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Convaincu qu'il devait à l'intercession de Saint-Joseph de se trouver nommé au Collège Mont-Royal, le Frère André résolut d'y honorer son saint favori d'une manière spéciale. Désirant y bâtir un sanctuaire en son honneur, il alla y planter une médaille de st Joseph. Il était loin de savoir que ce faisant, il allait aider à la réalisation de la prophétie du saint Curé d'Ars faite à Basile Moreau des années auparavant: «Cette Congrégation de la Sainte-Croix, après beaucoup d’épreuves, fera de grands travaux!» En tant que portier, le bon frère devait recevoir les visiteurs, des élèves et du personnel enseignant, mais également voir à la propreté des couloirs d’entrée, s’occuper du réveil des occupants de la maison à cinq heures tous les matins, faire la distribution du courrier après l’avoir cueilli au Bureau de Poste, porter le linge à laver des pensionnaires chez leurs parents en plus de faire office de barbier. Il s’acquitte de toutes ses tâches dans la bonne humeur et on découvre en sa compagnie, un homme plein de joie de vivre, d’un tempérament taquin et qui est très sociable malgré son effacement dans l’accomplissement de son travail. Continuant toutefois à être éprouvé par ses problèmes d’estomac, qu’on ne saurait deviner, il prie constamment la Providence et son Bon Saint-Joseph de l’aider à continuer les missions qui lui sont confié. Il assiste à la messe du matin, près de l’entrée, pour être certain d’entendre la sonnette. Il a aussi coutume de prier le soir, bien après que les autres frères soient couchés. Le frère Supérieur décida un jour de verrouiller la chapelle pour la nuit, parce qu’il avait entendu des bruits suspects et qu’il était inquiet pour la sûreté des biens précieux de la chapelle. Mais tel ne fut pas sa surprise d’y voir sortir le frère André, un matin, après qu’il y soit entré pendant la nuit sans aucune difficulté et sans clé. Le
Frère André aimait aussi aller prier sur la montagne faisant face au collège.
Un soir, qu’il s’y était rendu avec un élève, et qu’ils s’étaient
agenouillés dans une clairière, le Frère confia à son jeune compagnon: «J’ai
enfoui ici une médaille de saint Joseph. Prions pour que nous puissions un jour
acheter ce terrain.» Ils revinrent souvent prier à cet endroit, et un
jour le Frère dit: «Nous obtiendrons ce coin de terre,
st-Joseph en a besoin!» Un jour que le Frère Albéric, Économe,
demandait au Frère André pourquoi, malgré le soin qu'il mettait à ranger son
bureau, il retrouvait toujours sa statue de st Joseph tournée vers la montagne,
quand venait le matin, celui-ci répondit: «C'est parce
qu’il veut y être honoré!» Les
Frères de la Congrégation voulait depuis longtemps acheter ces terrains, de
crainte qu’il ne soit acheter par un riche promoteur voulant y faire un lieu
de villégiature et perdre ainsi leur tranquillité, mais ces terrains
appartenait à un vieillard rabougri
qui ne voulait rien entendre et vendit à un autre particulier qui ne voulut guère
plus entendre les offres des Frères. Le
frère Albéric décida donc d’imiter le bon frère André et alla enterrer à
son tour une médaille de St-Joseph avec le cœur rempli d’espoir. Et c’est ainsi qu’ils purent enfin s’en porter acquéreur, en juillet 1896. Rencontrant
beaucoup de gens à travers ses diverses besognes, le bon frère André se vu
confié à ces prières de nombreuses souffrances et à chaque fois il leur
disait : « Frottez-vous
avec la médaille de St-Joseph ou de l’huile brûlée devant une de ses
statues. » Les résultats furent étonnant et encore plus quand
le bon frère lui-même procédait aux rites. Les nouvelles de toutes ses guérisons se répandirent à travers toute la ville de Montréal rapidement et l’on vit tout un flot de malades envahirent le parloir du collège venant demander faveur au frère André. Ils en vinrent à perturber les activités de l’établissement et les parents des élèves se plaignirent aux supérieurs du risque de contagion de tout ces pauvres gens. Les supérieurs demandèrent donc au frère André de cesser de recevoir les malades, mais eux continuèrent de se rendre auprès de lui avec espoir. L’idée fut donc de demander au bon frère de les recevoir à la station de tramway situé juste de l’autre côté de la rue du collège, mais encore là leur nombre ne cessant de croître les autorités du transport lui demandèrent de libérer les lieux. En désespoir de cause, le problème fut transmis à l’archevêché de Montréal qui répondirent alors « Laissez-le faire. Si son œuvre est de Dieu elle continuera, sinon elle s’effondrera d'elle-même.» Nous sommes à l’été 1904, et Frère André, ayant mis de côté $200, ramassé à couper les cheveux des élèves, eut donc l’idée de construire un petit oratoire sur le terrain acquis sur le mont. Les $200 s’épuisèrent bien vite, mais permirent tout de même de construire un petit oratoire tout juste assez grand pour contenir un autel et abriter l’officiant et son servant, deux bancs furent placés à l’extérieur pour les fidèles. Évidemment cela était insuffisant et les gens continuèrent d’affluer au collège. Au comble du désespoir face à la situation devenue incontrôlable les supérieurs eurent même l’idée de se débarrasser du problème en transférant le frère André au Nouveau-Brunswick. Mais le Père Dion, responsable de la congrégation provincial, et un groupe dévoués à sa cause plaidèrent en sa faveur et ils écrivirent aux supérieurs du collège: «Agrandissez la chapelle et chauffez-la. Les pèlerins l'utiliseront sûrement.» Il fut nommé alors un groupe de laïcs qui organisèrent l’agrandissement et l’aménagement pour que les installations soient accessibles à l’année. Les travaux furent complétés, en novembre 1908, et le nouveau bâtiment pouvait maintenant accueillir 200 personnes à l'année longue. En 1909, un autre bâtiment fut construit, abritant un magasin d'objets pieux, un restaurant, un bureau et une salle d'attente pour Frère André et ses malades. À l'été 1910, une sacristie fut ajoutée à l'oratoire, avec une chambre à l'étage. Les Supérieurs nommèrent alors le Frère André, alors déjà âgé de soixante ans, « Gardien du sanctuaire », et il logea dans la chambrette en question. Les pèlerins vinrent au sanctuaire, par centaines d’abord et bientôt par milliers. Le Frère André passait entre huit et dix heures par jour dans son bureau, recevant trente à quarante personnes à l’heure. Au fil des années, il y eut un très grand nombre de guérisons miraculeuses et les pèlerins exaucés laissèrent dans la chapelle des centaines et des centaines de cannes, béquilles, autres appareils et plaques de marbre, en guise de témoignages. Bien que le décompte exhaustif des guérisons ait été difficile, on a pu néanmoins en consigner 435 pour la seule année 1916! Mais elles en représente une infime partie, la plupart ne furent pas déclarées officiellement. Les
vingt années suivantes, Frère André, en plus de ses devoirs envers les
malades, se mit à voyager à travers le Canada et même les États-unis pour
recueillir des fonds afin de poursuivre son projet de sanctuaire à
Saint-Joseph. Lentement, mais sûrement, l’édifice pris de l’envergure. Sa
supervision n’étant pas aisée, les
supérieurs se réunirent pour décider s’ils devaient arrêter ou persévérer
dans cette entreprise colossale. Le frère André leur dit alors « Je
ne verrai pas l'achèvement des travaux à l'Oratoire, mais le projet se complétera.
De toutes façons, ce n’est pas mon projet, c’est celui de Saint- Joseph!» Toutefois la crise économique de 1929, frappa et l’on dut interrompre les travaux en 1931, faute de financement. Ils le furent pendant plus de cinq ans et après tout ce temps, on se demanda bien quoi faire, car la basilique, étant bien avancée, se détériorait par l’absence de toit tout ce temps. Le frère André leur dit alors « Mettez une statue de Saint- Joseph au milieu de l'édifice. S’il veut un toit au-dessus de sa tête, il s’arrangera bien!» C'est ce que les Supérieurs firent le jour même. Deux mois plus tard, ils avaient reçu suffisamment de dons pour reprendre les travaux. L’intérieur ne fut terminé qu’en 1966. L'Oratoire est l'édifice consacré à saint-Joseph le plus imposant au monde. Il est plus haut que Notre-Dame-De-Paris. Il est le point le plus élevé de la ville de Montréal. Il s'élève à plus de 500 pieds du niveau de la rue et de 856 pieds du niveau de la mer. Il peut contenir 10,000 personnes debout et 3,000 assises. Il ne faut pas croire que saint-Joseph et le frère André ont chômé depuis. En 1979, l'Oratoire avait reçu plus de 200,000 lettres faisant état de guérisons ou de faveurs et sa congrégation ne cesse d’encourager et de prier pour sa canonisation. L'Oratoire reçoit plus de deux millions de visiteurs, chaque année.
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