embrasse, que je… »
« Pas question. Il faut souper d’Abord, dit-elle d’un ton enjoué; et il faut que tu jouisse un peu par les yeux…je suis heureuse que ça te plaise. J’avais tellement peur…et ce soir c’est probablement ma dernière chance. »
« Pourquoi ta dernière chance? Tu pars en voyage? Tu rentres au couvent? Tu te maries demain? On se verra plus souvent, beaucoup plus souvent je te promets. »
« On verra » se contenta-t-elle de dire et elle marcha vers la micro-onde installée un peu plus loin, dans un petit meuble de jardin, en tortillant de la croupe d’une façon très experte.

Robert se rappela les paroles du détective qui lui avait affirmé que Lisette avait suivi au moins pendant une saison des cours de Baladi. Henri avait aussi déterré qu’elle n’avait aucun homme dans sa vie et qu’elle prenait des cours d’écriture et travaillait dans un hôpital longue durée toutes les fins de semaine.

Des cours de Baladi!

Elle revint avec les escargots à l’ail qu’elle avait préparé, sans manquer de faire osciller sa généreuse poitrine…qui se dénudait un peu plus au bas du t-shirt à chaque pas. Robert était hypnotisé par ces seins qui se balançaient et surtout par les mamelons qui paraissaient vouloir percer le tissu ou s’évader par le bas du t-shirt qui  remontait toujours un peu plus.

« Tu aimes? » demanda-t-elle en se plaçant devant lui, les jambes écartées, les mains sur les hanches, la poitrine proéminente.

Robert se mit à rire et répondit : «  Excellent, les escargots! Viens au moins prendre un verre de vin avec moi; tiens assis toi tout près»

« Tu crois m‘attraper comme çà? Je vais m’asseoir ici, en face de toi. Sinon tu me prendras dans tes bras, tu m’embrasseras, et, et… Pas question. Tu m’as dit que t’étais voyeur alors sois voyeur…ne me touche pas» Sur ce, Lisette fit quelques contorsions des hanches qui mimaient à merveille les mouvements du coїt et qui laissèrent Robert bouche bée. Elle s’assit finalement et prit un escargot de l’assiette de Robert en attendant qu’il soit prêt pour le plat principal.

« Si ta question était de savoir si ta façon d’être ce soir me plait, si ton habillement, devrais-je dire ton déshabillement et tes déhanchements me plaisent, la réponse c’est : T’es merveilleuse! T’es bandante! T’es un fantasme! T’es mille fois plus sexy que les filles des films de cul! Il est incroyable que la fille sérieuse, gentille, et surtout capable d’écoute pendant des années ait si bien caché pendant des années ses désirs de plaire, ses désirs d’être désirée. J’en suis abasourdi… » il sourit, puis ajouta plus bas, « et bandé comme un étalon ».

Lisette était fière de faire passer un bon moment à l’homme qu’elle aimait depuis si longtemps. C’était enfin l’heure de lui dire par ses gestes: je t’aime. Elle se leva et dit, maintenant beaucoup plus sûre d’elle-même : «  Je te ferai passer une nuit inoubliable…tu devrais déjà téléphoner à ta secrétaire pour lui dire que tu n’entreras pas tôt demain matin » Elle se leva, rit de bon cœur et fit quelques mouvements de Baladi qui firent valser ses seins et tournoyer ses hanches, puis se dirigea vers l’intérieur du manoir pour chercher le plat principal.

Robert se tourna complètement et la regarda revenir les bras chargés. Malgré tout elle arriva tout de même à faire quelques mouvements qui présageaient de la nuit à venir.

Pendant qu’il mangeait, elle se leva lentement et mit en marche le petit lecteur de disque compact pour emplir l’atmosphère de musique orientale. Elle commença de bouger au son de la musique, au début de mouvements à peine perceptible, puis petit à petit le roulement de ses hanches devint bien visible. Elle se tourna d’un coup vers lui  et commença de vraiment danser…

Son corps se mit à onduler avec la musique ; elle faisait rouler ses hanches, valser ou vibrer ses seins avec la musique, elle était la sensualité, elle était l’appel à l’amour devenu femme.

Robert ne bougeait plus, la bouche ouverte, les yeux rivés sur elle. Tout son être était sur elle, était avec elle chaque mouvement le faisait vibrer comme s’il dansait lui-même, et chaque ondulation de ses hanches le faisait frémir de désir comme si les mouvements sensuels de cette femme étaient la frénésie de l’acte amoureux.

Robert se leva et avança vers elle lentement. Elle le regarda bien dans les yeux et leva les bras et dans un mouvement sensuel de danse elle souleva les épaules et ses seins se découvrirent. Elle avança en les faisant osciller de droite à gauche et de gauche à droite et repoussa les bras de l’homme quand il voulut lui toucher la taille. Elle repoussa ses mains vers l’arrière et lui fit comprendre qu’il ne devait pas la toucher. Elle continua de s’avancer sans cesser sa danse et bientôt la pointe de ses seins, dures et en érection vint bientôt se frotter en cadence sur la poitrine velue de Robert. Ses yeux se fermèrent et sa respiration devint haletante, mais elle continua de danser au même rythme. Elle approcha son ventre ondulant et frémissant jusqu’à toucher celui de Robert et lui caressant les hanches, fit comprendre que le bermuda n’était plus de saison. Robert laissa tomber son short et se retrouva devant elle nu et avec la plus rigide érection qu’il n’avait eu depuis des lunes. Lisette s’approcha et bientôt le pénis de Robert fut entre ses jambes alors qu’elle continuait de faire valser ses hanches d’avant en arrière au rythme des tam-tams, pendant que ses seins lui chatouillaient la poitrine et que son ventre frappait le sien en cadence.

Lisette s’immobilisa soudain et d’une main s’accrocha aux cheveux de la nuque de Robert et de l’autre, lui enfonça ses ongles dans la peau du dos; elle enfonça son visage dans son cou et mordit dans la peau de son épaule. Elle n’émit aucun son. Elle vibra pendant de longue seconde puis imperceptiblement ses hanches reprirent leur mouvement de balancier, et comme pour rattraper le temps perdu, elle amplifia le mouvement de son ventre et de sa poitrine. Elle se souleva un peu plus sur la pointe des pieds et de contorsion en contorsion arriva à trouver avec sa vulve le pénis de Robert et le fit la pénétrer comme par miracle. Robert avança le bassin et trouva une position qui lui permettait de jouir pleinement des amples mouvements de hanches de Lisette. Cette fois, elle ne cessa pas de danser mais hurla sa joie de vivre de tout ses poumons au moment où les deux amants arrivèrent ensemble à l’extase.

Ils étaient lovés sur la chaise longue du patio, complètement nus, et ils n’avaient pas bougé depuis presque une heure, ne disant rien, n’ayant rien à dire, savourant le présent, savourant l’apaisement complet de leurs corps quand : « Allos-nous baigner, dit soudain Lisette. Ce sera merveilleux de nous retrouver sous l’eau dans les bras l’un de l’autre » et avant que Robert ne refuse sous prétexte que la piscine était crottée, mal odorante et que son eau était froide, elle continua : « La piscine est maintenant propre et chauffée…ce sera merveilleux » Elle se leva, fit face à Robert et se pencha pour le tirer par la main. Il feignit de refuser, tira sa main et fit quelques contorsions pour se retrouver avec un sein dans la bouche…qu’il s’empressa de téter vigoureusement comme un bébé affamé. Lisette ne fit rien pour l’en empêcher et trouva rapidement une position plus confortable pour les deux. Elle s’étendit bientôt sur Robert, et lui prit la main pour la poser sur son autre sein. Il comprit le message et commença de lui caresser avec expérience, le touchant tantôt à peine, effleurant sa pointe, et tantôt, le pinçant et le tordant presque violemment. Lisette avait perdu tout contrôle d’elle-même. Elle était hyper sensible de ses  mamelons, et n’avait pratiquement jamais permis à personne d’en disposer comme le faisait Robert. Elle perdit le contrôle de son corps et cessa d’essayer de le reprendre. Elle se sentit partir et accepta le fait que c’était maintenant lui qui avait les commandes…Elle se mit à hurler de plaisir et sentit son vagin se contracter…elle jouissait par le plaisir des seins. C’était une découverte pour elle, bien qu’elle s’en doutait depuis longtemps. Robert ne fut pas surpris. Il avait senti l’effet que ses mains ou le poil de sa poitrine faisait sur elle. Mais il ne s’attendait pas à ce qu’elle jouisse aussi rapidement et aussi fortement. Il savait maintenant comment il la remercierait des milliers de soirées qu’elle avait passé à l’écouter…
 
« Attends, dit-il, avant de courir de jeter à l’eau. Tu courras quand j’y serai déjà » Robert courut lui-même jusqu’à la piscine et plongea sans réfléchir, oubliant qu’il n’y avait pas très longtemps c’était une mare puante à l’eau verdâtre. Il ressortit de l’eau et alla s’appuyer contre le bord. Il la regarda, et dit : « Maintenant! » Elle fit deux pas, et comprit que, comme elle était nue, si elle courrait ses seins valseraient dans tous les sens, et que c’est ce que son homme voulait voir. Elle se mit à courir, mais sans se presser, s’assurant que chaque enjambée permettait à ses seins de se mouvoir au maximum, et elle cria, en parcourant les quelques cent mètres qui séparait le patio de la piscine : « T’es juste un vilain voyeur » Et la réponse fut presque instantanée : « Et toi une exhibitionniste! »

Elle plongea tête première mais ne remonta pas tout de suite. Elle s’en fut rejoindre Robert sous l’eau et trouva son pénis en érection qu’elle prit dans sa bouche et l‘enfonça jusque dans sa gorge…jusqu’à ce qu’elle manque d’air! Elle ressortit en riant comme une enfant qui vient de faire une bonne blague et dit : « Un voyeur vicieux! Ca te fait bander de me voir faire un folle de moi…tu vas payer pour ça » et elle replongea sous l’eau pour recommencer à le sucer et à enfoncer son pénis dans sa gorge jusqu’à ce que son visage s’écrase sur le ventre de son amant. Cela durait vingt ou trente secondes puisqu’elle devait ressortir pour respirer. Robert la laissa faire une dizaine de fois. Il n’arrivait pas à se résoudre à mettre fin a cet exercice : c’était extraordinaire ce qu’il ressentait à chaque descente de la plongeuse…

Il la prit par les épaules et la poussa gentiment vers la bouche de sortie de la pompe. Il la plaça de façon à ce que le jet d’eau lui masse un sein et il entreprit de sucer l’autre…pendant que sous l’eau il la pénétrait…elle se mit à se tordre et à vibrer de toutes les fibres de son corps…c’était plus qu’elle ne pouvait prendre…elle crut qu’elle allait défaillir pendant un moment puis elle se mit à jouir une fois, puis une autre, puis une autre et une autre encore quand Robert éjacula.  


Il tendit le bras. Elle  n’était plus là. Il ouvrit les yeux et regarda l’heure : 10 :20 hres. Zut il avait un tas de rendez-vous ce matin. Francine aurait fait toutes les excuses, mais tout de même. Il s’habilla, courut jusqu’à sa voiture, partit en trombe en fouillant dans la boite à gant pour son rasoir électrique. Il chercha de la main le cellulaire qui gisait sur le plancher et appela Francine. « J’arrive se contenta-t–il de dire. Trouve–moi quelques minutes avec Baker ce matin. Je quitterai vers 2 hres et n’irai pas dîner »
Il entra dans son bureau. Francine y était avec un café et des croissants. Elle était jolie et visiblement amoureuse de lui. Il se demanda comment il pouvait être attiré par elle quand il était avec elle et attiré par Lisette quand elle était avec lui. Elle s’approcha de lui, le prit par la taille et sans un mot, sans un reproche, elle se serra contre lui et l’embrassa, sensuellement, longuement, comme si rien n’existait que ce baiser, qu’eux deux. Il accepta ce baiser comme une offrande et lui rendit son cadeau en lui caressant les fesses; elle était nue sous sa jupe.

« Il y a Monsieur Bouchard qui attend déjà depuis une demi heure » dit-elle, retrouvant son professionnalisme. « Fais-le entrer »  

Plus tard, Robert fit venir Baker pour lui annoncer qu’il acceptait son offre. Baker avait laissé comprendre à qui voulait l’entendre qu’il pouvait n’importe quand remplacer Robert et faire beaucoup mieux que lui. Il lui dit simplement : «  Tu veux ma place, tu l’as. Ton salaire reste le même. Il grandira au pro rata des profits nets de l’entreprise. Il diminuera aussi au prorata. Je me garde juste pour moi les affaires internationales. Je gérerai de chez moi. Dis à ta secrétaire de voir avec Francine, parce que j’amène Francine avec moi, dès lundi…Elles ont la fin de semaine pour se mettre au parfum. Je paierai le temps supp. »

Il fit ensuite venir Francine dans son bureau et lui dit tout simplement : « Je quitte la boite. Je garde l’internationale et tu déménages tes affaires chez moi. Lundi matin. Demande au chauffeur de transporter toutes tes choses chez moi si tu ne peux pas le faire toi-même… » « Au manoir? »  demanda-t-elle en tentant de retenir sa joie, de cacher son immense espoir d’être enfin seule avec l’homme qu’elle aimait toute la journée, toutes les journées. « Mais je n’aurai pas suffisamment de travail. Juste l’internationale, c’est pas beaucoup pour gagner ma paye. » ses objections étaient tout a fait en désaccord avec son visage qui respirait la joie, avec les rires un peu idiots qu’elle n’arrivait pas à contenir. « On verra » dit Robert en souriant.

« Maintenant, je dois partir. Il y a ce dîner et ensuite autre chose. Je ne reviendrai pas aujourd’hui. Allez on se verra lundi matin, huit heures trente. » Francine ne put s’empêcher de sauter au cou de Robert, de l’embrasser, et de lui dire dans l’oreille «  Merci, merci,  merci! Je t’aime! Ce sera une longue fin de semaine sans toi, mais je m’occuperai avec la secrétaire de Baker qui ne sait rien du tout du fonctionnement de ce bureau…à lundi mon amour »
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L’horloge du tableau de bord indiquait 2 :30 hres quand sa voiture passa la grille de fer forgée du manoir. Il allait enfin rencontrer ce jardinier qui rendait petit à petit toute sa splendeur à la propriété. Il voulait particulièrement le féliciter pour la fontaine qui lui avait redonné la vie, qui lui avait fait comprendre que la vie continue et qu’il faut bien un jour enterrer les morts. Il avait prit soin d’apporter avec lui l’enveloppe qui contenait la première paie du jardinier mais ne l’avait pas ouvert. Sa sœur avait fixé les conditions de salaire, les conditions de travail et il faisait entièrement confiance en son jugement. Pourtant il aurait bien voulu connaître le pedigree de ce jardinier et Henri n’avait toujours pas donné de nouvelles à ce propos. Pourtant il avait été vraiment efficace dans le cas de Francine.

Il entra dans le manoir et alla se changer pour un de ses bermudas légers et si confortables. Il  pensa à la piscine qui était redevenu comme neuve et décida qu’il serait bon d’aller y plonger, d’autant que la vague de chaleur se continuait…Il prit son cellulaire et sortit par la porte arrière. Il entendait un bruit de machine et se dit que le jardinier devait être en train de travailler près de la piscine. Il le trouverait donc là et pourrait lui remettre son enveloppe et faire un petite saucette en même temps. A ce moment le téléphone sonna. C’était justement Henri. Il conversa en marchant vers la piscine. «  T’es bien assis, Robert, disait Henri, Tsé le jardinier… »Au moment où il arrivait sur les pavées entourant la piscine, il vit une femme complètement nue, en train de  nettoyer le treillis blanc au moyen d’une laveuse à pression. « C’est pas un jardinier, c’est une jardinière…et… » « Je le vois bien! » dit Robert et il coupa l’alimentation du cellulaire.

 Il la voyait presque de dos, mais ce qu’il voyait lui coupait le souffle. Elle avait des jambes extraordinaires et soudain il revit celles qu’il avait cru s’imaginer avoir vu. Elles étaient donc réelles les jambes qu’il avait vu en haut de la petite échelle, appuyée sur la fontaine…C’étaient les jambes de sa jardinière! Mais là il pouvait admirer plus. Des fesses parfaites, les hanches larges, la taille fine et le peu qu’il pouvait apercevoir quand elle levait le bras pour diriger le jet d’eau à haute pression vers le haut du treillis, une paire de seins en harmonie avec le reste. Ses mouvements étaient gracieux et chaque geste exprimait sa féminité. Elle était bronzée partout ce qui voulait dire qu’elle se promenait volontiers entièrement nue et il se demanda comment il avait pu être assez sot pour ne pas être resté au manoir durant les deux dernières semaines pour admirer ce corps magnifique. Il s’approcha lentement, comme s’il craignait de rompre le charme.

Elle l‘aperçut du coin de l’œil et sursauta, puis fit mine d’aller vers la chaise longue y chercher quelques petites pièces de tissus qui, pensa Robert, devait être son bikini. Elle se cacha d’abord les seins, puis, abandonna l’idée et regarda Robert droit dans les yeux. Il se passa plusieurs secondes. Robert eut l’impression bizarre qu’il la connaissait, qu’elle lui était familière. Ses yeux, il connaissait ces yeux-là.

Elle s’approcha jusqu’à quelques pieds de lui, le regarda ostensiblement des yeux à la tête, puis : « Salut Puff ! T’es encore plus beau en réalité qu’en photo! » et elle resta là sans bouger, le regardant droit dans ses yeux.

« Sau…sauterelle! Bégaya Robert, comment se fait-il, d’où tu sors, qu’est-ce que tu fais là? Où étais-tu tout ce temps? T’es superbe, t’es je n’ai pas de mot pour décrire ta beauté…tu es devenue une déesse, pas un jardinier », et riant de toute ses dents, il s’approcha, hésitant un peu et la prit dans ses bras comme une vieille amie qu’on retrouve, comme une sœur…mais rapidement les corps commencèrent de prendre le contrôle. Il était toujours en amour avec elle. Il l’avait toujours été. Cependant, pour lui, elle était décédée bien avant qu’il ne rencontre Jacqueline, et il en avait fait son deuil. Voilà qu’elle ressuscitait, plus belle que jamais, et dans ses bras, nue, chaude, sensuelle…

Il se bécottèrent d’abord puis bien vite leurs bécots devinrent de tendres baisers puis des baisers enflammés. Ils voulaient tous les deux à la fois parler, raconter, rire, pleurer et s’embrasser. Il l’avait cherché partout…elle avait du attendre des années, vivant dans l’ouest du pays, puis une fois revenu elle l’avait cherché…puis trouvé, puis trouvé sa sœur et pour lui faire une surprise s’était fait engager par sa sœur comme jardinière… Anne avait tout de suite accepté de jouer le jeu, sachant son frère incapable de mettre fin à son deuil. Elle espérait qu’après tout, Lyne ferait revivre son frère.

Ils se mirent à parler à toute vitesse, sans laisser leurs corps se séparer. Elle racontait et il pleurait et riait en même temps. Il avait tant à dire. Ils parlaient parfois en même temps, essayant de dire plus et d’entendre en même temps. Puis soudain, ensemble ils s’arrêtèrent pile. « Laisse-moi te regarder encore » dirent-ils du même souffle. Et ils s’éloignèrent un de l’autre. « T’es la plus belle femme que je n’ai rencontré de ma vie » dit d’abord Robert. »
 « Pour toi » répondit-elle simplement »
« Et tes yeux sont encore plus beaux et plus profonds que quand t’étais jeune »
« Pour toi »
« Et ta poitrine est une œuvre d’art »
« Pour toi »
« Tu devrais être sur la couverture de tous les magazines »
« Non! Je veux que ce ne soit que pour toi! »

Elle s’approcha, passa ses mains sur ses épaules musclées, caressa sa poitrine velue, descendit sur son ventre et rencontrant son pénis en érection dit : « T’es devenu un mâle magnifique aussi…tu l’as toujours été » Et elle prit sa queue à pleine main et la tint un moment bien serrée.
« Je me demande si j’ai plus le goût de parler, de te raconter, de jouir de tes paroles ou de faire l’amour…je mouille, je n’en peux plus, J’ai l’impression que j’attends ce moment depuis ma naissance… »

Robert lui dit presque à voix basse : « Viens » Il s’assit à demi sur la chaise longue, et l’invita à se mettre à genou par-dessus lui, une jambe de chaque coté, et à s’asseoir ensuite sur son pénis en érection…elle avait compris avant même qu’il ne la guide vers lui. Elle s’empalait lentement sur lui, la tête en arrière, jouissant de chaque seconde que durait le plaisir de le sentir entrer en elle. Elle prit bien son temps, mais descendit sans s’arrêter jusqu’à ce que ses fesses soient appuyées sur le haut des cuisses de son Puff. Elle ressentit de la douleur quand son vagin dut s’allonger pour s’ajuster mais cette douleur était presque un plaisir…celui de savoir qu’elle acceptait tout son homme, qu’elle l’invitait à prendre toute la place qu’il lui fallait

Elle ramena sa tête en avant, le regarda et murmura : « C’est le plus beau jour de ma vie…pour mon âme et pour mon corps qui jamais n’a été aussi excité…je t’aime Puff, je t’aime comme une folle…je t’ai toujours aimé. Je te donne ma vie…même si t’as d’autres femmes dans ta vie, je serai la jardinière, j’arrangerai tes fleurs tes arbres et ta fontaine, je serai ta concierge, je serai ton chien. Je n’exige pas que tu congédies tes autres maîtresses, je ne veux qu’être près de toi, que toucher ce que tu touches…voir ce que tu vois…prends moi, prends moi comme un enragé…je ne veux plus parler je veux que tu me prennes, que tu me possèdes, que tu me défonces… »

Elle se releva et se coucha sur le sol près de la piscine, l’entraînant avec elle. Robert la suivit et la pénétra avec force, puis se mit à aller et venir en elle rapidement, avec une force qui frisait la violence. Elle se mit à crier ‘oui’ à répétition et à répéter ‘plus fort, plus fort, plus fort’. Le crescendo ne dura pas longtemps. Elle hurla sa jouissance et il libéra son désir en elle.

Les deux amants ne se quittèrent pas. Ils roulèrent sur le sol ensembles et tombèrent dans la piscine. Ils recommencèrent de s’embrasser et de parler, rire, raconter, s’embrasser dans un désordre absolu ou ni un ni l’autre ne comprenait ce qu l’autre disait mais savait que les mots n’avaient aucune importance. Ils s’entendaient …ils se touchaient, ils se sentaient, ils se voyaient...

Lyne se leva, et se souvenant de leur jeu d’enfance dit : « Attrape-moi si tu peux! » et elle se mit à courir nu autour de la piscine, puis sur la pelouse et jusqu'à la route en criant : « Mon amant m’aime mais ne peut pas m’attraper, mon amant veut me faire l’amour mais ne peut pas m’attraper… » Puis elle alla sur la route, déserte à cette heure du jour, et levant les bras au ciel, elle cria cette fois : « Regardez-moi. Mon amant, mon homme m’a fait l’amour. Je suis pleine de son amour… » Puis elle courut de nouveau sur la pelouse faisant la roue, des culbutes de petites filles, et toutes sortes de cabrioles. Robert qui jusque là s’était cru en pleine forme soufflait comme une baleine juste à la suivre, son rire l’empêchant de reprendre vraiment son souffle.

Elle courut jusqu’à la fontaine et se jeta dans le réservoir. Elle s’y coucha sur le dos, bras en croix jambes écartées, et cria à Robert qui la suivait de près : « Tu peux pas m’attraper…tu peux même plus me mettre…regarde-toi hahaha! » Robert sauta à son tour dans le réservoir, se coucha sur elle et se remit à l’embrasser, à la caresser, à lui pincer gentiment les seins jusqu’à ce qu’une nouvelle érection lui permette de la pénétrer de nouveau. Cette fois, ils le firent dans le bassin de la fontaine, et Lyne faillit presque s’y noyer parce qu’à chaque fois que son plaisir prenait le dessus sur sa conscience, sa tête s’enfonçait sous l’eau.

Ils s’assirent sur le banc près de la fontaine. Il lui demanda si elle voulait manger. Elle lui répondit qu’elle voulait baiser. Il lui demanda si elle voulait boire. Elle lui répondit qu’elle voulait baiser. Il lui demanda si elle voulait écouter de la musique. Elle lui répondit qu’elle voulait baiser…

« T’as des maîtresses » demanda-t-elle soudain. Il hésita puis répondit affirmativement, se demandant si Francine et Lisette était ses maîtresses.

« Je suis heureuse que tu en aies. Si tu n’en avais pas eu, j’aurais cru que tu n’étais pas un homme de grande valeur... Il doit y avoir autour de toi des tas de femmes qui ne veulent que ton bonheur, qui veulent partager ta vie, être tes amies, tes amantes, tes épouses. Je veux que tu les gardes. J’aimerais même te voir un jour faire l’amour avec elles. Je n’exige rien de toi, même pas la fidélité. Je veux que tu me laisses jute une petite place près de toi. »

« Qu’est-ce que tu as dit? » Robert savait qu’il avait bien entendu, mais il voulait être rassuré. « Bin, que tu devais avoir des maîtresses, qu’il devait y avoir autour de toi des tas de femmes qui voudraient bien partager ta vie, faire ton bonheur, être tes épouses… » « Où as-tu pris cette idée, la coupa-t-il » « Nulle part. C’est ce que je pense, c’est tout. Qu’est-ce qu’il y a? J’ai des idées d’extraterrestres ou quoi? Me semble que je ne dois pas être la seule à te vouloir dans ma vie, dans mon lit… »

Robert la tira doucement contre lui et elle se blottit la tête dans son cou. Il était songeur. Etait-ce par une extraordinaire coïncidence que Lyne avait prononcé les mêmes mots que Jacqueline il y avait maintenant quelques siècles, non quelques années, non seulement quelques jours? Il se demanda s’il n’était pas victime d’un sort qui lui était jeté et qui faisait qu’il allait être aimé par toutes les femmes, qu’il allait devoir faire l’amour à toutes. Jacqueline avait-elle donc désigné un génie pour s’occuper de lui…un génie avec mandat de faire disparaître toute trace du passage de Jacqueline dans sa vie en le noyant dans l’amour des femmes? Il finit par se dire qu’il allait accepter ce sort, et que même si tout ça finissait mal, il aurait eu le privilège d’être un homme qui a été aimé…

Le soleil se couchait quand ils quittèrent, nus, le banc près de la fontaine. Ils avaient découvert en même temps qu’ils avaient faim, et  qu’ils avaient mal aux os d’avoir été si longtemps sur ce banc de bois sans bouger.

« Si tu permets, je vais aller voir si Lisette a préparé quelques choses pour toi pour la fin de semaine » Robert était surpris. « Tu connais Lisette? » Bien sûr que je connais Lisette. Ca fait quatre jours que je passe avec elle…enfin presque avec elle… » « Quatre jours! M’enfin? Tu ne travailles ici que depuis deux semaines, et elle ne vient que le jeudi… » « Oups! Je crois que j’ai trop parlé, s’excusa Lyne. Tu ne savais donc pas qu’elle venait plus qu’un jour?  Nous avons eu le temps de nous parler. Elle n’était pas très pressée dans son travail puisque comme elle dit, elle fait en deux ou trois jours le travail d’un seul jour. Je lui ai montré à se faire bronzer nue ---elle était toute gênée de ça. Elle croit que ses seins sont trop gros et elle en fait tout un plat. J’aimerais bien t’offrir des seins aussi beaux et aussi gros…t’as vu ses mamelons extraordinaires? Oui bien sûr…excuse je n’y pensais pas… » Robert resta songeur. Lyne se rendit à la cuisine et se mit à s’occuper de casseroles et de vaisselle.

Robert la rejoignit et : « Et elle sait qui tu es? » « Bien sur et c’est son inquiétude qui m’a fait comprendre que vous étiez amants. Cette femme t’aime comme une folle, je la comprends, et elle a une peur bleue que je ne te dérobe à elle…elle a tout de suite compris ce qui nous lie, ce que nous sommes un pour l’autre…et j’ai essayé de lui faire comprendre que je ne voulais pas détruire votre, hum , relation. Je crains qu’elle ne veule plus revenir, qu’elle disparaisse pour te laisser vivre ton bonheur d’être avec moi. Je ne veux pas que ça arrive. Je te l’ai dit. Garde tes maîtresses si tu veux, je ne veux qu’être près de toi si tel est ton désir…Quoi qu’est-ce que j’ai dit? »

Robert venait de comprendre les mots qu’avait dit Lisette la veille. Que ce serait peut-être la seule et la dernière fois. Il se mit à s’inquiéter.

Lyne lut les pensées de Robert et dit : « Je comprends…Habillons-nous et allons la chercher »

Elle chercha dans son sac de voyage pour des vêtements décents mais ne trouva que des jeans usés et des t-shirt plus ou moins décents. Elle n’avait que des vêtements de travail dans ce sac. Robert, qui était allé à sa chambre pour s’habiller revint avec une robe d’été qu’il lui tendit. « Ca devrait te faire… » »Mais, mais objecta-t-elle c’est des vêtements de ta… ton épouse! » « Et alors? Tu seras mon épouse un jour ou l’autre. » Lyne sourit et courut jusqu’à la salle de bain ou elle tenta tant bien que mal de se peigner et de se refaire une image présentable…


Lisette ouvrit la porte. Elle avait les yeux rouges, le visage bouffi. Visiblement elle avait pleuré et ne s’était sûrement pas regardé dans un miroir depuis son arrivée à son appartement. Elle ouvrit la porte ne s’attendant visiblement pas à recevoir de visiteurs. Elle portait une robe de chambre de ratine bleue mal taillée et elle ne s’était visiblement pas donné la peine de l’attacher correctement, la ceinture tenant par deux noeuds plats un sur l’autre.

Elle les regarda comme si elle apercevait un fantôme, ne semblant pas croire ce qu’elle voyait. Elle ouvrit la bouche pour parler, la referma, la rouvrit, figea complètement pendant un long moment, puis se regarda, et partit en courant vers une pièce qui semblait sa chambre au fond le l’appartement. Elle ferma la porte en disant : « Non! je ne suis pas habillée, ni peignée, ni maquillée; je ne suis pas regardable…et je ne veux pas vous voir ensemble. » Et ils l’entendirent pleurer.

Robert, regarda Lyne un moment puis s’avança et entra dans la chambre. Il s’assit sur le bord du lit et commença de caresser le dos de Lisette qui était étendue sur le ventre, le visage enfoui dans les oreillers. « On est venu te chercher, lui dit-il doucement. On ne veut pas que tu te croies seule. Je t’aime trop pour être cause de ta peine. T’es ma maîtresse et tu ne dois en tirer que du bonheur… » « Arrête. Tu essaies de me faire croire des choses. Tu ne le dirais sûrement pas devant elle. » Robert se tourna vers Lyne qui était toujours debout près de la porte. Il lui fit signe de s’approcher. Quand elle fut tout près du lit il demanda a Lisette de regarder Lyne bien en face puis dit : « T’es ma maîtresse et je ne veux te donner que du bonheur, pas de la peine pas des pleurs »  Lisette se mit à rire d’un rire saccadé qui s’entremêlait de pleurs. Puis elle dit en riant : « Vous êtes fous ou quoi? Je ne comprends pas. Me semblait que vous étiez comme mari et femme. Me semblait que vous vous aimiez d’un amour infini et éternel…et là vous voulez me faire croire que Robert sera tout de même mon amoureux…je ne comprends pas »

« Viens t’en. Viens t’en chez toi. Le manoir aurait du être ton chez toi depuis longtemps. C’est juste mon égoïsme qui m’a empêché de voir. Prends tes choses et viens » Laisse faire tes vêtements. Prends juste ce que tu as besoin pour quelques jours…il fait chaud. Tu n’as pas besoin de grand-chose. Non, non reste en robe de chambre, elle est affreuse cette robe de chambre, et viens. Rien ne peut t’empêcher de venir. Tu téléphoneras à ton employeur de chez toi…du manoir pour lui dire que tu quittes…j’ai besoin de toi 24 heures sur 24, pas juste le jeudi » Lisette se mit à bouger. Elle riait aux éclats, les regardait puis répétait sans cesse »Vous êtes fous, complètement fous…et moi encore plus » mais elle continuait de ramasser ses choses un peu au hasard et les mettait dans un sac de voyage. Elle dit enfin : « Voila je suis complètement folle et je suis prête à partir avec des fous »

Ils s’installèrent tous les trois sur le siège avant de la grosse voiture, Lisette au centre. Lyne commença de faire toutes sortes de blagues sur la beauté des vêtements de Lisette qui était toujours vêtue de son hideuse robe de chambre. Elle disait que comme vêtement de voyage ce ne pouvait être mieux, qu’elle n’aurait pas à se changer si ils devaient aller dormir à l’hôtel, que c’était dangereux parce que ça attirerait les hommes qui aiment les vêtements luxueux. Puis elle entreprit de savoir ce qu’elle portait dessous mais Lisette refusait net de le dire. Les deux femmes commencèrent à jouer ensemble, Lyne tentant de faire ouvrir la robe de chambre que l’autre tenait fermement fermée. Robert riait à gorge déployé, heureux. La robe de chambre finit par céder et d’un coup, l’opulente poitrine se trouva libre, juste au moment où la voiture dépassait un gros camion. Les deux filles virent l’air ahuri du chauffeur et rirent de plus belle. Les deux femmes continuèrent de se chamailler, Lisette voulant prendre sa revanche à chaque fois que la voiture approchait d’un camion à doubler, mais se devant de retenir sa robe de chambre qui n’avait aucun moyen de rester fermé par elle-même.

Quand la voiture s’arrêta devant le manoir les deux femmes étaient presque nues. Lisette avait cessé de tenir son vêtement fermé et la robe de Lyne n’avait pas tenu le coup et était pratiquement en lambeau. Tous les trois riaient au point de ne plus pouvoir souffler. Ils s’arrêtèrent devant la porte et c’est Lyne qui fit la suggestion de la tradition de la nouvelle marié. C’était spécial comme circonstance et ils se dirent qu’ils aimaient tellement les traditions qu’ils en commenceraient une toute nouvelle. Ils prirent, à deux , Lisette dans leur bras et entrèrent.

Robert fit une suggestion que les deux femmes acceptèrent d’emblée : aller à la piscine et profiter des dernières lueurs de la journée pour se rafraîchir et patauger un peu avant de manger. Ils sortirent donc par la porte arrière presque immédiatement après être entrés par la porte avant et se dirigèrent vers la piscine, Lyne nue sous sa robe en lambeau, Lisette dans sa robe de chambre à demi fermée et Robert, lui, vêtu d’un pantalon de toile et d’une chemise légère.

Robert fit l’erreur de s’approcher de la piscine. Lisette, toujours enjouée, le poussa à l’eau tout habillée et sauta elle-même derrière lui. En quelques secondes les deux amis étaient nus dans l’eau, les vêtements flottant à la surface de l’eau. Lisette, un peu gênée, enleva tout de même son vêtement et sauta à son tour. Elle était un peu mal à l’aise. Elle n’avait jamais approuvé le principe des ménages à trois, et se méfiait de ce qui était en train d’arriver. Mais jusque là, rien n’indiquait que Robert et Lyne étaient amants. Peut-être après tout n’étaient–ils que d’excellents amis d’enfance qui se retrouvaient.

Robert la prit dans ses bras et l’embrassa. Ses réflexions s’enfuirent sous le plaisir et sous la montée du désir qui commençait à faire vibrer son corps et engourdir son cerveau. Elle hésita, lutta un peu puis, sachant que le combat était perdu d’avance, serra Robert dans ses bras comme pour s’assurer qu’il lui appartenait.  Lyne sortit la tête de sous l’eau tout près d’eux et dit à vois très basse : « Il embrasse bien n’est-ce pas? Et toi tu le fais bander. » Elle se mit à rire et replongea sous l’eau pour nager jusque de l’autre coté de la piscine. De là : « Si vous n’y arrivez pas, je traverserai pour vous aider… » Elle se mit à rire et replongea sous l’eau pour ressortir de nouveau près du couple. »Allez, Robert, fais lui l’amour comme tu sais si bien le faire. Cette femme a eu de la peine. Elle croyait t’avoir perdu et te voila de nouveau dans ses  bras. Ne la laisse pas dans le doute. »

Robert prit Lisette par la taille et la poussa vers la sortie de la buse du filtreur. Il recommença de l’embrasser pendant que ses mains la caressaient avec insistance. Elle ferma les yeux et se laissa aller au plaisir de l’amour avec l’homme de sa vie. Elle ne se rendit pas compte que, puisque la bouche de Robert était sur la sienne, il ne pouvait pas lui sucer et lui mordiller l’autre sein, celui que le jet d’eau ne faisait pas vibrer. Elle se contentait de se laisser partir, sachant qu’elle donnait à son homme autant de plaisir qu’elle en recevait. Robert vit ce que faisait Lyne et approuva. Il pénétra Lisette sous l’eau et se mit en devoir de lui masser l’intérieur…à ce moment il sentit la main de Lyne sur la vulve de Lisette et approuva de nouveau. Il ferma les yeux et se laissa aller au va et vient de son bassin. Lisette se mit à crier et à gémir et bientôt il fut évident qu’elle explosait de plaisir.

Lisette entre ouvrit les yeux et comprit que Lyne avait participé tout au long. Elle regarda Robert qui avait les yeux entre ouvert et un sourire béat. Elle oublia ses principes, son ordre moral et continua d’harmoniser les mouvements de son bassin à ceux de Robert. Elle sentait tout l’intérieur de son ventre recommencer à vibrer et elle savait qu’elle allait jouir de nouveau. Elle se prit même à espérer que Lyne fasse plus, pour lui permettre de vibrer d’avantage, pour donner plus à son partenaire. Bientôt, elle sentit que Robert allait éjaculer et cette seule pensée suffit à l’amener elle-même au climax.

Les trois amis sortirent de l’eau et allèrent s’étendre nus au soleil, savourant leur béatitude comme des animaux repus…


Robert ouvrit les yeux lentement. Il étira les bras et s’aperçut qu’il était seul dans son lit. Il fut surpris mais son cerveau n’était pas encore vraiment en marche…Il se remémora les derniers instants avant de tomber dans le sommeil de plomb dont il émergeait à peine. Il était avec Lyne et Lisette ils avaient fait l’amour ensemble et elles n’avaient pas cessé de jouir de toute la soirée. Elles avaient épuisé toutes ses capacités sexuelles et les leurs et il avait fini par tomber de fatigue. Il sourit béatement.

Il étira le bras et toucha le bouton de la télécommande. Les rideaux commencèrent de s’ouvrir et un soleil violent pénétra dans la chambre lui faisant fermer les yeux. Soudain un signal arriva jusqu’à son conscient. C’était lundi matin, il était huit heures au réveil, et Francine arriverait vers 8 :00hres pour travailler selon leurs nouvelles conventions de travail.

Il sortit du lit d’un bond et se dirigea vers la salle de bain. Il ouvrit la valve thermostatique de la douche et y entra presque aussitôt, avant même que l’eau ne soit tiède.

Il finissait de se raser quand il vit le reflet d’une voiture dans l’allée. Elle était là : il était donc 8 :30hres, puisqu’elle avait l’habitude de donner l’heure au soleil. Il se dirigea vers la porte principale et l’ouvrit juste au moment ou Francine allait frapper. Elle resta figée un moment, le regarda de haut en bas et ses pupilles s’agrandirent. Il réalisa à ce moment qu’il était nu!

Ils restèrent quelques secondes face à face. Il se mit à rire de la situation. Elle lui sourit puis, elle enleva lentement son manteau d’été sous lequel elle ne portait qu’une pièce de vêtement : un tube de tissus extensible rouge vif, extrêmement mince qui colorait son corps plutôt que de le vêtir et allait de mi-cuisse jusqu’au milieu des seins. Il l’examina longuement, et laissa son érection se compléter jusqu’à ce que son pénis se mette à s’animer régulièrement.

Francine releva lentement le bas de sa robe, ouvrit un peu la jambe et s’avança vers lui, pour que la queue de son ami se retrouve entre ses jambes. Elle avança la bouche et leurs lèvres d’abord, puis leurs langues se rencontrèrent. D’un coup, ce fut la frénésie. Robert souleva légèrement sa partenaire et la pénétra. Il perdit l’équilibre et les deux amants se retrouvèrent sur le tapis de l’entrée en riant : ils étaient tombé mais il était toujours en elle!

Francine se mit à hurler de plaisir. L’outil de Robert était particulièrement solide et elle perdait tout contact avec le reste de la réalité. Elle se sentait devenir une partie de lui et le reste n’avait plus d’importance.

Elle avait déjà joui plusieurs fois quand elle ouvrit les yeux. Près d’eux, une femme vêtue d’une jupe courte noire, et d’une blouse blanche fermée au cou par un nœud papillon.  La blouse n’était boutonnée qu’au collet et à la taille à cause d’une paire de seins presque disproportionnée dont les bouts allaient semblait-il percer le tissu du vêtement.

Francine sursauta et ouvrit grand les yeux. Robert, ressentant sa partenaire ouvrit également les yeux et regarda Lisette qui était figée près d’eux et dit : «  Si tu veux bien te baisser, je te présente ma secrétaire, heu!…amie et maîtresse, Francine…et, se tournant vers Francine,  heu! je te présente ma gouvernante, heu! maîtresse…Lisette. »

Francine grimaça un peu, puis faisant contre mauvaise fortune bon cœur sourit à Lisette, qui s’agenouillant,  lui  serra la main. Robert en profita pour lui glisser un baiser dans le cou. Lisette se leva et partit rapidement vers la cuisine et en ricanant dit : « Je vous prépare à déjeuner, vous aurez faim »

Lisette s’était raidi et ne bougeait plu. Elle avait les yeux mouillés et tentait de s’extirper lentement de sous Robert. « Je suis ton amant et je t’aime bien. Je suis un ‘package deal’, il faut tout prendre ou rien du tout…ça vient avec! Et tu verras, c’est un magnifique plus! »

« Merde, Robert, t’aurais pu m’avertir que ta bonne était aussi ta maîtresse.  Mais je prends, je prends, je te veux avec ou sans maîtresse» Et elle se remit à tortiller des hanches…et très bientôt à hurler de plaisir.

Quand ils sortirent de la maison pour aller déjeuner sous la tonnelle, Robert avait passé un Bermudas de coton léger et Francine avait remis sa robe-tube en place. Lisette les vit et leur cria que le déjeuner arrivait bientôt sous la tonnelle près de la piscine. Ils marchaient lentement sous le soleil du matin qui commençait à leur cuire les épaules d’une façon surprenante pour ce jour du tout début de l’été.

Francine s’arrêta net. Elle regardait bouche bée vers la plate bande …Lyne était agenouillée dans la terre fraîchement retournée et plaçait attentivement de toutes petites pousses dans la terre meuble.

Elle était complètement nue!

« Je suppose que c’est ta jardinière-maîtresse? Ca fait partie du package deal aussi? Mais dis-moi, t’as aussi une chauffeure, une blanchisseuse, une habilleuse…? En tout cas elle est magnifique. J’aimerais bien être faite comme ça! T’as beaucoup de goût pour les jardinières… »

Robert n’arrivait pas à déterminer si Francine était fachée ou si elle  riait de la situation. Lyne les entendit et se retourna. Elle chercha des yeux ses vêtements mais ils étaient restés tout au bout de la plate-bande…elle tenta de se cacher les seins puis, décida que c’était de toute façon peine perdu. Elle se  dirigea allègrement vers le couple, et tendant la main vers Lisette elle dit en riant : « Salut. Je suis Lisette la jardinière nue…je suppose que tu es Francine, qui croit qu’elle pourra… travailler… ici dans cette enceinte de luxure et de paresse… Décidément, Robert a beaucoup de goût pour les secrétaires »

Francine ne trouva rien d’autre à dire que : «  Merci. Mais il a encore plus de goût pour les jardinières nues. Tu es magnifique et tes vêtements n’y sont pour rien… » Et elle rit.

« Pause syndical, dit Robert, viens déjeuner avec nous. »

A suivre…