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Le frère André naquit sous le nom d’Alfred Bessette le 9 août 1845 à St-Grégoire d’Iberville. Il est le sixième de dix enfants. Il vient au monde avec de graves problèmes d’estomac qui le firent souffrir toute sa vie et le limitèrent à ne manger que du pain détrempé dans du lait. Il perd son père à l’âge de neuf ans dans un accident de travail étant bûcheron et sa mère trois ans plus tard de la tuberculose. Sa dévotion toute spéciale à Saint-Joseph lui vient de sa mère qui le priait bien pieusement et surtout pour ce fils bien fragile et éprouvé par ses douleurs d’estomac. À douze ans, il est recueilli par un oncle de Farnham et essaie tant bien que mal de se trouver un emploi, mais sans grand succès à cause de sa santé précaire. C’est à cette époque qu’il est préparé pour sa première communion par le Curé André Provençal et qu’il demeura longtemps un guide pour lui. En 1863, âgé de dix-huit ans, il accompagne son oncle, ainsi que de nombreux canadiens français, aux États-unis. Le pays manque de main d’œuvre dans les manufactures à une période où ici les temps étaient particulièrement éprouvants pour les agriculteurs. Il y a donc une émigration massive pour tous les gens qui espère un avenir meilleur. Le jeune Alfred essaie donc, encore une fois, de se faire une place et de trouver un métier convenant à sa condition. Pendant plus de quatre ans, il alterne le travail de manufacture à ceux à la ferme au grand air pour temps bien que mal survivre. Il revient au Québec en 1867 avec à son acquis la connaissance de l’anglais qui est un atout à cette période et qui lui servira grandement plus tard. Il retourne voir le Curé Provençal lui confiant ses difficultés dans le travail et sa dévotion de plus en plus grande face à Dieu et à Saint-Joseph. C’est donc avec une recommandation du Curé Provençal, où il dit aux supérieurs de l’Ordre « Je vous envoie un saint » qu’il se présente à la Congrégation des Frères de Sainte-Croix. Grâce à quoi il prononce ses vœux, en 1872, en prenant le nom de Frère André en remerciement à son ami et confident. Il est alors envoyé au Collège du Mont-Royal où on lui confia la charge d’être portier, position qu’il conservera pendant quarante ans. Il fut finalement nommé Gardien du Sanctuaire, à l’âge de soixante ans, au début de la construction de l’Oratoire St-Joseph, jusqu’à sa mort. Âgé de 91 ans, à la fin de 1936, il fut atteint d’une forte gastrite et ses forces n’ayant jamais été très forte se mirent à décliner rapidement. Au début de l’année suivante, il fit une thrombose et tomba dans un profond coma. Ses amis y virent bien un signe de son départ prochain vers le Père et son bon Saint-Joseph. Les autorités de l’hôpital permirent aux malades d’entrer dans sa chambre. Ils défilèrent un à un autour de son lit, pour y faire une prière et toucher ses mains qui en avaient guéri en si grand nombre. Finalement,
notre bon frère André rendit l’âme le six janvier 1937, jour de l’Épiphanie.
Son corps fut transporté à l’Oratoire, où il fut mis en chapelle ardente,
pendant plus d’une semaine, durant laquelle les fidèles affluèrent de
partout, même des États-unis. Ils furent plus d'un million à gravir la pente
menant à l’Oratoire pour voir une dernière fois l’humble frère de la
Sainte-Croix. Ses funérailles furent officiés par Mgr Limoges, Évêque de
Mont-Laurier, et Son Éminence le Cardinal Villeneuve, Archevêque de Québec,
prononça l'oraison funèbre: «Quelqu’ait été la réputation
de vertu de ses enfants, l'Église insiste pour que lors de leurs funérailles
des prières soient dites et des supplications faites pour les fautes que la
fragilité humaine aurait pu leur faire commettre durant leur vie. Elle nous
interdit de la devancer dans le jugement sur l’héroïcité de leur vertu et
la certitude de leur entrée au Paradis, car c’est une prérogative qu’elle
se réserve. Mais avec tout le respect que l’on doit à Notre Sainte Mère
l’Église, nous pouvons dire aujourd’hui que nous célébrons la fête de l'Humilité!» En juin 1978, le Pape Paul VI déclara le Frère André «Vénérable» et, le 23 mai 1982, le Pape Jean-Paul II le déclara «Bienheureux». Même si aujourd’hui, le corps du Frère André repose dans une modeste tombe de granit noir, la puissance de son intercession n’a pas diminué pour autant, au contraire! Sur sa tombe nous pouvons lire les mots «Pauper, Servus, Humilis», c'est-à-dire: «Pauvre, Serviteur, Humble».
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