publié à littérature de l'oreille-1992
| La légende du huard à collier blanc |
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Dans son
costume de fête, le vieux sorcier aveugle dansa. Pendant que les
Indiens, silencieux, attendaient loracle qui allait venir. Le
soleil blanc, brûlant, roussissait les aiguilles des épinettes.
Les Indiens suaient, la peau luisante et les yeux noirs. Ils fixaient
le vieux sorcier qui allait dire : Le vieux
sorcier, déjà loin, marchait toujours. Le huard au-dessus
de lui fidèlement volait. Mais quand vint le second jour, les
loups se rapprochèrent. Le sorcier sarrêta, écouta.
Il entendait le volettement doux Quand le vieux sorcier nentendit plus les hurlements des loups affamés, il rangea son arc et ses flèches et sarrêta. Le huard sarrêta lui aussi. Puis, la pluie vint, et les printemps et les automnes et les hivers. Les années passèrent. Le vieux sorcier de plus en plus vieillissait. Le huard noir volait tristement autour. Car chaque jour le vieux sorcier faiblissait. Le dernier jour, le sorcier appela loiseau. Le huard répondit dun cri plaintif et descendit plus bas. Alors le vieux sorcier aveugle, en tremblotant, retira son collier dos blanchis et le lança vers le point doù venait le cri et il sut, en écoutant le cliquetis des os dans le ciel, que son collier avait atteint le cou de loiseau. Il sourit et expira. Et cest depuis ce temps que le huard noir porte au cou un collier blanc... |