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suite
Les mots
Les mots dorment inertes fossiles dans les livres sages perdus au fond d'une ancienne mémoire leurs images pures subsistent. dans le cœur des poètes ils s'éveillent courent sur les pages enfin libres Là où le temps est au repos dans l'univers des pensées solitaires là où tout est splendeur là où le savoir n'a aucun lieu et le langage une armature secrète des mots surhumains naissent forent leurs chemins vers la cohérence des songes |
| Les poètes
parlent la langue primitive |
| Les mots y
baignent leurs pieds nus Parfois
les mots se vêtent de pensées furieuses |
| Ou bien les
mots des poètes |
Fantômes distraits de la pensée les mots des poètes remontent des profondeurs un sens endormi des coquillages d'étoiles égarés dans le calme de l'univers Enveloppés d'ombres ils surgissent de la nuit contournent la mémoire se souviennent d'images oubliées nés d'amours effanés ils traînent sur les pages l'ombre de leurs feuilles disparues taches claires sur la nuit trous noirs dans la beauté du jour |
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Leurs grandes bouches lentes
La
poésie est sortilège |
| La pensée
s'y égare |
| On peut se
passer de pain |
| Dans les
pas de l'aube |
| Les mots
marchent lentement |
| Ils
font des nids comme les oiseaux Les
mots ont des petites fenêtres |
| Quand ils dorment les mots rêvent |
| Quand les
mots nous piquent |
| Tous les
mots sont |
| Ils
surgissent quelquefois des yeux
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