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Le bon frère André s’est toujours dévoué complètement à son travail et il lui arrivait d’aider quelqu’un souffrant en lui disant de se frotter la médaille de Saint-Joseph sur la partie à soulager ou de l’huile ayant brûlé devant une de ces statues. Les résultats furent toujours favorables et on se mit à en parler de bouche à oreille de plus en plus. Il n’était pas rare qu’il se fasse arrêter en chemin vers le bureau de poste pour intervenir auprès de malades lui demandant son aide. Une rumeur allait toujours en grandissant « Le frère André est un saint. Dieu lui avait accordé le pouvoir de guérir.» Il vint à aider le Frère Albéric qui s’étant blessé à la jambe et était confiner à sa chambre depuis plus d’un mois. À l’approche de la fête de St-Joseph, ne voyant pas comment il pourrait y assister, il se confia au frère André qui lui dit qu’ils prieraient ensemble et ferait une neuvaine à St-Joseph. La veille de la fête, n’étant toujours pas soulagé, tel ne fut pas l’étonnement du frère Albéric au matin, de se lever avec aucune douleur et étant complètement guéri. Quelque temps plus tard, il y eut une épidémie de variole au collège. L’infirmerie et ses soignants n’arrivaient plus à les contenir et il eut même plusieurs décès. C’est alors que le frère André pria Saint-Joseph de faire cesser l'épidémie. Dès ce moment, plus personne ne fut atteint et les malades se trouvèrent subitement guéris! Il y eut beaucoup de guérisons et le bon frère André ne cessait de dire que c’était Saint-Joseph qui était à l’œuvre et non lui, si la guérison était partielle, il disait de continuer de prier pour ne pas perdre ce qui venait d’être gagné. Le Frère André se dévouait corps et âme à ses malades, à une époque où déjà la société évoluait rapidement et pas souvent pour le mieux. Il avait aussi un bon sens de l'humour, et l'utilisait fréquemment pour donner des petites leçons. Un jour, il vit une femme cueillir des pommes vertes des arbres de la communauté. Celle-ci vint le voir plus tard pour être guérie de douleurs à l`estomac. Le Frère lui déclara: «Frottez-vous avec une médaille de st-Joseph, et bien sûr, cessez de manger des pommes vertes!» À une autre femme se plaignant de ressentir constamment un poids sur la poitrine, il répondit: «Ce n'est sûrement pas votre décolleté qui vous embarrasse. Frottez-vous jusqu'à ce que le tissu s'allonge!» À une autre dame portant une robe un peu courte, il demanda: «Ne craignez-vous pas de vous enfarger dans votre robe?» Il est à noter que le Frère, amant de la modestie et de la pureté, n'accepta jamais de toucher les femmes pour les guérir. Cela n'empêcha pas les mauvaises langues d'aller bon train, et de faire circuler rumeurs et calomnies odieuses au sujet du saint Religieux, ce qui causa bien des souffrances à cette âme sensible. Il s’en confia un jour à un de ses amis laïcs bien peiné des ces propos. Malheureusement, ce soi-disant ami tourna le Frère en ridicule et dévoila ses confidences à tous et chacun. Nouvelle croix pour notre saint! Seule sa dévotion ardente envers Saint-Joseph put l’aider à supporter patiemment cette dure épreuve. Cette dévotion l’aidait aussi à gagner des âmes au Christ. Souvent, il prenait son crucifix entre les mains et méditait tout haut, décrivant aux pauvres pécheurs les multiples souffrances du Sauveur. Il soupirait alors, les larmes aux yeux: «Ah! Si seulement on aimait Dieu, si seulement on L'aimait comme Il nous a aimés!» Le docteur Charette, médecin très respecté, est l'ennemi no. 1 du frère. Il le traite de vieux frotteux, de charlatan, de vieux fou. Il se sent attaqué dans sa science, par le frère. Un jour pourtant, son épouse débute une hémorragie. Malgré le cortège d'imminents médecins qui se présentent à son chevet, il n'y a rien à faire. La malade va mourir au bout de son sang, c'est inévitable. Elle demande donc à son époux d'aller chercher le frère. La démarche l'humilie au plus haut point. Il a tellement parlé contre le frère et n'a aucune confiance en lui, mais pourtant pour l'amour de sa femme et du chagrin qu'il aura de la perdre, voulant lui faire plaisir, convaincu qu'elle va décéder sous peu, il va chercher le frère André. Le trajet en voiture est très silencieux, il y a beaucoup de gêne de part et d'autre. Arrivés à la maison du docteur, aussitôt que le frère traverse le seuil de la porte de la chambre de la malade, l'hémorragie s'arrête nette. Le docteur s'en frotte les yeux, sidéré, abasourdi, ébranlé dans sa science, transporté de bonheur pour son épouse. À compter de ce moment, plus jamais l'on entend le docteur rire des prétendus miracles de l'Oratoire. En lieu et place, il amène lui-même ses malades à l'Oratoire, quand il ne peut plus rien faire pour eux...
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