Cyberpresse

Le samedi 26 mai 2007

Les amis de Jean Lafrenière ont réuni ses textes dans un recueil lancé ce soir

Trois membres du comité de rédaction du livre de Jean Lafrenière, de gauche à droite, Gilles Devault, Henri Wittmann et Jean-Pierre Hamelin. (Photo: François Gervais)
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Trois membres du comité de rédaction du livre de Jean Lafrenière, de gauche à droite, Gilles Devault, Henri Wittmann et Jean-Pierre Hamelin.
Photo: François Gervais


Cindy Lévesque

Le Nouvelliste

Trois-Rivières

Jean Lafrenière écrivait sur le coin du comptoir, entre deux services, pour les autres ou juste pour jeter une idée sur papier. Il n’a jamais vraiment publié ses textes, mais plusieurs amis s’en sont chargé pour lui, question de lui rendre hommage. Le Zénob vibrera au rythme des mots de son ancien propriétaire, ce soir.

«Jean était ce qu’on peut appeler un écrivain public. Si quelqu’un était déprimé, au lieu de lui parler, il lui écrivait un petit mot. Il n’a jamais pensé à publier. Il écrivait pour les autres ou pour lui», se souvient l’artiste Gilles Devault, qui a réuni les textes du recueil Pas de nouvelles, pas de nouvelles: textes choisis.

Jean Lafrenière, qu’on ne peut dissocier du Zénob, est connu dans le milieu pour avoir ouvert sa porte à de nombreux artistes établis, émergents ou complètement inconnus venus s’y produire. Le Zénob est le premier lieu de diffusion du Festival international de poésie et est demeuré depuis toutes ces années un carrefour de rencontres culturelles pour tous les horizons.

Le Prix Jean-Lafrenière a d’ailleurs été créé en 2005 au Festival international de la poésie de Trois-Rivières pour récompenser le poète ayant reçu le plus de votes du public.

Gilles Devault, Henri Wittmann, Jean-Pierre Hamelin, Louis Jacob et Guy Rivard sont de ceux qui veulent perpétuer son souvenir. «C’est un recueil pour nous rappeler quelqu’un qui n’attendait jamais pour faire quelque chose, cet animateur culturel dynamique et accueillant», explique M. Devault, qui signe la préface du livre.

Jean Lafrenière est notamment à l’origine des «Textes en jeu», et a accueilli autant les chanteurs que les écrivains ou les artistes en arts visuels au sein de son bar. Il est décédé brusquement en 2004, à 49 ans, des suites d’une foudroyante maladie. Gilles Devault a ainsi commencé à rassembler ses textes.

«Il y en a beaucoup. Des bouts de papiers écrits au bar, ou écrits pour des gens. J’en avais quatre caisses. J’ai fait le ménage et gardé les textes les plus universels. Jean écrivait beaucoup pour des personnes en particulier ou pour des événements, comme les fêtes ou les baptêmes», explique-t-il.

Les vers contenus dans Pas de nouvelles, pas de nouvelles témoignent d’un esprit vif, engagé, qui sait jongler avec les mots même s’il n’a jamais réellement publié. Le petit livre regroupe Observations derrière un comptoir, une Suite amoureuse, plusieurs courts poèmes de même qu’une chanson, Dans ce monde, que Fabiola Toupin a intégré à son nouvel album sur une musique de Manu Trudel.

Le comité de rédaction a convié les proches et connaissances de Jean Lafrenière ce soir à 17 h, au Zénob. Plusieurs artistes devraient alors lui rendre hommage.•




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