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CES VOIX DU SILENCE
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Ils ont
traversé les feuillages de mille automnes Des oiseaux nés
d'une étrange lumière Leurs
mots-mémoires |
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Leur pensée est
une blessure De la source
transparente Chaque fois que
le vent sur la mer |
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Tout l'univers
est une ivresse de frissons Ils agitent
l'espace L'amour et son
univers tremblent d'obscurité Mais les mots des
poètes |
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Au plus profond
du sommeil du monde Leurs mots
triomphent du silence |
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Le vide devient
une substance Leur âme est une
auréole Dans l'espace
originel transparent Là où le temps
cristallise les mots |
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Une ombre se pose
sur leurs paroles |
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Nous sommes des
enfants Au-delà de tous
les poèmes Devançant
la soif infinie de l'univers |
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Leur corps habite
l'ombre là où est le mal Si nos doigts
pouvaient toucher l'aube |
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Dans la
placidité du temps Si
nous suivons les pas des poètes Sans
nous noyer dans la solitude fluide |
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Ainsi recouvert
d'espace s'effacera la distance Le silence
reprend le contour des mots Comme si rien ne
manquait aux poètes |
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Nous ignorants de
tant d'immensité |
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Les mots ouvrent
leurs portes scellées Voici que les
poètes sont engloutis Parfois des
vestiges de lumière |
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Les poètes y
cueillent les secrets du sommeil Le rythme de
l'univers se brise Si un
poète meurt |
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Ses mots
demeurent La géométrie
des poèmes |
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Nous ne
pouvons pour toujours |
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Le mouvement des
heures est une lumière |
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Nous
traverserions les champs |