cartes de voyages

 
 
 

 

OKANAGAN
 

Très là-bas, à l’ouest du pays grand

poussent des montagnes aux mamelons de neige.

Sur l’eau pure, à l’ombre des glaciers

s’incarnent - en grappes réelles - les petites poules d’eau

des romans de Gabrielle Roy.

Des outardes blondes, 

des canards aux ailes émeraude,

comme des chats de plumes, frôlent les pistes de l’homme.
 
 
 

Dans les pentes des vergers

les mains crochues des pommiers tendent leurs doigts noirs 

à l’infini dans la vallée des pommes.

Les geysers, les cavernes fumantes appellent

de leurs collines brumeuses…les baigneurs.

Là où l’on clôture les avalanches, les éboulis,

les colères monstrueuses des Rocheuses.


 

Le grand  vol figé des dauphins blancs

dans les perles d’eau des fontaines de Kelowna.

L’ours grizzly au musée…et  la chaise du Bouddha.

La route fleurie de chevreuils entre les vagues de pics pelés

court, se courbe, lèche le lac…

jusqu’à sa source lunaire : Osoyos

la ville qui dort au creux d’un gigantesque étang de roc
 
 
 

Et c’est toujours mon pays grand.  Mon pays à l’abri du froid

dans la vallée des jardins chinois, des pêches,
 

des prunes, des raisins.

Là où vit Ogopogo au fond du lac, né d’un perce-oreille

et d’une baleine. Le monstre qui rampe

en trois arceaux de pierre

dans les fontaines de la vallée où naissent les saumons.
 
 
 

Le silence des morts dans les canyons sombres

soutient encore des rails et des ponts.

Vingt-deux mille fantômes, prisonniers du vertige des falaises,

y pourchassent jour et nuit de longs serpents de fer.
 
 

Et c’est toujours mon pays grand.

Et c’est toujours la même terre.

C’est toujours ma planète, ses paysages affolants

son histoire, ses bruits, ses drames et ses songes.
 

Paule Doyon - Tous droits réservés - septembre 1999
 

Poème dédié aux habitants de la vallée d’Okanagan en Colombie-Britannique, 
au Canada, principalement à la ville de Kélowna




 


 
 
 
 

 

Port-au-persil
 

Un port sans navires

Au bout du monde 

Une mer sans mer

Que des vagues tapageuses

Contre un chaos de pierres
 


 

Un village sans village

Trois maisons au bout de la terre
 


 

Une église sans Église 

Minuscule ouverture vers l’infini
 

Une auberge sans auberge

Trois  fenêtres pour rencontrer la mer

Un espace pour poètes, sans poète

Et pourtant… immense poème de rocs!
 
 


 
 

 Paule Doyon-tous droits réservés- avril 2000




 


 


 

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