Les petites sœurs...

Du cimetière elles se sont envolées
évadées de leur prison de pierre
par la fenêtre elles sont entrées
une à une se choisir un visage
parmi les visages de femmes
des tableaux sur les murs…

puis glissant de la toile
elles sont sorties par la porte de devant
voir si le trottoir connu 
gardait encore l’empreinte de leur pas
et les dimanches l’image
des petites sœurs vêtues de noir 
marchant deux par deux dans la rue...

elles sont passées devant l’église
où elles allaient tôt les matins 
s’agenouiller...
leurs souvenirs resurgis
comme des rires légers
s’accrochaient au vent
elles volaient à la queue leu leu…

passant à travers les passants
plus légères qu’un nuage
sous le soleil étonné
elles-mêmes surprises
de leur soudaine liberté

fallait-il qu’un peintre
expose ainsi tant de visages
sur les murs abandonnés
pour qu’elles enjambent la fenêtre
pour s’en approprier

et voler au -delà de leur pierre tombale
dans la rue des Ursulines
petites sœurs oubliées...

tous droits réservés- Paule Doyon-2007

Retour à poésie

Retour à l'accueil