Sexualité des jeunes du secondaire

 

Les ados ont des doubles standards

 

Caroline Barrière

Le Droit

 

Les jeunes du secondaire en connaissent beaucoup sur la sexualité, mais ils jugent plus sévèrement les conduites des filles que celles des garçons, conclut une étude sur l'hypersexualisation des 12 à 18 ans.

 

Les filles trop sexy peuvent être attirantes, mais aussi repoussantes et projeter une image dégradante.

" Qu'il s'agisse de vêtements trop sexy, de clavardage à caractère sexuel ou de pornographie, les filles sont des 'salopes' et des 'putes' alors que pour les garçons, ces éléments sont moins pires.

 

Un gars sexy s'habille avec classe ", a affirmé Francine Duquet, professeure au département de sexologie de l'Université du Québec à Montréal, en présentant les résultats de ses recherches lors du congrès de l'Association francophone pour le savoir (Acfas).

 

Elle a interrogé 46 filles et 23 garçons du secondaire dont 67 % étaient en première et en deuxième secondaires, c'est-à-dire âgés entre 12 et 13 ans. Dans les partys, il n'est pas rare que les jeunes participent à des jeux à connotation sexuelle comme la bouteille, le strip-poker, le strip-tease, qu'ils aient des relations sexuelles, offrent des danses lascives ou pratiquent le sexe oral.

" Ce ne sont pas tous les jeunes. Certains vont plutôt choisir de regarder un film en pyjama. " Parmi les jeunes interrogés, 71 % n'avaient pas eu de relation sexuelle complète. " Ils ne sont pas tous nécessairement actifs, mais ils sont très au fait de ces choses. "

 

L'amour n'est plus ce qu'il était.

 

Un autre constat qu'elle dresse concerne la perception des jeunes face aux divers scénarios sur les fréquentations entre adolescents. Ils peuvent être amoureux, ce qui signifie être dans une relation plus sérieuse ou bien ne pas nécessairement former un couple. Les chums et les blondes ne sont pas non plus synonymes d'amour. " Même les plus jeunes n'ont pas d'images idéalisées de l'amour ", ajoute Francine Duquet.

 

Le phénomène des fuck friends - des amis avec qui peuvent avoir des relations sexuelles sans engagement amoureux - est également présent. Selon les jeunes, il démontre alors qu'ils sont disponibles afin d'avoir des relations.

 

Elle s'est aussi intéressée à leur comportement à l'égard de la sexualité. Une majorité a affirmé que faire l'amour était un geste plus intime que le fait de pratiquer le sexe oral.

 

La chercheuse note une confusion quant à ce qui relève de l'intimité et de la sphère du privé. " Ils ont accès à un univers de consommation sexuelle. Ils sont bombardés d'images et il y a peu d'adultes avec qui en parler. "

 

Les stéréotypes ont aussi la vie dure, car les ados estiment que les garçons sont plus avides de sexe et que les filles sont plus romantiques. " Mais encore une fois, on voit qu'un jeune qui a perdu sa virginité est cool et qu'une fille dans la même situation est une 'pute'. Il y a toujours un double standard ", précise Mme Duquet.

 

Notes prises sur l'Internet, mai 2009